mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009289 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEXCAP ANGERS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 septembre 2020 et 10 janvier et
27 février 2023, la commune de Segré-en-Anjou Bleu, représentée par Me Meunier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2020 de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en tant que le montant de la dotation globale de fonctionnement (DGF) qui lui a été notifié au titre de l'année 2020 n'inclut pas la dotation de consolidation d'un montant de 314 523 euros, égal à celui de la dotation d'intercommunalité que percevait la communauté de communes du canton de Segré au titre de l'exercice 2016, ainsi que la décision par laquelle la ministre a implicitement rejeté son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2020 de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en tant que le montant de la dotation globale de fonctionnement (DGF) qui lui a été notifié au titre de l'année 2020 n'inclut pas la dotation de compensation d'un montant de 999 413 euros ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 314 523 et 999 413 euros assorties des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du IV de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales ;
- elle avait droit au bénéfice de la dotation de compensation prévue par les dispositions du III de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriale.
Par des mémoires en défense enregistrés les 5 octobre 2020 et 5 avril 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 en tant qu'il n'inclut pas la dotation de consolidation et au rejet du surplus des conclusions de la requête de la commune de Segré en Anjou Bleu.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 en tant que celui-ci n'inclut pas la dotation de compensation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- les moyens invoqués par la commune requérante ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Simon,
- les conclusions de M. Dias, rapporteur public,
- et les observations de Me Meunier, avocat de la commune de Segré-en-Anjou Bleu et de M. A, représentant le préfet de Maine-et-Loire.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 28 septembre 2016, a été créée, à compter du 15 décembre 2016, la commune nouvelle de Segré-en-Anjou Bleu, comprenant les anciennes communes d'Aviré, Le Bourg-d'Iré, la Chapelle-sur-Oudon, Chatelais, La Ferrière-de-Flée, L'Hôtellerie-de-Flée, Louvaines, Marans, Montguillon, Noyant-la-Gravoyère, Nyoiseau, Sainte-Gemmes-d'Andigné, Saint-Martin-du-Bois, Saint-Sauveur de Flée et Segré. La commune nouvelle regroupant les communes qui formaient anciennement la communauté de communes du canton de Segré, cette dernière a disparu à compter de la même date. Par arrêté 26 mai 2020, la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales a notifié à la commune de Segré-en-Anjou Bleu la dotation globale de fonctionnement qui lui a été attribuée au titre de l'exercice 2020 pour un montant global de 2 032 548 euros. Par courrier du
2 juillet 2020, la commune requérante a formé un recours gracieux contre cette décision en tant que la dotation qui lui avait été notifiée n'incluait pas la dotation de consolidation d'un montant de 314 523 euros, égal à celui de la dotation d'intercommunalité que percevait la communauté de communes du canton de Segré au titre de l'exercice 2016. Par sa requête, la commune de Segré-en-Anjou Bleu demande au tribunal d'annuler l'arrêté de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en tant que la dotation qui lui a été notifiée au titre de l'exercice 2020 n'inclut pas la dotation de consolidation d'un montant de 314 523 euros égal à celui de la dotation d'intercommunalité que percevait la communauté de communes du canton de Segré au titre de l'exercice 2016 ainsi que la décision par laquelle cette ministre a implicitement rejeté son recours gracieux, ainsi qu'à la condamnation de l'Etat à lui verser cette somme. Par un mémoire complémentaire enregistré le 27 février 2023, la commune demande également l'annulation de cet arrêté en tant qu'il n'inclut pas la dotation de compensation prévue au III de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales pour un montant de 999 413 euros ainsi que la condamnation de l'Etat à lui verser cette seconde somme.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 en tant qu'il n'inclut pas la dotation de consolidation prévue au IV de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales d'un montant de 314 523 euros et de la décision par laquelle la ministre de la cohésion des territoires a rejeté son recours gracieux ainsi que les conclusions tendant à ce que l'Etat soit condamné à verser à la commune une somme de 314 523 euros :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 5 avril 2023, le préfet de Maine-et-Loire a informé le maire de la commune de Segré-en-Anjou Bleu que le ministre de la transition écologique avait décidé d'accorder à la commune un complément de dotation forfaitaire de 314 523 euros par an de 2017 à 2022 pour un montant total de 1 887 138 euros. Ainsi, les décisions attaquées, lesquelles portaient sur la somme de 314 523 euros au titre de la dotation pour l'année 2020, doivent être regardées comme ayant été retirées. Par suite, les conclusions mentionnées ci-dessus sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à la condamnation de l'Etat à verser à la commune de Segré-en-Anjou Bleu les intérêts au taux légal et la capitalisation de ces intérêts afférents à la somme de 314 523 euros :
