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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2008170

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2008170

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2008170
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantJOYEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 août 2020, 24 septembre 2020 et

6 septembre 2023, Mme A Pennaneac'h, représentée par Me Giroud, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2020 par laquelle M. C a été affecté sur le poste d'inspecteur de l'antenne de Saint-Nazaire de la brigade de contrôle de recherche de Nantes ainsi que l'ensemble des décisions de mutation résultant de cette décision, notamment la sienne ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées font grief ;

- elle justifie d'un intérêt pour demander l'annulation de ces décisions ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit, compte tenu de la comparaison de son profil et de celui de M. C, qui établit qu'elle était plus qualifiée pour occuper le poste d'inspecteur de l'antenne de

Saint-Nazaire de la brigade de contrôle de recherche (BCR) de Nantes ;

- les lignes directrices de gestion relatives à la mobilité n'ont pas été respectées dès lors qu'elle n'a pas été informée du classement des candidats au poste et des motifs de ce classement, dès lors que qu'elle correspondait le mieux au profil recherché et qu'elle bénéficiait de la priorité n°1 " pour suivre son emploi et ses missions " ;

- la décision traduit la volonté de la directrice départementale des finances publiques de l'écarter de la BCR, en méconnaissance de l'article 6 ter de la loi dite " Le Pors ", au seul motif qu'elle a dénoncé des faits de harcèlement moral et sexuel qu'elle a subis, avant la suppression de son poste au sein de la BCR, qui résulte non pas d'une obligation budgétaire mais d'un choix dicté par l'intention de de l'écarter du.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions de la requête tendant seulement à l'annulation partielle de la décision du 8 juillet 2020 portant résultats du mouvement local, en tant qu'elle porte affectation de

M. C, et qui présente un caractère indivisible, sont irrecevables ;

- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;

- la requérante est dépourvue d'intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors qu'elle a été affectée sur le poste correspondant à son 7ème vœu ;

- la décision attaquée ne fait pas grief à la requérante, il s'agit d'une mesure d'ordre intérieur qui ne porte pas atteinte aux droits qu'elle tient de son statut ou à l'exercice de ses droits et libertés fondamentaux et qui est sans incidence sur sa rémunération ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°79-433 du 1er juin 1979 ;

- le décret n°67-290 du 28 mars 1967 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;

- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;

- les observations de Me Giroud, représentant Mme Pennaneac'h et de celle-ci et celles de M. B, représentant le ministre de l'économie et des finances.

Une note en délibéré du ministre de l'économie et des finances a été enregistrée le

27 mai 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme Pennaneac'h, inspectrice des finances publiques, a été affectée à compter du 1er janvier 2015 à l'antenne de Nantes de la brigade de contrôle de recherche (BCR) de la direction régionale des finances publiques des Pays de la Loire. A la suite de l'annonce de la suppression d'un emploi au sein de la BCR, elle a dû participer au mouvement local de mobilité interne afin de bénéficier d'une nouvelle affectation au 1er septembre 2020 et a ainsi formulé 28 vœux d'affectation, le deuxième d'entre eux correspondant au poste " au choix " d'inspecteur à l'antenne de la BCR située à Saint-Nazaire. A l'issue du mouvement de mobilité local, par une décision du 8 juillet 2020, Mme Pennaneac'h a été affectée sur le poste d'inspectrice au pôle de contrôle et d'expertise de Nantes 1 correspondant à son septième vœu et M. C a été affecté sur le poste d'inspecteur de l'antenne nazairienne de la BCR. La requérante demande au tribunal d'annuler la décision du 8 juillet 2020 par laquelle

M. C a été affecté sur le poste d'inspecteur de l'antenne de Saint-Nazaire de la BCR de Nantes " ainsi que l'ensemble des décisions de mutation résultant de cette décision, notamment la sienne ".

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. Si la requérante demandait initialement l'annulation partielle de la décision du

8 juillet 2020 portant résultats du mouvement local, en tant qu'elle porte affectation de

M. C, il ressort des pièces du dossier que la requérante a, aux termes de son mémoire du 6 septembre 2023, requalifié ses conclusions à fin d'annulation et doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 8 juillet 2020 dans son ensemble.

