vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | PELEKA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Peleka, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2020 par laquelle le ministre a rejeté son recours à l'encontre de la décision du 1er octobre 2019 de la préfète des Deux-Sèvres ayant ajourné pour deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le ministre aurait dû procéder à un examen global ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions lui permettant d'accéder à la nationalité française, justifiant d'un parcours républicain exemplaire mais également de ressources suffisantes lui permettant d'assurer dignement sa subsistance, et que sa dette locative ne résulte pas d'un comportement délibéré mais de difficultés ponctuelles de paiement de loyers en raison de son licenciement en 2017 et a fait l'objet d'un apurement avec son bailleur.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- si une injonction devait être prononcée, le délai pour procéder au réexamen de la demande de naturalisation de Mme B ne pourrait être inférieur à sept mois.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er octobre 2019, la préfète des Deux-Sèvres a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de M. B, ressortissant guinéen né le 1er février 1982. Par une décision du 16 juin 2020, le ministre de l'intérieur a rejeté le recours formé par l'intéressé à l'encontre de cette décision préfectorale. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision ministérielle.
2. En premier lieu, la décision attaquée indique que le ministre de l'intérieur a, sur le fondement de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993, ajourné à deux ans la demande de naturalisation de M. B au motif que le comportement du postulant au regard de ses obligations locatives est sujet à critiques en ce qu'il était redevable à l'égard de son bailleur de la somme de 2 270 euros au 21 août 2019. Dans ces conditions, cette décision comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur n'a pas procédé à un examen complet de la situation de M. B.
4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le postulant.
5. Il est constant que M. B était redevable au 21 août 2019 d'une dette auprès de son bailleur d'un montant de 2 270,58 euros. Alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a conclu un contrat à durée indéterminée en qualité d'équipier polyvalent en restauration rapide dès le 25 janvier 2018, M. B n'établit pas que cette dette, qui correspond à environ dix mois de loyer, résulte de difficultés financières ponctuelles rencontrées à l'issue de son licenciement en octobre 2017 dont il n'établit au demeurant pas la réalité en produisant un certificat de travail établi à l'expiration du contrat sur le fondement de l'article L. 1234-19 du code du travail. Par suite, et en dépit de l'apurement de la dette au 25 août 2020, de l'insertion professionnelle de M. B et de son adhésion aux valeurs républicaines, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation la décision ajournant à deux ans sa demande de naturalisation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 16 juin 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation. Par suite, sa requête, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
H. CLa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026