jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | LARRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2020, Mme C B épouse A, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Saint-Herblain a rejeté sa demande du 4 mars 2020 d'être affectée sur son ancien poste à l'école des Grands-Bois ou sur un poste dans une autre école de la commune ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Herblain de l'affecter sur un poste de son grade dans son ancienne école ou dans une autre école, poste respectant les préconisations du médecin du service de prévention, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Herblain le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, compte tenu des préconisations du médecin de prévention, elle doit bénéficier d'un reclassement sur un poste dans son ancienne école d'affectation ou dans une autre école, conformément à l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la commune de
Saint-Herblain, représentée par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°85-1054 du 30 septembre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;
- les observations de Mme A et celles Me de Soto, substituant Me Bazin, représentant la commune de Saint-Herblain.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe technique territoriale à temps non-complet (60%) de la commune de Saint-Herblain depuis le 1er septembre 2010, a déclaré le 4 février 2014 une épitrochléite du coude gauche reconnue imputable au service puis une tendinopathie des muscles également reconnue imputable au service. Le 8 février 2019, une étude du poste d'agent d'entretien de l'école primaire des Grands-Bois occupé par Mme A, a été réalisée par le médecin de prévention. Le 14 mai 2019, Mme A a été placée en congé de maladie imputable au service. Dans la perspective de sa reprise de fonctions, elle a été reçue le 8 août 2019 par le médecin de prévention, qui a formulé des préconisations sur les conditions de cette reprise les 8 août et 13 septembre 2019. Le 30 août 2019, Mme A a été affectée sur un poste d'agent d'entretien dans l'unité " entretien des locaux " du pôle " entretien " du service " logistique ", cette nouvelle affectation devant prendre effet à sa reprise. Mme A, qui a transmis de nouveaux certificats d'arrêt de travail, n'a toutefois pas repris ses fonctions, Par un courrier du 4 mars 2020, Mme A demandé au maire de Saint-Herblain de l'affecter sur un poste dans son ancienne école d'affectation ou dans une autre école, en respectant les préconisations du médecin de prévention. Le maire de la commune a implicitement rejeté cette demande. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi, emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. " Aux termes de l'article 1er du décret du
30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial ne lui permet plus d'exercer normalement ses fonctions et que les nécessités du service ne permettent pas d'aménager ses conditions de travail, le fonctionnaire peut être affecté dans un autre emploi de son grade après avis de la commission administrative paritaire. / L'autorité territoriale procède à cette affectation après avis du service de médecine professionnelle et de prévention, dans l'hypothèse où l'état de ce fonctionnaire n'a pas rendu nécessaire l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical si un tel congé a été accordé. Cette affectation est prononcée sur proposition du centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion lorsque la collectivité ou l'établissement y est affilié. ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite de l'altération de son état physique, inapte à l'exercice de ses fonctions, il incombe à l'administration de rechercher si le poste occupé par cet agent peut être adapté à son état physique ou, à défaut, de lui proposer une affectation dans un autre emploi de son grade compatible avec son état de santé. Si le poste ne peut être adapté ou si l'agent ne peut être affecté dans un autre emploi de son grade, il incombe à l'administration de l'inviter à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps. Il n'en va autrement que si l'état de santé du fonctionnaire le rend totalement inapte à l'exercice de toute fonction.
3. Pour établir que la décision implicite attaquée du maire de Saint-Herblain de ne pas la réaffecter sur un poste d'agent d'entretien à l'école des Grands-Bois ou dans une autre école de la commune est illégale, Mme A soutient que cette décision méconnaît les préconisations du médecin de prévention et l'obligation d'adaptation du poste de travail ou de reclassement qui s'impose à l'employeur en cas d'inaptitude de l'agent.
