mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AVOCATS CONSEILS REUNIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2020, M. C A et Mme B A, représentés par Me Marty, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration fiscale n'est pas fondée à remettre en cause le nombre de kilomètres parcourus dans le cadre de leur activité au sein de la société A Transport ;
- ils sont amenés à effectuer de nombreux déplacements afin de procéder, conformément à la réglementation applicable, au relevé des données électroniques des cartes des conducteurs ainsi que des données de la mémoire des chronotachygraphes numériques installés au sein des véhicules de la société, qui sont utilisés quotidiennement par leurs clients sur des secteurs géographiques éloignés les uns des autres ;
- M. A effectue de nombreux trajets sur le site de la société au marché d'intérêt national d'Angers-Val de Loire ;
- ils effectuent de nombreux déplacements afin d'effectuer le déchargement des véhicules de la société ;
- M. A effectue d'autres déplacements dans le cadre de son activité professionnelle, à l'occasion notamment de rendez-vous avec les clients de la société ;
- ils utilisent indifféremment, pour ces déplacements, un véhicule de marque BMW, un véhicule de type Citroën C4 et un véhicule de type Citroën DS 5, qu'ils ont acquis auprès de la société en 2015, de sorte que l'administration fiscale ne pouvait prendre en compte les seules distances parcourues avec le véhicule de marque BMW ;
- ils ont justifié de l'ensemble des distances parcourues, les distances déclarées au nom de Mme A correspondant en réalité à des distances parcourues par M. A, ainsi que le confirme la comptabilité de la société, les remboursements des frais exposés à ce titre ayant été effectué sur le compte courant d'associé de M. A ;
- il convient ainsi d'admettre qu'ils ont parcouru une distance annuelle d'environ 30 000 kilomètres avec le véhicule de marque BMW, 47 000 kilomètres avec le véhicule de type Citroën DS 5 et 20 000 kilomètres avec le véhicule de type Citroën C4, leurs déplacements à titre privé étant minimes, soit une distance totale de 91 792 kilomètres en 2015, 95 303 kilomètres en 2016 et 88 453 kilomètres en 2017 ;
- l'administration fiscale ne pouvait refuser d'admettre tout déplacement professionnel au titre des années 2016 et 2017 ; il conviendrait, a minima, d'admettre qu'ils ont effectué au cours de chacune de ces deux années le même nombre de kilomètres que celui qu'elle a accepté de prendre en compte au titre de l'année 2015 à hauteur de 25 000 kilomètres ;
- l'administration fiscale n'est pas fondée à regarder M. A comme ayant effectivement appréhendé les revenus inscrits à son compte courant d'associé au sein de la société A Transport, dans la mesure où, au titre des exercices clos en 2015 et en 2017, le fonds de roulement net global de la société était négatif et aucune trésorerie n'était disponible ;
- la majoration pour manquement délibéré mise à la charge de la société A Transport n'est pas justifiée, dans la mesure où ils n'ont commis aucun manquement.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 février 2021, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société A Transport, qui exerce une activité de transport routier de marchandises, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de ses exercices clos le 30 juin 2015, le 30 juin 2016 et le 30 juin 2017, à l'issue de laquelle l'administration fiscale a remis en cause les charges déclarées par l'intéressée au titre des frais de déplacement professionnel exposés par M. et Mme A, associés et respectivement gérant et salariée de la société, ainsi que l'inscription au crédit du compte courant d'associé de M. A du remboursement de ces frais. Le service a, dans ces conditions, estimé que M. A avait bénéficié d'avantages occultes constitutifs de revenus distribués au sens des dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts et du c) de l'article 111 du même code, imposables à l'impôt sur le revenu de son foyer fiscal dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Il a par suite notifié à M. et Mme A, par une proposition de rectification du 12 décembre 2018, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2015, 2016 et 2017. La réclamation préalable présentée par les intéressés en contestation de ces impositions a été rejetée par une décision du 23 juin 2020. Par leur requête, M. et Mme A demandent la décharge des impositions supplémentaires ainsi mises à leur charge, ainsi que des majorations correspondantes.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions litigieuses :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 158 du code général des impôts, sont notamment imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers les revenus considérés comme distribués en application des articles 109 et suivants du même code. Aux termes de l'article 109 du même code : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ". Et aux termes de l'article 111 de ce code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
3. A l'occasion de la vérification de comptabilité dont la société A Transport a fait l'objet, l'administration fiscale a constaté, au titre, respectivement, des exercices clos en 2015, en 2016 et en 2017, l'inscription au crédit du compte courant d'associé de M. A des sommes de 18 186 euros, 38 216 euros et 35 470 euros correspondant au remboursement des frais de déplacement professionnel qui auraient été exposés par l'intéressé à raison de l'utilisation de ses véhicules personnels dans le cadre de son activité au sein de la société. Elle a toutefois estimé que la société A Transport ne justifiait du caractère professionnel des déplacements en cause qu'à raison des déplacements effectués à l'aide d'un véhicule de marque BMW au cours de l'exercice clos en 2015, à hauteur de 25 000 kilomètres, et que M. A devait ainsi être regardé comme ayant bénéficié d'un avantage occulte au sens du c) de l'article 111 du code général des impôts, à hauteur des sommes respectives, pour les années 2015, 2016 et 2017, de 28 078 euros, 36 288 euros et 17 637 euros.
