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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2008432

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2008432

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2008432
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantANTELIA CONSEILS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2008432 le 23 août 2020, la fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles section Loire-Atlantique (FNSEA 44), représentée par Me Bichon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil départemental de Loire-Atlantique a approuvé l'extension du périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN) des vallées de l'Erdre, du Gesvres et du Cens, a donné un avis favorable à la modification du programme d'actions du PEAN et a autorisé la commission permanente à approuver cette modification, ensemble la décision du 25 juillet 2020 de rejet du recours gracieux présenté contre cette délibération ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont signées par des autorités incompétentes ;

- elles portent une atteinte disproportionnée au droit de la propriété ;

-elles portent atteinte à la liberté d'entreprendre

- l'extension du périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2021, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, en l'absence d'acte susceptible de faire grief, en l'absence d'intérêt à agir, et en l'absence de qualité à agir du président de la fédération requérante ;

- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Une ordonnance du 28 décembre 2022 a fixé la clôture de l'instruction au 28 décembre 2022.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2008433 le 23 août 2020, la fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles section Loire-Atlantique (FNSEA 44), représentée par Me Bichon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 26 mars 2020 par laquelle la commission permanente a approuver la modification du programme d'actions du périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains des vallées de l'Erdre, du Gesvres et du Cens ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la délibération attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- l'avis favorable du conseil départemental à cette modification n'est pas établi ;

-la délibération attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 113-23 en l'absence de l'accord des communes intéressées ;

-elle est entachée d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure, dès lors que le programme d'action répond aux besoins particuliers d'une commune et vise à contourner les dispositions de l'article L. 218-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2021, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, en l'absence d'acte susceptible de faire grief, en l'absence d'intérêt à agir, et en l'absence de qualité à agir du président de la fédération requérante ;

- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Une ordonnance du 28 décembre 2022 a fixé la clôture de l'instruction au 28 décembre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de Mme C, représentant la FNSEA 44,

- les observations de Me Oueslati, substituant Me Lahalle, avocat du département de la Loire-Atlantique.

Une note en délibéré, produite par la FNSEA 44, a été enregistrée le 6 février 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par la requête enregistrée sous le n° 2008432, la fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles section Loire-Atlantique (FNSEA 44) sollicite l'annulation de la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil départemental de Loire-Atlantique a approuvé l'extension du périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN) des vallées de l'Erdre, du Gesvres et du Cens, a donné un avis favorable à la modification du programme d'actions du PEAN et a autorisé la commission permanente à approuver cette modification, et la décision du 25 juillet 2020 de rejet du recours gracieux présenté contre cette délibération. Par la requête enregistrée sous le n° 2008433, la FNSEA 44 demande l'annulation de la délibération du26 mars 2020 par laquelle la commission permanente a approuvé la modification de ce programme d'actions.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2008432 et 2008433 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

3. En l'absence, dans les statuts d'une association ou d'un syndicat, de stipulation réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif, celle-ci est régulièrement engagée par l'organe tenant des mêmes statuts le pouvoir de représenter cette association ou ce syndicat en justice.

4. Aux termes des stipulations de l'article 1er des statuts de la FNSEA 44 : " Conformément aux dispositions de la deuxième partie - Livre premier du code du travail, il est formé, entre les syndicats et les groupements qui adhèrent aux présents statuts, une Fédération qui est régie par ce code et par les dispositions ci-après ". Aux termes de l'article 8 de ces statuts : " La FNSEA de Loire-Atlantique a essentiellement pour objet de représenter et de défendre sur le plan départemental les intérêts de la profession agricole tant collectifs qu'individuels dans le domaine moral, technique, social, économique et administratif ". Aux termes de l'article 25 de ces statuts : " Le conseil d'administration est chargé de l'administration et de la gestion de la FNSEA de Loire-Atlantique. / () / Pour assurer ces diverses tâches, il peut notamment : / () / - exercer toutes actions judiciaires tant en défendant qu'en demandant et déléguer un de ses membres pour suivre les instances ; / () ". Aucune autre stipulation ne réserve à un autre organe le pouvoir de décider d'engager une action en justice au nom du syndicat ou de déléguer un de ses membres à cette fin. En outre, l'article 35 des mêmes statuts stipule que " Le Président () / représente la FNSEA de Loire-Atlantique vis-à-vis des tiers en toutes circonstances et notamment en justice ; il est, à cet effet, investi par les statuts des pouvoirs les plus étendus. / () ".

5. Si la fédération requérante produit un document attestant de ce que le conseil d'administration, réuni le 13 février 2020, a mandaté M. Trichet, président de la FNSEA de Loire-Atlantique, " pour exercer un recours gracieux pour dénoncer l'extension du périmètre du PEAN des vallées du Gesvres, de l'Erdre et du Cens ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le conseil d'administration aurait décider d'exercer une action en justice au nom de ce syndicat à l'encontre de cette extension et de la modification du programme d'actions et, à cet effet, aurait confié à ce président un mandat à l'effet de saisir le tribunal des deux présentes requêtes pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le département de la Loire-Atlantique et tirée de l'absence de qualité à agir du président de la FNSEA 44 doit être accueillie.

6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que les requêtes présentées par la FNSEA 44 sont irrecevables et, par suite, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas partie dans ces instances, ou du département de la Loire-Atlantique, qui n'est pas la partie perdante, à ce titre. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la FNSEA 44 la somme demandée par le département de la Loire-Atlantique au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la FNSEA 44 sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par le département de la Loire-Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la FNSEA 44 et au département de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.

La rapporteure,

S. B

Le président,

A. A DE BALEINE

La greffière,

L. LECUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s2008432,2008433

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