mardi 16 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUBOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2020, M. D A et Mme B A, représentés par Me Dubois, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mars 2020 par laquelle la commune de Pont-Saint-Martin s'est opposée à la déclaration préalable de division parcellaire du 27 février 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pont-Saint-Martin la somme de 4140 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration et l'article A 424-2 du code de l'urbanisme, le nom du signataire n'étant pas lisible ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, la voie d'accès à la parcelle ne présentant pas un risque réel pour la sécurité ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le risque pour la sécurité pouvant être neutralisé par des prescriptions spéciales ;
- le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article UB 3 du plan local d'urbanisme ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2021, la commune de Pont-Saint-Martin, représentée par Me Plateaux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Dubois, avocat de M. et Mme A,
- les observations de Me Plateaux, avocat de la commune de Pont Saint Martin.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur et Madame A sont propriétaires d'un terrain composé des parcelles cadastrées section AB numéro 1053 et 1054, sises 9 impasse de la Croix Olive sur le territoire de la commune de Pont-Saint-Martin (Loire Atlantique). Le 27 février 2020, ils ont adressé à la commune une déclaration préalable de division parcellaire, portant sur le détachement d'un lot à bâtir d'une superficie de 589 m², composé de la parcelle 1054 ainsi que d'une partie de la parcelle 1053. Par une décision du 18 mars 2020, dont les requérants demandent l'annulation, le maire de Pont-Saint-Martin s'est opposé à cette division.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 22 avril 2014, exécutoire le 24 avril 2014, le maire de Pont-Saint-Martin a donné délégation à M. E C, adjoint au maire chargé de l'urbanisme, signataire de la décision attaquée, à l'effet, notamment, de signer la délivrance des autorisations du droit des sols. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire manque en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Aux termes de l'article A 424-2 du code de l'urbanisme : " () L'arrêté mentionne, en caractères lisibles, le prénom, le nom et la qualité de son signataire. "
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué mentionne de manière lisible le prénom, le nom et la qualité de son signataire, M. C. Si le nom de ce dernier est partiellement effacé et recouvert par sa signature, il n'est pas pour autant illisible. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de délivrer une autorisation sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain faisant l'objet de la division parcellaire est desservi par une allée d'une largeur de 3,04 mètres, non rectiligne, dans une pente à 7%. En outre, la visibilité est réduite en raison de la longueur de l'allée, qui mesure environ 70 m, et de la présence de deux coudes. La configuration de cette allée ne permet pas le croisement de deux véhicules et présente un risque lors de l'accès ou de la sortie des véhicules, même avec une circulation faible. Par ailleurs, l'accès et l'utilisation des véhicules de lutte contre l'incendie est compromis par la faible largeur de l'allée et l'éloignement de la borne incendie la plus proche, située à 270 m de la parcelle en litige. Dans ces conditions, le projet de division parcellaire avec détachement d'un lot à bâtir est de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Par suite, en s'opposant à la déclaration préalable de M et Mme A pour ce motif, le maire de Pont-Saint -Martin n'a pas fait une inexacte application des dispositions du code de l'urbanisme précitées.
7. D'autre part, si les requérants soutiennent qu'il aurait été possible d'autoriser le projet litigieux en l'assortissant de prescriptions spéciales, comme l'installation de miroirs pour améliorer la visibilité, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un aménagement serait possible pour permettre le croisement des véhicules dans l'allée ou faciliter l'accès et l'utilisation des véhicules de lutte contre l'incendie. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Pont-Saint-Martin, relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public : " 3.1 - Les caractéristiques des voies existantes et des voies nouvelles Pour les voies ouvertes à la circulation automobile / Toute voie doit présenter les caractéristiques suivantes : / - être adaptée à l'importance et à la destination des constructions qu'elle doit desservir / - assurer la sécurité des usagers / - permettre l'approche et l'utilisation des véhicules et du matériel de lutte contre l'incendie et des services de sécurité / - présenter une largeur minimale de 3 mètres. En outre, son tracé et son traitement doivent être définis au regard de la morphologie du terrain d'assiette du projet et de la composition de la trame viaire existante environnante. / Les voies en impasse ne sont autorisées qu'en l'absence d'autre solution. A partir de trois lots, elles doivent comporter en leur extrémité une aire de manœuvre permettant le retournement des véhicules de lutte contre l'incendie, et d'enlèvement des ordures ménagères, notamment. () / 3.2 - Les conditions d'accès aux voies 1 - Règle générale / Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée permettant la circulation ou l'utilisation d'engins de lutte contre l'incendie. Le nombre et la largeur des accès doivent être limités aux conditions d'une desserte satisfaisante du projet. Toutefois, un accès ne peut avoir une largeur inférieure à 3 mètres. / Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins. Tout terrain enclavé est inconstructible à moins que son propriétaire ne produise une servitude de passage suffisante, instituée par acte authentique ou par voie judiciaire, en application de l'article 682 du code civil. Dans ce cas le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder (article R. 431-9 du code de l'urbanisme) / 2 - Modalités de réalisation des accès. / Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité des usagers des voies et des personnes l'utilisant. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Cette appréciation peut se traduire par une interdiction d'accès sur certaines voies ou portions de voies. "
9. Il ressort des pièces du dossier que l'allée qui permet l'accès à la parcelle en litige depuis la voie publique est une servitude de passage déjà constituée pour desservir la construction implantée sur la parcelle AB 1055 au bout de cette allée. Cette allée possède une largeur de 3,04 mètres et respecte ainsi la largeur minimale de 3 mètres fixée par les dispositions de l'article Ub 3 du plan local d'urbanisme de Pont Saint Martin précitées. Il n'est pas contesté qu'elle est adaptée à l'importance et à la destination des constructions qu'elle dessert. Cependant, comme indiqué aux points précédents, sa configuration ne permet pas d'assurer un accès sécurisé des usagers, ni l'accès et l'utilisation des véhicules de sécurité incendie. Si les requérants soutiennent que cette servitude de passage ne constitue pas une voie ouverte à la circulation automobile, et que les dispositions de l'article Ub 3 ne seraient pas opposables au projet, il ressort des termes mêmes de cet article que, pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée permettant la circulation ou l'utilisation d'engins de lutte contre l'incendie et que tout accès doit permettre d'assurer la sécurité des usagers des voies et des personnes l'utilisant. Il en résulte qu'en prenant la décision attaquée, le maire de Pont-Saint-Martin n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué et de la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pont-Saint-Martin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande formulée par la commune à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Pont-Saint-Martin au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et Mme B A et à la commune de Pont-Saint-Martin.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026