vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PLACE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 août 2020, M. A B, représenté par Me Place, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 janvier 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a ajourné sa demande de naturalisation pour une durée de quatre ans ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté le recours formé contre cette décision préfectorale, ainsi que celle par laquelle il a refusé de communiquer les motifs de cette décision ;
3°) de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions prévues par le décret du 30 décembre 1993 relatives à l'âge, la résidence et les intérêts familiaux situés en France, la régularité du séjour, la moralité et l'insertion professionnelle ;
- elles sont entachées d'erreur de fait dès lors qu'il est à jour de l'ensemble de ses charges et loyers ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations du 1 de l'article 3 du de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que les dispositions du décret du 30 décembre 1993 ne prévoient pas de condition relative à la situation financière et locative des postulants.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoist, rapporteure ;
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain, a sollicité l'acquisition de la nationalité française. Par une décision du 24 janvier 2020, le préfet de Seine-Saint-Denis a ajourné à quatre ans cette demande au motif qu'il était redevable de la somme de 3 121 euros envers son bailleur au 3 octobre 2019. M. B a formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur. Par une décision du 29 septembre 2020, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a ajourné à deux ans cette demande au motif que son comportement au regard de ses obligations locatives a été sujet à critiques en laissant se constituer une dette envers son bailleur qui s'élevait à 2 265 euros au 25 septembre 2019. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision préfectorale du 24 janvier 2020, d'une décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer aurait implicitement rejeté son recours hiérarchique, ainsi qu'une décision implicite par laquelle il aurait refusé de lui en communiquer les motifs.
Sur l'objet du litige :
2. D'une part, si le silence gardé par l'administration sur un recours administratif préalable obligatoire fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours contre la décision du 24 janvier 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de naturalisation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par une décision expresse du 29 septembre 2020, le ministre de l'intérieur a rejeté le recours de l'intéressé tout en lui substituant un ajournement à deux ans. Dès lors, les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation d'une décision implicite d'ajournement du ministre de l'intérieur doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 29 septembre 2020. Dès lors, M. B ne peut utilement soutenir que le ministre de l'intérieur aurait refusé de lui communiquer les motifs de sa décision implicite.
3. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 qui instituent un recours administratif préalable obligatoire que la décision du ministre de l'intérieur se substitue à celle qui a été prise par le préfet. Par suite, la décision du 29 septembre 2020 du ministre de l'intérieur s'est substituée à la décision du 24 janvier 2020 du préfet de Seine-Saint-Denis. Il en résulte que les conclusions de la requête doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision d'ajournement du 29 septembre 2020 du ministre de l'intérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : " Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée. ". Et aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée, d'une part, a été prise sur le fondement des articles 45 et 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 et, d'autre part, indique que le comportement de M. B au regard de ses obligations locatives a été sujet à critiques en laissant se constituer une dette envers son bailleur, qui s'élevait à 2 265 euros au 25 septembre 2019. Dès lors, elle comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de son défaut de motivation doit en conséquence être rejeté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, le caractère suffisant et durable des ressources lui permettant de demeurer en France, ainsi que les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
6. Il est constant que M. B était redevable au 25 septembre 2019 d'une dette auprès de son bailleur d'un montant de 2 265 euros. La circonstance que cette dette a été apurée par la suite est sans incidence sur la possibilité dont dispose le ministre de prendre en compte cette défaillance récente dans le paiement des loyers. Par suite, en dépit de l'apurement de la dette au mois de février 2020, et du fait que M. B remplisse les conditions relatives à l'âge, la résidence, la régularité du séjour, la moralité et l'insertion professionnelle, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché d'erreur de droit, d'erreur de fait, ni d'erreur manifeste d'appréciation la décision ajournant à deux ans sa demande de naturalisation.
7. En dernier lieu, si M. B soutient que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations doivent ainsi, en tout état de cause, être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Thierry, conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
L-L. BENOISTLa présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026