jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2008212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête n°2008212 enregistrée le 16 août 2020, Mme A B, représentée par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 février 2020 par lequel le président du centre communal d'action sociale de Pornic a prolongé son stage en qualité d'agent social pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, de procéder à sa titularisation et de reconstituer sa carrière dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans les mêmes conditions d'astreinte et de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché de plusieurs vices de procédure tenant à la composition et à l'organisation de la commission administrative paritaire ;
- il est entaché d'erreurs de fait tenant aux griefs le fondant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il s'agit d'une sanction déguisée, de sorte que l'arrêté a méconnu le principe du contradictoire et est entaché d'un détournement de procédure.
Par un mémoire enregistré le 26 janvier 2022, le centre communal d'action sociale de Pornic, représenté par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 22 mars 2021, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II - Par une requête n°2008263 enregistrée le 18 août 2020, Mme A B, représentée par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2020 par lequel le président du centre communal d'action sociale de Pornic a prorogé son stage en qualité d'agent social d'une durée de quatre mois à compter du 1er juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, de procéder à sa titularisation et de reconstituer sa carrière dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans les mêmes conditions d'astreinte et de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est illégal à raison de l'illégalité de l'arrêté du 19 février 2020 par lequel le président du centre communal d'action sociale de Pornic a une première fois prorogé son stage ;
- il est entaché de plusieurs vices de procédure tenant à la composition et à l'organisation de la commission administrative paritaire ;
- il est entaché d'erreurs de fait tenant aux griefs le fondant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il s'agit d'une sanction déguisée, de sorte que l'arrêté a méconnu le principe du contradictoire et est entaché d'un détournement de procédure.
Par un mémoire, enregistré le 26 janvier 2022, le centre communal d'action sociale de Pornic, représenté par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 22 mars 2021, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°92-849 du 28 août 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin,
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,
- les observations de Me Philippon, représentant la requérante ;
- les observations de Me Couëtoux du Tertre, substituant Me Marchand, représentant le centre communal d'action sociale de Pornic.
Une note en délibéré pour Mme B a été enregistrée dans le dossier n°2008212 le 28 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, a, par un arrêté du 18 mars 2013 du président du centre communal d'action sociale (CCAS) de Pornic, été recrutée en qualité d'agente sociale de 2ème classe contractuelle afin d'assurer des remplacements d'agents titulaires. Son contrat a été renouvelé jusqu'au 31 décembre 2018. Par un arrêté du 7 janvier 2019, le président du CCAS a nommé Mme B en qualité d'agente sociale stagiaire à temps non complet à compter du 1er janvier 2019. Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 14 décembre 2019. Par un arrêté du 19 février 2020, notifié le 16 juin 2020, le président du CCAS a prolongé pour une période de 6 mois le stage de Mme B, du 1er janvier 2020 au 30 juin 2020. Par un arrêté du 26 juin 2020, le président du CCAS a de nouveau prolongé, pour une période de 4 mois, le stage de Mme B, du 1er juillet 2020 au 31 octobre 2020. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, la requérante demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 19 février 2020 et du 26 juin 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En soutenant qu'il appartient au CCAS de Pornic de verser au dossier la feuille d'émargement des membres présents lors de la délibération de la commission administrative paritaire (CAP) du 13 février 2020 pour permettre au tribunal de contrôler la régularité de la composition de cette commission et des conditions d'organisation de cette séance, la requérante, qui renverse la charge de la preuve sur le moyen qu'elle invoque, et ce, alors qu'elle a été destinataire de l'avis de la CAP, ne met pas à même le tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
3. Aux termes de l'article 4 du décret du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents sociaux territoriaux : " Les candidats recrutés en application du 1° de l'article 3 en qualité d'agent social, ainsi que les candidats inscrits sur une liste d'aptitude au grade d'agent social principal de 2e classe et recrutés sur un emploi d'une collectivité ou d'un établissement public sont nommés stagiaires pour une durée d'un an par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination. / (). ". L'article 6 de ce même décret prévoit que : " La titularisation des stagiaires intervient à la fin du stage par décision de l'autorité territoriale au vu notamment d'une attestation de suivi de la formation d'intégration établie par le Centre national de la fonction publique territoriale. Lorsque la titularisation n'est pas prononcée, le stagiaire est soit licencié s'il n'avait pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégré dans son grade d'origine. / Toutefois, l'autorité territoriale peut, à titre exceptionnel, décider que la période de stage est prolongée d'une durée maximale d'un an. ".
4. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. Pour apprécier la légalité d'une décision de prolongation de stage, il incombe au juge, saisi de moyens en ce sens, de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de la valeur professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir. Par ailleurs, la circonstance que tout ou partie des faits retenus par l'autorité administrative pour décider de prolonger un stage seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de prolongation de stage, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour prolonger le stage de Mme B, le CCAS de Pornic s'est fondé, dans les deux décisions attaquées, sur divers griefs formulés à l'endroit de l'agente stagiaire à savoir un manquement à l'obligation de discrétion et au devoir de réserve envers sa responsable et la collectivité qui l'emploie, le non-respect de ses horaires de travail, un manque d'écoute des besoins des bénéficiaires ainsi que des propos inadaptés.
