mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007935 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DAUMONT |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête enregistrée sous le n° 2007935 le 10 août 2020 et des mémoires enregistrés le 28 juillet 2022 et le 3 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Daumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a suspendu, pour une durée maximale de quatre mois, son agrément d'assistante maternelle ;
2°) de mettre à la charge du département de la Loire-Atlantique une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la signataire de la décision attaquée avait régulièrement reçu délégation du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique afin de la signer ;
- la décision est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 421-3 et suivants du code de l'action sociale et des familles.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 juillet 2021 et le 14 octobre 2022, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Plateaux, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mai 2021.
II°) Par une requête enregistrée sous le n° 2009002 le 8 septembre 2020 et des mémoires enregistrés le 28 juillet 2022 et le 3 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Daumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique lui a retiré son agrément d'assistante maternelle ;
2°) de mettre à la charge du département de la Loire-Atlantique une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la signataire de la décision attaquée avait régulièrement reçu délégation du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique afin de la signer ;
- la décision est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 421-3 et suivants du code de l'action sociale et des familles.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 juillet 2021 et le 13 octobre 2022, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Plateaux, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2021.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- les observations de Me Daumont, représentant Mme A,
- et les observations de Me Plateaux, représentant le département de la Loire-Atlantique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2007935 et 2009002 présentées par Mme A présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme A a bénéficié d'un agrément en qualité d'assistance maternelle délivré par le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique pour la période du 22 mars 2016 au 21 mars 2021, afin de lui permettre d'accueillir à son domicile, en dernier lieu, deux enfants de 0 à 10 ans et un enfant de 2 à 10 ans. Suite à un accident survenu le 2 mars 2020, impliquant un enfant placé sous la surveillance de Mme A, et à l'information préoccupante notifiée par l'unité d'accueil pédiatrique des enfants en danger du centre hospitalier universitaire de Nantes, le président du conseil départemental a, par décision du 16 mars 2020, suspendu son agrément. Après avoir consulté la commission consultative paritaire départementale le 7 juillet 2020, le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a prononcé le retrait de cet agrément par une décision du 21 juillet 2020. Par ses requêtes, Mme A demande l'annulation des décisions du 16 mars 2020 et du 21 juillet 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, d'une part, la décision du 16 mars 2020 a été signée par Mme B F, adjointe au directeur " Enfance, famille " du département de la Loire-Atlantique, qui a régulièrement reçu délégation du président du conseil départemental afin de signer les décisions prises dans les domaines relevant des attributions de sa direction, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur général des services, de la directrice générale " Solidarité " et du directeur " Enfance famille ", dont il n'est pas établi ni même soutenu qu'ils n'auraient pas été absents ou empêchés, par un arrêté du 25 février publié au recueil des actes administratifs du département du mois de février 2020. D'autre part, la décision du 21 juillet 2020 a été signée par Mme Fabienne Padovani, vice-présidente " Famille et protection de l'enfance " du département de la Loire-Atlantique, qui a régulièrement reçu délégation du président du conseil départemental afin de signer les décisions de retrait d'agrément par un arrêté du 17 avril 2015, publié au recueil des actes administratifs du département du mois d'avril 2015. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence des signataires des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable à la date des décisions contestées : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / () / L'agrément est accordé () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () / () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () / Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être.
6. Le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a, par les décisions litigieuses, prononcé la suspension puis le retrait de l'agrément de Mme A en estimant que l'intéressée avait fait preuve d'un défaut de surveillance à l'origine d'un accident grave impliquant l'un des enfants accueillis, intervenu le 2 mars 2020, et que son comportement à l'occasion de cet accident ne permettait pas de garantir la sécurité de ces enfants dans les conditions prévues par les dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles. Il a également pris en compte, à l'appui de sa décision de retrait de l'agrément de Mme A, le signalement dont elle avait fait l'objet au cours de l'année 2018 de la part du parent d'un enfant qu'elle accueillait alors à son domicile, qui avait fait état de violences physiques dont elle se serait rendue coupable à l'encontre de cet enfant.
7. Il ressort des pièces du dossier que le 2 mars 2020, alors que Mme A regagnait son domicile avec les trois enfants dont elle avait alors la charge, l'écharpe de la jeune D, âgée de deux ans, s'est trouvée prise dans la roue de la poussette dans laquelle elle était installée, et s'est serrée autour de son cou. Mme A, constatant l'étranglement, a retiré l'écharpe du cou de l'enfant, qu'elle a examinée, puis a alerté ses parents une fois rentrée à son domicile. La jeune D a dans un premier temps été examinée par son médecin généraliste, puis, le 6 mars 2020, par le médecin pédiatre de l'unité d'accueil des enfants en danger du centre hospitalier universitaire de Nantes, qui a adressé une information préoccupante aux services du département de la Loire-Atlantique. Il ressort des termes du signalement ainsi établi par ce médecin que l'enfant présentait, à cette date, " d'importantes plaies cervicales évocatrices d'un mécanisme de strangulation " compatibles avec les faits précédemment mentionnés, tels que relatés par Mme A, dont il indique que " les conséquences auraient pu mettre en jeu le pronostic vital de l'enfant ".
8. Si la requérante soutient qu'elle a immédiatement réagi en constatant l'étranglement subi par la jeune D, l'importance des plaies présentées par celle-ci, constatée par le médecin pédiatre de l'unité d'accueil des enfants en danger du centre hospitalier universitaire de Nantes plusieurs jours après les événements en cause, atteste de la gravité de l'accident dont elle a été victime alors qu'elle était placée sous sa surveillance. Mme A précise, au demeurant, avoir constaté et signalé aux parents de la fillette, à plusieurs reprises avant les faits en cause, la longueur excessive de l'écharpe qu'elle portait, inadaptée pour un enfant de son âge, et présentant, de ce fait, un risque pour sa sécurité. En outre, malgré les lésions présentes sur son cou et les pleurs de l'enfant, Mme A, estimant que celle-ci ne présentait pas de détresse respiratoire, n'a pas alerté les secours et a attendu d'avoir regagné son domicile pour prévenir ses parents, l'intéressée ne justifiant pas que, comme elle le soutient, sa réaction aurait été conforme aux préconisations formulées par les services de la protection maternelle et infantile à l'occasion de la formation des assistantes maternelles. Dans ces conditions, si Mme A justifie des évaluations favorables dont elle a bénéficié de la part des services du département de la Loire-Atlantique à l'occasion de l'attribution puis des modifications apportées à son agrément, et produit des courriers établis par les parents de plusieurs enfants accueillis à son domicile, dont les parents de la jeune D, exprimant leur satisfaction quant aux conditions d'accueil qu'elle proposait, le président du département de la Loire-Atlantique était fondé à estimer, ainsi que l'a également retenu la commission consultative paritaire départementale dans son avis du 7 juillet 2020, que, compte tenu de la gravité de l'accident survenu le 2 mars 2020, l'intéressée ne présentait plus les garanties nécessaires, au sens des dispositions précitées de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles, pour assurer l'accueil de jeunes enfants. Il a pu par suite, à raison de ces seuls faits, prononcer, par les décisions attaquées, la suspension puis le retrait de l'agrément d'assistante maternelle de Mme A sans commettre d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique du 16 mars 2020 et du 21 juillet 2020 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par le département de la Loire-Atlantique sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de la Loire-Atlantique tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au département de la Loire-Atlantique et à Me Daumont.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mai 2023.
La rapporteure,
V. E
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
2, 200900
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026