jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LOISON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 septembre 2020, 4 mai 2021 et 20 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Loison, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'absence de ressources personnelles s'explique par son handicap ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il présente une parfaite intégration, qu'il a apporté des réponses correctes lors de son entretien d'assimilation et que les réponses incorrectes ou imprécises sont dues à sa surdité, à son état de fatigue et à un dysfonctionnement de son appareil.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 mars et 26 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il demande la neutralisation du motif tiré de l'insuffisance des ressources personnelles de M. A ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 21 avril 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 5 décembre 2019, le préfet du Calvados a déclaré irrecevable la demande de naturalisation de M. A, ressortissant algérien né le 15 septembre 1954. Par une décision du 1er juillet 2020, le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique et a substitué à la décision préfectorale une décision de rejet de la demande de naturalisation de l'intéressé. Malgré la dénomination erronée de l'auteur de la décision ministérielle du 1er juillet 2020, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'assimilation à la société française du postulant, en particulier son niveau de connaissances ainsi que le niveau et la stabilité de ses ressources. Pour rejeter une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, l'autorité administrative ne peut se fonder ni sur l'existence d'une maladie ou d'un handicap ni, par suite, sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé lorsqu'elle résulte directement d'une maladie ou d'un handicap.
3. Le ministre de l'intérieur a rejeté la demande de naturalisation de M. A en raison de l'absence de ressources personnelles, M. A ne subvenant pour l'essentiel à ses besoins qu'à l'aide de prestations sociales, et de la connaissance insuffisante des éléments fondamentaux relatifs aux règles de vie en société (principes, symboles et institutions de la République) au regard des réponses apportées par le postulant lors de l'entretien d'assimilation du 5 décembre 2019.
4. D'une part, le ministre de l'intérieur reconnaît que le motif tiré de l'insuffisance des ressources personnelles de M. A, qui résulte de son handicap, est entaché d'erreur de droit.
5. D'autre part, il ressort du compte rendu de l'entretien d'assimilation que M. A a fait mention à plusieurs reprises de sa surdité. Il ne ressort pas en revanche de ce compte rendu que son absence de réponse à la question relative aux modalités d'élection du président de la République, pourtant reformulée plus simplement par l'agent, et aux questions relatives aux chanteurs et acteurs français ou que les réponses erronées ou imprécises s'agissant des définitions de la démocratie, de la liberté, de l'égalité, de la fraternité et de la laïcité résultent d'une incompréhension des questions due à son handicap. Si M. A soutient également que les conditions de trajet pour se rendre à l'entretien ont entraîné d'intenses fatigue et anxiété, il n'apporte aucun élément pour l'établir et le caractère insuffisant de ses connaissances des grands principes de la République ne peut être expliqué par ces seules circonstances, dont il n'a au demeurant aucunement fait mention lors de l'entretien. Dans ces conditions, et eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, le ministre de l'intérieur a pu, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, rejeter la demande de naturalisation de M. A en dépit de la durée de sa présence en France et de la nationalité française de ses enfants. Il résulte de l'instruction que le ministre aurait pris la même décision s'il s'était uniquement fondé sur ce motif.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er juillet 2020. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Loison.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La rapporteure,
H. C
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026