3. Un fonctionnaire ayant sollicité sa mutation dans plusieurs postes classés par ordre de préférence et ayant été muté dans l'un de ceux-ci ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander au juge de l'excès de pouvoir d'annuler la décision par laquelle il a été fait droit à sa demande.

4. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, d'une part, Mme Pennaneac'h a été invitée à plusieurs reprises par l'administration à participer au mouvement de mobilité local, au motif de la suppression de son poste, et que l'intéressée avait formulé comme premier vœu d'affectation le maintien sur son poste puis comme deuxième vœu une mutation sur le poste de la BCR situé à Saint-Nazaire, le poste sur lequel elle a été finalement affectée ne constituant que son septième vœu. Dans ces conditions, la demande de mutation formulée par

Mme Pennaneac'h sur le poste sur lequel elle a été affectée ne saurait être regardée comme ayant formulée librement, de sorte qu'elle justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre la décision du 8 juillet 2020 par laquelle la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique l'a affectée sur le poste d'inspectrice au pôle de contrôle et d'expertise de Nantes 1.

5. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la requérante a renoncé, aux termes de son mémoire du 6 septembre 2023, à présenter des conclusions à fin d'injonction, de sorte que la fin de non-recevoir tenant à l'irrecevabilité de ces conclusions ne peut qu'être écartée.

6. Enfin, le caractère décisoire ou non de la décision portant changement d'affectation de Mme Pennaneac'h ne pouvant s'apprécier qu'après l'examen des moyens de légalité qu'elle soulève à l'encontre de cette décision, il n'y a lieu de se prononcer sur la fin de non-recevoir tirée de ce que cette mesure ne ferait pas grief qu'au terme de cet examen.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. Aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. / () IV. - Les décisions de mutation tiennent compte, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des lignes directrices de gestion en matière de mobilité prévues à l'article 18 de la présente loi. / (). ". L'annexe 1 de la note du 20 mai 2020 de la DRFIP des Pays de la Loire relative au mouvement local des agents de catégorie A, B et C au 1er septembre 2020 prévoit que " en cas de suppressions d'emplois dans un service, le ou les agent(s) faisant surnombre perdent leur emploi. L'agent (ou les agents) considéré comme faisant surnombre est celui qui détient l'ancienneté administrative la plus faible au sein de ce service () / L'agent doit participer au mouvement local et pourra bénéficier des priorités numéro 2 à 6 figurant dans l'annexe pour solliciter une nouvelle affectation sur un emploi vacant selon les mêmes modalités qu'en matière de réorganisation de services () ". Le tableau 1 de cette annexe fixe la liste des priorités fonctionnelles en cas de suppression de poste en prévoyant que " En cas de demandes concurrentes pour un même service, l'ordre de classement sera le suivant : / 1. Priorité pour suivre son emploi et ses missions (obligation si même commune) /2. Priorité pour rester sur son service d'origine en cas de vacance /3. Priorité pour tout emploi vacant dans un service de même nature sur sa commune d'affectation /4. Priorité pour tout emploi vacant situé sur sa commune d'affectation /5. Priorité pour tout emploi vacant dans un service de même nature sur l'ensemble de la direction / 6. Priorité pour tout emploi vacant sur sa direction ". Cependant, le tableau 2 de la même annexe, qui liste les services pour lesquels ces priorités peuvent être invoquées, précise que " la priorité fonctionnelle ne concerne pas les services de direction, ni les emplois pourvus au choix ".

8. D'autre part, lorsque dans le cadre d'un mouvement de mutation un poste a été déclaré vacant, alors que des agents se sont portés candidats dans le cadre du mouvement, l'administration doit procéder à la comparaison des candidatures dont elle est saisie en fonction, d'une part, de l'intérêt du service, et d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés, appréciée compte tenu des priorités fixées par les dispositions citées

ci-dessus de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984. L'administration doit également tenir compte de l'ancienneté dans le corps, de l'expérience professionnelle et du grade des candidats ainsi que des caractéristiques du poste à pourvoir.

