mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2009611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | COJOCARU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2020, M. D C, représenté par la SELARL Jad Sui Generis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 23 juillet 2020 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" sur le fondement de l'article L. 313-11 7° ou de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et le versement d'une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le conseil du requérant s'engageant dans cette hypothèse à renoncer à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 30 décembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une décision du 19 avril 2021, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né en 1999, déclare être entré en France en novembre 2015, sous couvert d'un visa touristique. Le 6 juillet 2017, la préfète de la Loire-Atlantique a pris à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par un nouvel arrêté du 27 avril 2018, la préfète de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. Le recours dirigé contre ce dernier arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal en date du 18 septembre 2018. Interpellé le 30 octobre 2019 et placé en garde à vue par les services de police pour des faits de vol à l'étalage, l'intéressé s'est vu notifier le lendemain des arrêtés du 31 octobre 2019 par lesquels le préfet de la Loire-Atlantique a, d'une part, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et, d'autre part, ordonné son assignation à résidence sur la commune de Nantes pour une durée de 45 jours. Le recours dirigé contre ces arrêtés a été rejeté par un jugement du tribunal en date du 15 novembre 2019. Par un courrier du 26 novembre 2019, M. C a sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique le réexamen de sa situation administrative au regard de son droit au séjour en faisant valoir sa vie privée et familiale et sa formation professionnelle, sans fonder sa demande sur des dispositions précises du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Le préfet de la Loire-Atlantique a regardé cette demande comme étant fondée sur les articles L. 313-11 7° ou L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a demandé à M. C de compléter sa demande puis a, par l'arrêté attaqué du 23 juillet 2020 dont l'intéressé demande l'annulation, refusé de faire droit à celle-ci.
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée fait état des éléments de droit et de fait qui la fondent, le préfet évoquant tant la scolarité de M. C que sa vie privée et familiale et n'étant pas tenu de faire état de l'ensemble des éléments de fait caractérisant la situation de l'intéressé. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté du 23 juillet 2020 doit être écarté.
3. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". M. C, célibataire et sans personne à charge, s'il soutient être entré régulièrement en France sous couvert d'un visa de court séjour, ne produit pas ce document. S'il justifie de sa présence sur le territoire français depuis le mois de septembre 2016, il s'y est maintenu irrégulièrement en dépit de deux mesures d'éloignement. S'il est hébergé par sa sœur, qui réside régulièrement en France, et à la charge de laquelle il se trouvait jusqu'à sa majorité selon un acte notarié établi au Maroc le 7 janvier 2016, cette circonstance ne suffit pas, à elle seule, à démontrer qu'il a établi sa vie privée et familiale en France, notamment dans la mesure où vivent au Maroc ses parents et trois de ses frères. Si le requérant soutient qu'il ne pourra être pris en charge par ses parents dans son pays d'origine en raison des problèmes de santé de ceux-ci, la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de prononcer l'éloignement du territoire français de M. C, lequel, au demeurant, étant âgé de 21 ans à la date de la décision attaquée et titulaire d'un diplôme, n'a pas nécessairement à se trouver à la charge de ses parents en cas de retour dans son pays d'origine. Enfin, l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle en " cuisine " par M. C n'est pas de nature à lui ouvrir droit, à elle seule, à la délivrance d'un titre de séjour comme il le soutient et n'est pas davantage de nature à caractériser une méconnaissance des stipulations précitées ou une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts qu'il poursuit. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté, ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Cojocaru.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
C. B
Le président,
A. A DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026