vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat : M. HUIN - R. 222-13 |
| Avocat requérant | LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 septembre 2020 et le 23 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Le Floch, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique lui refusant le bénéfice rétroactif du revenu de solidarité active au titre de la période de mars 2012 à janvier 2017 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Loire-Atlantique de déterminer ses droits au revenu de solidarité active pour la période de mars 2012 à janvier 2017, ainsi qu'à l'allocation dont il a été privé assortie des intérêts à compter du recours préalable exercé le 19 juillet 2019 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir oui, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de ses droits pour la période précitée dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Loire-Atlantique une somme de 1 500 euros à verser à Me Le Floch sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée :
- il n'a pas été procédé à un examen complet de sa situation ;
- en application de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, il a droit au bénéfice du revenu de solidarité active de manière rétroactive, à compter de la reconnaissance de son statut de réfugié, soit à compter de novembre 2011 en raison du caractère recognitif de la décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA).
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, le département de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'en février 2019, la situation de M. C a été régularisée et qu'un droit lui a été ouvert rétroactivement à compter de mars 2012 par un virement de la somme de 4 509,69 euros fait sur le compte ouvert par Mme C auprès de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique ; si les époux C se sont séparés par la suite, le dossier du couple a été régularisé à la suite de l'ordonnance de non-conciliation rendue par le tribunal judiciaire de Nantes du 2 octobre 2020.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions sur cette affaire, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Le Floch, avocat de M. C, en présence de M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont sollicité dès le 1er mars 2012 le versement du revenu de solidarité active auprès du département de la Loire-Atlantique. M. C s'est vu servir les droits à compter du mois de février 2018, correspondant à la période de reconnaissance de la qualité de réfugié. Par courrier du 3 mai 2019, il a demandé au président du conseil départemental de la Loire-Atlantique le versement de ces droits de manière rétroactive à compter du 1er mars 2012, date de sa demande initiale. Le silence gardé sur cette demande par le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a fait naître une décision implicite de rejet que M. C demande au tribunal d'annuler.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande de carte " mobilité inclusion " mention " stationnement pour personnes handicapées ", c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.
3. En premier lieu, il résulte des principes rappelés au point 2 que le moyen invoqué par M. C tiré de l'insuffisante motivation de la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de versement rétroactive de revenu de solidarité active à compter de mars 2012, qui a trait aux vices propres dont serait entachée la décision litigieuse, est inopérant et ne peut par suite qu'être écarté, ainsi que le moyen tiré du défaut d'examen complet qui est présenté dans la requête comme complémentaire du moyen tiré de l'insuffisance de motivation.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou de plusieurs enfants nés ou à naître ; / 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : / a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire () ". Aux termes de l'article L. 262-18 de ce code : " Sous réserve du respect des conditions fixées à la présente section, le revenu de solidarité active est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande ". Aux termes de l'article R. 262-33 du même code : " Sans préjudice des dispositions particulières prévues aux articles L. 262-37 et L. 262-38, l'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée auprès d'un des organismes mentionnés à l'article D. 262-26 ".
5. Les dispositions précitées ne prévoient pas la possibilité de reconnaître un droit à l'allocation de revenu de solidarité active aux personnes ayant la qualité de réfugié, rétroactivement, à compter de leur entrée en France ou de leur demande d'asile, même s'ils remplissent antérieurement les conditions pour l'obtenir
6. Il résulte de l'instruction que les services de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique ont procédé, à titre gracieux, le 13 février 2019 au versement sur le compte du couple, alors en vigueur auprès de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique et ouvert par Mme C, d'une somme de 4 059,69 euros correspondant à la régularisation rétroactive de ces droits pour la période allant de mars 2012 à février 2018. Par suite, et alors qu'il a bénéficié d'une mesure de faveur de la part de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas bénéficié du versement rétroactif de la somme correspondante aux droits qui lui étaient régulièrement ouverts.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de versement rétroactif du revenu de solidarité active pour la période de mars 2012 à février 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au département de la Loire-Atlantique et à Me le Floch.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. B
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026