9. Il ressort de la fiche d'information relative au poste au choix à pourvoir au sein de l'antenne de Saint-Nazaire de la BCR de Nantes que le poste à pourvoir requiert les qualités suivantes : " connaissances fiscales et comptables approfondies : / - expérience professionnelle confirmée dans un PCE ou une brigade de vérifications ; / - esprit d'initiative et goût pour la recherche et le travail de terrain ; / - aptitude au travail en équipe ; / - sens des responsabilités et aptitudes relationnelles; /- très grande disponibilité ; / - sens des relations publiques ". Il ressort du mémoire en défense du ministre et il n'est pas contesté par la requérante que

M. C a exercé entre 2012 et 2015 les fonctions de contrôleur des finances publiques à la BCR de Saint-Nazaire avant d'exercer, en qualité d'inspecteur des finances publiques, du 1er septembre 2015 au 31 août 2016, les fonctions de vérificateur à la 10ème brigade départementale de vérification de Paris-Ouest, puis celles d'adjoint du service des impôts des entreprises de Saint-Nazaire Nord-Ouest entre le 1er septembre 2016 et le 31 août 2017 et enfin les fonctions d'expert-programmateur au pôle de contrôle et d'expertise (PCE) de Nantes à compter du 1er septembre 2017. Par conséquent, il justifiait par l'ancienneté et la diversité de son parcours professionnel de connaissances fiscales et comptables approfondies ainsi que d'une expérience professionnelle confirmée non seulement dans un PCE mais également dans une brigade de vérification. Compte tenu de ce parcours professionnel, il n'est pas établi que M. C ne remplissait pas les conditions requises pour occuper le poste en cause. Si Mme Pennaneac'h justifie de quatorze années d'expérience au sein de la BCR de Nantes, ainsi que d'une expérience de vérificatrice, et que ses comptes-rendus d'évaluation professionnelle sont très favorables, son parcours professionnel est toutefois moins diversifié que celui de

M. C et elle ne justifiait notamment pas, à la date de la décision attaquée, d'une expérience en PCE. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que les candidats au poste ont été auditionnés par un comité de sélection composé du directeur du pôle de gestion fiscale, du chef de la BCR et de la responsable du service des ressources humaines qui ont, à l'unanimité, classé la candidature de M. C en première position et celle de Mme Pennaneac'h en troisième position. Si la requérante relativise les compétences professionnelles de

M. C, au regard de la nature et des postes occupés par lui, et de ses propres compétences, il n'est pas établi que la décision de retenir la candidature de M. C sur le poste d'inspecteur à l'antenne nazairienne de la BCR serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. Compte tenu des règles de priorité énoncées par la note du 20 mai 2020 susmentionnée, et contrairement à ce que soutient la requérante, celle-ci ne pouvait pas prétendre à la priorité 1 " pour suivre son emploi et ses missions ", son emploi n'ayant pas été transféré dans le cadre d'une réorganisation. La requérante ne pouvait pas davantage prétendre aux priorités 2 et 5 " pour rester sur son service d'origine en cas de vacance " et " pour tout emploi vacant dans un service de même nature sur l'ensemble de la direction " dans la mesure où ces règles de priorité n'étaient pas applicables à sa candidature sur le poste d'inspecteur à l'antenne nazairienne de la BCR, qui était un poste pourvu au choix. Enfin et en tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche de vœux renseignée par

Mme Pennaneac'h que celle-ci avait été informée du régime de priorité applicable au mouvement local de mobilité. Il suit de là que le moyen tiré de l'erreur de droit à raison de l'absence de respect du régime de priorité doit en tout état de cause être écarté.

11. En revanche, aux termes de l'article 6 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leur sexe. / () Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il a formulé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire respecter ces principes ; () ".

12. Si la circonstance qu'un agent a subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement moral ne saurait légalement justifier que lui soit imposée une mesure relative à son affectation, à sa mutation ou à son détachement, elles ne font pas obstacle à ce que l'administration prenne, à l'égard de cet agent, dans son intérêt ou dans l'intérêt du service, une telle mesure si aucune autre mesure relevant de sa compétence, prise notamment à l'égard des auteurs des agissements en cause, n'est de nature à atteindre le même but. Lorsqu'une telle mesure est contestée par un agent public au motif qu'elle méconnaît les dispositions précitées de l'article 6 bis de la loi du 13 juillet 1983, il incombe d'abord au juge administratif d'apprécier si l'agent a subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement. S'il estime que tel est le cas, il lui appartient, dans un second temps, d'apprécier si l'administration justifie n'avoir pu prendre, pour préserver l'intérêt du service ou celui de l'agent, aucune autre mesure, notamment à l'égard des auteurs du harcèlement.

13. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la décision attaquée a été prise, Mme Pennaneac'h avait déposé une plainte pénale circonstanciée contre l'un de ses collègues de travail pour harcèlement sexuel et harcèlement moral et avait été destinataire d'un avis à victime l'informant de ce que l'affaire la concernant serait évoquée à une audience du tribunal judiciaire de Nantes fixée au 25 mars 2021. Il ressort également des pièces du dossier que les responsables hiérarchiques de la requérante étaient informés de l'existence et du contenu de cette plainte, de la circonstance que l'agresseur présumé de Mme Pennaneac'h avait reconnu les faits lors de son audition par les services de police, de l'avis à victime susmentionné et qu'ils étaient saisis d'une demande de protection fonctionnelle de la part de Mme Pennaneac'h. Par suite, la requérante était susceptible d'avoir subi et d'avoir refusé de subir des agissements de harcèlement moral et sexuel.

14. La requérante soutient que la décision de pas l'affecter à l'antenne nazairienne de la BCR constitue une mesure d'éviction de ce service prise en considération du fait qu'elle a subi et refusé de subir des faits de harcèlement moral et sexuel, au sens et pour l'application de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983, et qu'elle a porté une mention au registre de santé et de sécurité au travail relative au comportement passé d'un ancien collègue revenu dans le service, compte tenu du manque de bienveillance de ses responsables hiérarchiques, qui ont manifesté leur volonté de l'affecter en dehors de la BCR.

15. Si à la date à laquelle l'administration a demandé à Mme Pennaneac'h de participer au mouvement local de mobilité en raison d'une situation de surnombre, la suppression d'un poste au sein de la BCR avait bien été annoncée en comité technique local, il ressort des pièces du dossier qu'à la date du 8 juillet 2020 à laquelle la décision attaquée a été prise, un poste était vacant au sein de ce même service en raison d'un départ à la retraite, de sorte que la mobilité de Mme Pennaneac'h ne se justifiait plus par une situation de surnombre au sein de la BCR, motif qui est le seul invoqué par l'administration. Il ressort au contraire des pièces du dossier, et notamment de deux courriers électroniques des 25 mai et 4 juin 2020 dans lesquels la directrice régionale des finances publiques a indiqué que la future mobilité de Mme Pennaneac'h, " pour assurer [à celle-ci] la protection qu'elle demande à l'administration " permettra à l'intéressée de " retrouver un contexte de travail apaisé ", " le climat de la BCR n'[étant] pas propice à une personne fragile (ou fragilisée) " et que " le climat de la BCR, dont [elle n'est] pas sûre de pouvoir garantir qu'il devienne plus serein dans les mois à venir, [lui] interdit bien au contraire d'y maintenir une agente " traumatisée ", quel que soit son souhait par ailleurs. " et que l'administration a pris la décision d'affecter Mme Pennaneac'h dans un service autre que la BCR pour préserver l'intérêt de l'agent. Toutefois, le ministre de l'économie ne justifie pas en l'espèce n'avoir pu prendre, pour préserver l'intérêt de l'agent ou celui du service, aucune autre mesure, notamment à l'égard de l'auteur du harcèlement, dont le maintien en fonction au sein de la BCR a au contraire été confirmé au mois de mai 2020. Il résulte de ce qui précède que, d'une part, la décision attaquée porte atteinte aux droits de Mme Pennaneac'h et lui fait par conséquent grief, de sorte qu'il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée à ce titre en défense, et d'autre part que, la requérante est fondée à soutenir que la décision du 8 juillet 2020, en tant qu'elle procède à son changement d'affectation, méconnaît les dispositions précitées de l'article 6 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et à en obtenir pour ce motif l'annulation.

Sur les frais liés au litige :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme Pennaneac'h d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 8 juillet 2020 de la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique procédant au changement d'affectation de Mme Pennaneac'h est annulée.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme Pennaneac'h au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Pennaneac'h et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La rapporteure,

C. MILIN

La présidente,

V. GOURMELON

La greffière,

S. LEGEAY

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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