4. Il ressort des pièces du dossier que le 8 août 2019, alors que Mme A se trouvait en congé de maladie imputable au service jusqu'au 30 août 2019, le médecin de prévention a émis un avis favorable à la reprise du travail par l'intéressée sur son poste à l'école des
Grands- Bois, avis accompagné de diverses préconisations telles que l'évitement de l'entretien des toilettes, le recours à un balai ergonomique et le suivi d'une formation sur les gestes et postures, tout en s'interrogeant sur l'opportunité d'une affectation sur un poste entraînant moins de mouvements du coude, par exemple au sein du service de restauration.
5. Il ressort d'un compte-rendu d'entretien téléphonique du 23 août 2019 que la directrice des ressources humaines de la commune a informé le médecin de prévention de ce que la reprise de Mme A sur son ancien poste n'était pas opportune en raison d'un " événement " en date du 14 mai 2019 ayant manifestement " affecté " Mme A et ayant " déstabilisé le collectif de travail ", de ce qu'une affectation sur un poste au sein du service de restauration n'était pas davantage opportune dans la mesure où ce service ne proposait pas de poste de travail à 60% et où les postes concernés impliquaient le port de charges lourdes et une sollicitation importante des coudes. Elle a proposé au médecin de prévention d'affecter
Mme A sur un poste d'agent d'entretien dans l'unité " entretien des locaux ", du pôle " entretien " du service " logistique " consistant à effectuer l'entretien de l'hôtel de ville, avec l'aide d'une auto-nettoyeuse pour une partie des locaux, à raison de trois journées de travail hebdomadaires de sept heures afin de respecter la quotité horaire de travail de Mme A. Il ressort du compte-rendu d'entretien que le médecin de prévention s'est montré favorable à une telle affectation et a été chargé d'évoquer celle-ci avec l'intéressée lors d'un futur entretien.
6. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le 13 septembre 2019, au terme d'un nouvel entretien avec Mme A, laquelle avait vu son arrêt de maladie prolongé, le médecin de prévention a indiqué que celle-ci était " inapte temporaire ", a noté l' " incompatibilité du poste proposé en logistique lors de l'entretien avec l'agent le 6 septembre 2019 selon ce qu'elle nous présente " et a préconisé de " réfléchir à la réaffectation soit dans une autre école ou en restauration à l'essai en suivant les restrictions émises depuis l'étude de poste de février 2019 ".
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 6 qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A aurait été reconnue inapte à l'exercice de ses fonctions d'agent d'entretien au sein du service de logistique, par la commission de réforme, par le comité médical ou même par le médecin de prévention, la mention " inapte temporaire " figurant sur la fiche du
13 septembre 2019 devant être regardée comme faisant référence à l'arrêt de travail pour maladie imputable au service produit par l'intéressée. Par conséquent, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision implicite attaquée méconnaît les dispositions de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 précité qui ne s'appliquent qu'aux fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions par suite d'altération de leur état physique. En outre, le médecin de prévention n'a pas conclu à l'incompatibilité du poste au service de logistique avec l'état de santé de Mme A mais s'est borné à rapporter les propos de celle-ci. Enfin, la requérante n'établit ni même n'allègue dans quelle mesure le poste d'agent d'entretien au service de logistique serait incompatible avec son état de santé, qui se caractérise par une épitrochléite du coude gauche et une tendinopathie des muscles, alors que le poste d'agent d'entretien dans une école primaire le serait et ce, alors qu'il ressort au contraire des pièces du dossier que le poste d'agent d'entretien dans l'école des Grands-Bois n'a été jugé conforme à l'état de santé de Mme A que sous réserve de plusieurs réserves et préconisations émises par le médecin de prévention, mentionnées au point 4, tandis que le poste d'agent d'entretien au service de logistique prévoit le recours à une auto-nettoyeuse pour le nettoyage d'une partie des locaux et paraît ainsi plus adapté à la pathologie de Mme A.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de Saint-Herblain a refusé de l'affecter sur son ancien poste à l'école des Grands-Bois ou sur un poste situé dans une autre école de la commune.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et la demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Herblain sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Herblain sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et à la commune de Saint-Herblain.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026