6. D'une part, le non-respect des horaires de travail reproché à la requérante n'est pas établi par les pièces du dossier, le CCAS de Pornic renvoyant seulement des observations faites à l'occasion de comptes-rendus d'entretien, tandis que Mme B relève que le compte-rendu d'entretien d'évaluation réalisé pour l'année 2019 faisait au contraire état d'une bonne organisation dans le travail. De même, le manque d'écoute des besoins des bénéficiaires également reproché à la requérante n'est établi par aucun élément précis. En revanche, il ressort du compte-rendu d'un entretien téléphonique des agents du CCAS avec une bénéficiaire et l'époux de celle-ci, dont le contenu a été confirmé par une visite domiciliaire, que Mme B a tenu en présence de cette bénéficiaire des propos sur le fonctionnement du service et sur ses conditions de travail et de rémunération révélant un manquement au devoir de discrétion et de réserve. Si la requérante conteste la matérialité de ces propos, et attribue le témoignage de cette bénéficiaire à la malveillance de celle-ci, le caractère circonstancié des propos en cause rend plus vraisemblable l'hypothèse que de tels propos aient été inventés. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'à l'occasion d'un entretien avec le maire de Pornic, président du CCAS, qui s'est tenu le 7 janvier 2020, Mme B a adopté un comportement inadapté au regard du ton agressif et irrespectueux qu'elle a employé. Il résulte de ce qui précède que seuls ces derniers faits sont matériellement établis.
7. D'autre part, le manquement au devoir de discrétion et de réserve susmentionné présente un degré de gravité suffisant, compte tenu de la teneur des propos tenus, de ce que ceux-ci ont suscité une plainte de la part de la bénéficiaire concernée et de la vulnérabilité du public auprès duquel intervient Mme B, pour que le président du CCAS de Pornic prolonge le stage de celle-ci afin d'apprécier sur une période plus longue que la période initiale de stage la manière de servir de Mme B, dès lors que celle-ci ne donnait pas entièrement satisfaction. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté ainsi que le moyen tiré de l'erreur de fait dès lors qu'il résulte de l'instruction que le président du CCAS de Pornic aurait pris les mêmes décisions s'il s'était fondé sur les seuls faits matériellement établis.
8. Enfin, si certains des motifs des décisions de prolongation de stage, à savoir le manquement à l'obligation de discrétion et au devoir de réserve et le non-respect des horaires, seraient de nature à caractériser une faute disciplinaire, il ressort des pièces du dossier, et il résulte de ce qui a été dit aux points précédents, que ces décisions sont essentiellement fondées sur l'insuffisance professionnelle de Mme B et il n'est pas établi que le président du CCAS aurait cherché, en prolongeant le stage de l'intéressée, à sanctionner celle-ci, cette prolongation visant au contraire à évaluer l'aptitude de la requérante à être titularisée. Si la requérante relève que l'essentiel des faits qui lui sont reprochés ont été révélés au CCAS par le biais d'une plainte d'une bénéficiaire, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que les faits au fondement de cette " plainte ", non pénale, soient qualifiés d'insuffisance professionnelle. Par conséquent, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les décisions attaquées constituent une " sanction déguisée ". Par ailleurs, si le caractère disciplinaire de certains des motifs des décisions imposait au CCAS de mettre à même Mme B de faire valoir ses observations, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été informée de l'intention de la collectivité de prolonger son stage à l'occasion d'un entretien mené le 13 décembre 2019 par deux de ses supérieurs hiérarchiques puis d'un courrier du président du CCAS du 30 décembre 2019 puis enfin de l'entretien susmentionné avec le président du CCAS le 13 janvier 2020, et a ainsi été mise à même de formuler des observations. La requérante peut d'ailleurs être regardée comme ayant formulé des observations sur l'intention du CCAS de prolonger son stage par les courriers électroniques qu'elle a envoyés à ses supérieures hiérarchiques et à ses collègues les 14 décembre 2019, 10 février 2020 et 16 juin 2020. Il suit de là que le moyen tiré du vice de procédure à raison de l'absence de respect de la procédure contradictoire doit être écarté, ainsi que celui tiré d'un détournement de procédure.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requêtes dirigées contre la décision du 19 février 2020 et contre la décision du 26 juin 2020 doit être rejetées. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 26 juin 2020 doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision du 19 février 2020 ne peut être qu'écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du CCAS de Pornic, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme sur ce fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante le versement au CCAS de Pornic d'une somme sur le fondement de ces dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2008212 et 2008263 de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions du CCAS de Pornic présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Philippon et au centre communal d'action sociale de Pornic.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La rapporteure,
C. MILINLa présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2008212, 2008263
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026