3. Aux termes de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités dans sa version applicable au litige : " () IV. - Au cours des trois premières années suivant leur création, les communes nouvelles dont l'arrêté de création a été pris entre le 2 janvier 2016 et le 1er janvier 2019 regroupant toutes les communes membres d'un ou de plusieurs établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la population globale est inférieure ou égale à 15 000 habitants perçoivent une dotation de consolidation au moins égale à la somme des montants de la dotation d'intercommunalité perçus par le ou les établissements publics de coopération intercommunale l'année précédant la création de la commune nouvelle. () ". Aux termes des mêmes dispositions dans leur version antérieure : IV. - Lorsque la commune nouvelle regroupe toutes les communes membres d'un ou plusieurs établissements publics de coopération intercommunale, sa dotation forfaitaire comprend en outre les attributions d'une dotation de consolidation égale au montant de la dotation d'intercommunalité qui aurait été perçue, au titre de la même année, en application des articles L. 5211-29 à L. 5211-33 par le ou les établissements publics de coopération intercommunale auxquels elle se substitue en l'absence de création de commune nouvelle. / () / Au cours des trois premières années suivant leur création, les communes nouvelles dont l'arrêté de création a été pris entre le 2 janvier 2016 et le
1er janvier 2017 en application de délibérations concordantes des conseils municipaux regroupant toutes les communes membres d'un ou de plusieurs établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre dont la population globale est inférieure ou égale à 15 000 habitants perçoivent une dotation de consolidation au moins égale à la somme des montants de la dotation d'intercommunalité perçus par le ou les établissements publics de coopération intercommunale l'année précédant la création de la commune nouvelle ".
4. Il résulte de ces dispositions dans leur version issue de la loi n° 2019-1479 du
28 décembre 2019 portant loi de finance pour 2020 comparées à leur version antérieure, qu'en abrogeant le 1er alinéa du IV de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales, le législateur a expressément entendu réserver aux communes nouvelles regroupant toutes les communes membres d'un ou plusieurs établissements publics de coopération intercommunale dont la population globale est inférieure ou égale à 15 000 habitants, quand elles ont été créées entre le 1er janvier 2016 et le 1er janvier 2019, le bénéfice du maintien d'une dotation de consolidation au moins égale à la somme des montants de la dotation d'intercommunalité perçus par le ou les établissements publics de coopération l'année précédant la création de la commune nouvelle. Il est constant en l'espèce que la commune de Segré-en-Anjou-Bleu, qui a été créée le 28 septembre 2016 et qui regroupe l'ensemble des communes qui constituaient auparavant la communauté de communes du canton de Segré, a une population supérieure à 15 000 habitants. Dans ces conditions, la commune de Segré-en-Anjou Bleu n'est pas fondée à soutenir qu'elle avait droit au versement de la dotation de consolidation au titre de l'année 2020. Par suite, les conclusions indemnitaires mentionnées ci-dessus doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 en tant qu'il n'inclut pas la dotation de compensation prévue au III de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales d'un montant de 999 413 euros ainsi que les conclusions tendant à ce que l'Etat soit condamné à verser à la commune de Segré-en-Anjou Bleu une somme de 999 413 euros assortie des intérêts moratoires :
5. Dans la requête de la commune de Segré-en-Anjou Bleu enregistrée le
14 septembre 2020, celle-ci n'a sollicité l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 qu'en tant qu'il n'inclut pas la dotation de consolidation prévue au IV de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales. Les conclusions visées ci-dessus n'ont été présentées que par un mémoire enregistré le 27 février 2023, soit après l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, le préfet est fondé à soutenir que ces conclusions sont irrecevables en raison de leur tardiveté. Dès lors, il y a lieu de les rejeter comme telles.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, la somme que demande la commune de Segré-en-Anjou Bleu au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la commune de Segré-en-Anjou tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2020 en tant qu'il n'inclut pas la dotation de consolidation prévue au IV de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales d'un montant de 314 523 euros, et à l'annulation de la décision par laquelle la ministre de la cohésion des territoires a rejeté son recours gracieux.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la commune de Segré-en-Anjou Bleu est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Segré-en-Anjou Bleu et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.
Le rapporteur,
P-E. SIMON
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2009289
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026