4. M. et Mme A soutiennent que leur activité au sein de la société A Transport leur a imposé, au cours des trois années en litige, de procéder à de nombreux déplacements à l'aide de leur véhicule de marque BMW, mais également de leurs véhicules de types Citroën C4 et DS 5, d'une part, pour procéder, ainsi que le prévoit la réglementation en matière de transport routier, au relevé des données électroniques des cartes des conducteurs et des chronotachygraphes installés au sein des véhicules de la société, stationnés chez leurs clients sur des sites éloignés de son siège, d'autre part, pour procéder eux-mêmes au déchargement de leurs véhicules, et enfin, pour se rendre sur le site du marché d'intérêt national d'Angers-Val de Loire, où la société est titulaire d'une concession. Les requérants ajoutent que divers déplacements professionnels justifient également l'utilisation de leurs véhicules personnels, afin, notamment, de se rendre aux rendez-vous organisés avec les clients de la société. Les éléments qu'ils produisent ne sont toutefois pas suffisants pour justifier des déplacements effectués pour les différents motifs ainsi avancés, ni des distances parcourues dans ce cadre avec leurs véhicules personnels au titre des trois années en litige. M. et Mme A ne produisent, en particulier, aucun relevé kilométrique permettant d'établir les dates et la nature de leurs déplacements ainsi que le nombre de kilomètres parcourus, ni d'ailleurs aucun élément relatif à l'évaluation du montant des frais qu'ils auraient exposés pour ces déplacements, et ne justifient pas, par suite, et quand bien même l'administration fiscale aurait estimé à tort que le véhicule de type Citroën DS 5 n'aurait pas appartenu à Mme A, que M. A pouvait bénéficier du remboursement de ces frais au-delà des montants admis par celle-ci au titre de l'exercice clos en 2015, et pour les montants déclarés par la société. Dans ces conditions, l'administration pouvait, à bon droit, regarder les sommes inscrites au crédit du compte courant de M. A dans la société A Transport comme constituant un avantage occulte au bénéfice de l'intéressé, imposable en tant que revenu distribué en application des dispositions du c) de l'article 111 du code général des impôts, à hauteur des montants de 28 078 euros, 36 288 euros et 17 637 euros au titre, respectivement, des années 2015, 2016 et 2017.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction, en particulier des éléments apportés par l'administration fiscale et issus des données comptables et financières de la société A Transport, que, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A, cette société présentait un fonds de roulement net global ainsi qu'une trésorerie l'un et l'autre positifs au titre des exercices clos en 2015, 2016 et 2017. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la situation financière de la société n'aurait pas permis à M. A de disposer des sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé au titre de ces exercices. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a imposé les sommes en cause, à la libre disposition de M. A, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre de l'impôt sur le revenu de M. et Mme A des années 2015, 2016 et 2017.
Sur la majoration pour manquement délibéré :
6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
7. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a assorti les impositions supplémentaires mises à la charge de M. et Mme A au titre des années 2015, 2016 et 2017 de la majoration pour manquement délibéré prévue par les dispositions précitées du code général des impôts au motif que M. A avait bénéficié de sommes correspondant à des frais kilométriques qui n'étaient pas justifiés, mises à sa disposition par une société dont il est associé et gérant, la nature et l'importance des avantages qui lui ont ainsi été procurés attestant du caractère délibéré des manquements commis. Dans ces conditions, et alors que les requérants se bornent à soutenir qu'aucun manquement ne peut être retenu à leur encontre, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis par M. A. C'est par suite à bon droit qu'elle a mis à la charge des intéressés, au titre de l'année 2014, la majoration de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles M. et Mme A ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des majorations correspondantes, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée par M. et Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme B A et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mai 2023.
La rapporteure,
V. D
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026