vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat : M. ROSEMBERG - R. 222-13 |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 septembre 2020 et le 27 mars 2023, M. A C, représenté par Me Guyot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 mai 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a refusé de lui accorder le bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie, ainsi que la décision du 17 juillet 2020 rejetant le recours formé contre cette décision ;
2°) de lui accorder le bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que les décisions aient été prises par une autorité compétente ;
- les décisions ne sont pas suffisamment motivées ;
- le département de la Loire-Atlantique ne peut lui opposer la condition de ressources applicable aux ressortissants de l'Union européenne résidant en France, dans la mesure où il est titulaire de la double nationalité française et portugaise ;
- le département de la Loire-Atlantique ne peut lui opposer les dispositions de l'article L. 232-23 du code de l'action sociale et des familles, puisqu'il ne bénéficie pas du versement d'une prestation de compensation du handicap.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juillet 2021, le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique, représenté par Me Naux, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. C été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 septembre 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public ayant été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions sur cette affaire, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Launay, substituant Me Naux, représentant le département de la Loire-Atlantique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré, présentée pour M. C, a été enregistrée le 8 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a sollicité auprès du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique, le 16 avril 2020, l'attribution de l'allocation personnalisée d'autonomie, qui lui a été refusée par une décision du 15 mai 2020. Le recours gracieux présenté par l'intéressé contre cette décision a été rejeté le 17 juillet 2020. Par sa requête, M. C demande l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article L. 232-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne âgée résidant en France qui se trouve dans l'incapacité d'assumer les conséquences du manque ou de la perte d'autonomie liés à son état physique ou mental a droit à une allocation personnalisée d'autonomie permettant une prise en charge adaptée à ses besoins. / Cette allocation, définie dans des conditions identiques sur l'ensemble du territoire national, est destinée aux personnes qui, nonobstant les soins qu'elles sont susceptibles de recevoir, ont besoin d'une aide pour l'accomplissement des actes essentiels de la vie ou dont l'état nécessite une surveillance régulière. ". Aux termes de l'article L. 232-2 du même code : " L'allocation personnalisée d'autonomie, qui a le caractère d'une prestation en nature, est accordée, sur sa demande, dans les limites de tarifs fixés par voie réglementaire, à toute personne attestant d'une résidence stable et régulière et remplissant les conditions d'âge et de perte d'autonomie, évaluée à l'aide d'une grille nationale, également définies par voie réglementaire. ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 7 de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 : " 1. Tout citoyen de l'Union a le droit de séjourner sur le territoire d'un autre État membre pour une durée de plus de trois mois : () / b) s'il dispose, pour lui et pour les membres de sa famille, de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale de l'État membre d'accueil au cours de son séjour, et d'une assurance maladie complète dans l'État membre d'accueil ".
4. Enfin, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. D'une part, la décision du 15 mai 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a refusé d'accorder à M. C le bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie se borne à indiquer à l'intéressé qu'il ne peut bénéficier de cette allocation " au vu de [ses] ressources ", sans apporter aucune précision sur les textes dont elle fait application ni sur les éléments de fait pris en compte pour estimer qu'il ne remplissait pas les conditions fixées par ces textes. D'autre part, la décision du 17 juillet 2020 rejetant le recours gracieux formé contre cette décision vise les dispositions précitées de l'article 7 de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004, et précise que l'intéressé, citoyen de l'Union européenne, justifie d'une résidence en France depuis plus de trois mois mais n'établit pas qu'il disposerait de ressources suffisantes. Elle ne fait toutefois pas mention des dispositions du code de l'action sociale et des familles sur lesquelles elle s'est fondée pour faire application de la condition de résidence en France depuis plus de trois mois et donc, de l'article 7 de la directive précitée, et ne permettait pas, ainsi, à M. C de comprendre l'ensemble des motifs pris en compte pour lui refuser le bénéfice de l'allocation demandée. Le requérant est par suite fondé à soutenir que les décisions attaquées ne sont pas suffisamment motivées.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler les décisions du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique du 15 mai 2020 et du 17 juillet 2020. Il n'appartient pas au tribunal, en revanche, comme le sollicite le requérant, d'allouer lui-même à M. C le bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie, l'annulation des décisions attaquées impliquant au demeurant seulement, compte tenu du motif d'annulation retenu, que le département de la Loire-Atlantique procède à un nouvel examen de la situation de l'intéressé.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique du 15 mai 2020 et du 17 juillet 2020 sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au département de la Loire-Atlantique et à Me Guyot.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 28 avril 2023.
La magistrate désignée,
V. B
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026