mercredi 13 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2008328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 août 2020, M. B D, représenté par Me Morgane Dazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision prise par le préfet de Maine-et-Loire le 27 mai 2020 lui refusant la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de l'admettre au séjour dans le délai d'un mois sous astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnait les articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et a été signée par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- cette décision est entachée d'une erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation et elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. D.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. D par une décision du 13 avril 2021 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative. ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 novembre 2023 à partir de 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D est un ressortissant libyen qui est né le 9 mars 1994. Il est entré en France au cours du mois d'août de l'année 2014. Il y a demandé l'asile le 8 février 2016. Par une décision du 27 janvier 2020, la Cour nationale du droit d'asile lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire. L'intéressé a alors sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance de la carte de séjour pluriannuelle prévue pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire par les dispositions de l'article L. 313-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Cette demande a été rejetée par une décision prise par cette autorité le 27 mai 2020, dont M. D demande au tribunal l'annulation.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 311-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".
3. Il ne résulte pas des dispositions des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration qu'une décision administrative doive, contrairement à ce qui est soutenu dans la requête, "comporter () la délégation de pouvoir" donnée au signataire de cette décision. L'arrêté du 27 mai a été signé, non par le préfet de Maine-et-Loire, mais "pour le préfet" par Mme C A en qualité de directrice de l'immigration et des relations avec les usagers de la préfecture de ce département. Cette dernière bénéficiait, par arrêté de ce préfet, pris le 22 avril 2020, d'une délégation à l'effet de signer les arrêtés formalisant les décisions relatives au séjour. Cet arrêté a été publié le 23 avril suivant au recueil des actes administratifs de ce même département. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation exécutoire de la signataire du refus de séjour opposé au requérant doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort de la lecture de l'arrêté du 27 mai 2020 que, pour refuser de délivrer à M. D la carte de séjour pluriannuelle qu'il a sollicitée, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 313-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énonçant que ce titre de séjour peut être refusé à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public et a relevé que l'intéressé a été condamné, par un jugement du 30 janvier 2019, à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour des faits d'agression sexuelle avec usage ou menace d'une arme commis le 22 novembre 2018.
5. Aux termes de l'article L. 313-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour pluriannuelle d'une durée maximale de quatre ans est délivrée, dès sa première admission au séjour : 1° A l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire () ". Selon l'article L. 313-3 du même code, opposable notamment à un ressortissant étranger qui a sollicité le bénéfice de cette carte de séjour pluriannuelle : " () la carte de séjour pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusée () à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
6. M. D a été condamné, par un jugement du 30 janvier 2019, à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour des faits d'agression sexuelle avec usage ou menace d'une arme commis le 22 novembre 2018. Cette condamnation a été assortie d'une mise à l'épreuve pendant une durée de deux ans. Si le requérant justifie s'être présenté auprès de sa conseillère pénitentiaire d'insertion et de probation les 19 novembre 2019 et 4 février 2020 et s'être rendu, dans le cadre de l'obligation de soins qui lui a été prescrite par la juridiction pénale, à une consultation auprès d'un psychologue le 17 février 2020, il n'apporte aucun élément permettant d'établir que ces trois rendez-vous qu'il a honorés correspondraient à l'ensemble des obligations auxquels il était astreint au cours de la période courant jusqu'à la date de la décision attaquée, à laquelle s'apprécie sa légalité, alors que, par un jugement du 17 juin 2021, le juge d'application des peines a prononcé la révocation totale du sursis partiel dont a été assortie la condamnation précitée au motif qu'il n'avait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations au titre de la mise à l'épreuve dont il a fait l'objet. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et compte tenu notamment de la particulière gravité des faits pour la commission desquels l'intéressé a été condamné, de la date à laquelle ils ont été commis, qui n'est antérieure que de dix-huit mois par rapport à la date de la décision attaquée, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas commis d'erreur de fait, ni d'erreur d'appréciation en estimant que la présence de M. D en France constituait une menace pour l'ordre public au sens de l'article L. 313-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, d'une part, M. D est célibataire et sans enfant et il ne justifie d'aucune attache familiale en France, pays dans lequel il est entré à l'âge de 20 ans, d'autre part, comme cela a été dit, sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, le refus de séjour en litige ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, par cette décision, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision prise par le préfet de Maine-et-Loire le 27 mai 2020 rejetant la demande tendant à la délivrance à M. D de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention "bénéficiaire de la protection subsidiaire" doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Morgane Dazin.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.
Le rapporteur,
D. E
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026