mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2020, M. D B, représenté par
Me Bourgeois, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de poursuivre l'instruction de sa demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de
1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, et de 1 500 euros à son profit dans l'hypothèse où il ne serait pas bénéficiaire de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision ait été signée par une autorité dûment habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation médicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
4 août 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 12 avril 1991, de nationalité ivoirienne, est entré en France au mois d'août 2018 et a sollicité l'asile. Il a été convoqué au guichet unique de la Préfecture de la Loire-Atlantique le 14 novembre 2018, où sa demande d'asile a été enregistrée en procédure dite " Dublin ". Le 3 juillet 2018 l'intéressé a été convoqué en préfecture, où lui ont été notifiés un arrêté de transfert en application du règlement européen n°604/2013 du 26 juin 2013 et un arrêté portant assignation à résidence. La légalité de ces arrêtés a été confirmée par un jugement du
16 juillet 2019 du tribunal administratif de Nantes. L'intéressé a été pris en charge médicalement en France en raison de problèmes de santé au CHU de Nantes. Il a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L.313- 11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 30 juin 2020 dont l'intéressé demande au tribunal l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé de classer sans suite sa demande de titre de séjour.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme F, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique, à laquelle le préfet a, par un arrêté du
17 septembre 2019 régulièrement publié, consenti une délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, l'invite à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 511-4, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique a classé sans suite la demande de M. B tendant à l'obtention d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux motifs que l'intéressé fait l'objet d'un arrêté ordonnant son transfert aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile, et que sa demande de titre de séjour fait obstacle à l'application du règlement (UE) n°604/2013 dit C A.
7. D'une part, il est constant qu'à la date de la décision attaquée M. B faisait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités espagnoles toujours en vigueur. Il ne se trouvait pas ainsi dans la situation d'un étranger qui a présenté une demande d'asile relevant de la compétence de la France. Par suite, les dispositions de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui étaient pas applicables. D'autre part, à la date de la décision attaquée M. B était dans l'obligation de respecter l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles. Il ne pouvait tenter de faire obstacle à cet arrêté encore applicable en présentant une demande de titre de séjour en France. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur de droit.
8. Si M. B déclare souffrir de problèmes de santé pour lesquels il indique bénéficier d'un suivi médical auprès du centre hospitalier universitaire de Nantes sans toutefois lever le secret médical, il ne démontre pas qu'il ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée à son état de santé en Espagne, Etat responsable de sa demande d'asile. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Loïc Bourgeois et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
Le rapporteur,
Y. E
La présidente,
C. LOIRAT La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026