mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010040 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GENTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 octobre 2020 et le 8 février 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 août 2020 par laquelle le maire de Noirmoutier-en-l'île ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. et Mme B pour la surélévation d'une habitation située sur la parcelle cadastrée section BI n° 987, au 22 rue du Puits rouillé ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Noirmoutier-en-l'île une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de déclaration préalable de travaux est incomplet en l'absence de production des documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence d'accord conforme et préalable de l'architecte des Bâtiments de France dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe dans le périmètre de 500 mètres d'un monument historique en méconnaissance de l'article L. 621-30-1 du code du patrimoine, ainsi que dans le périmètre d'une zone de protection du patrimoine architectural urbain de Noirmoutier-en-l'île ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 janvier 2021 et le 9 mars 2022, la commune de Noirmoutier-en-l'ile, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir du requérant ;
- la requête est irrecevable faute de notification du recours en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2020, M. et Mme B concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que l'arrêté de non-opposition attaqué n'est entaché d'aucune illégalité.
Par un mémoire, enregistré le 14 décembre 2023, le préfet de la région Pays de la Loire demande au tribunal de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Il soutient que l'architecte des Bâtiments de France aurait dû être consulté sur la demande de déclaration préalable.
Par une lettre du 11 janvier 2024, les parties ont été, d'une part, informées que le Tribunal est susceptible, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer aux motifs que le vice tiré de la méconnaissance des dispositions combinées des articles R. 425-1 du code de l'urbanisme et L. 621-30 du code du patrimoine, en l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France, entraînant l'illégalité de l'arrêté attaqué, est susceptible d'être régularisé et, d'autre part, invitées à présenter leurs observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Vic, avocat de la commune de Noirmoutier-en-l'île,
- les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1.Par un arrêté du 3 août 2020, le maire de Noirmoutier-en-l'île ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. et Mme B portant sur la surélévation de l'habitation située sur la parcelle cadastrée section BI n°987 située au 22 de la rue du Puits rouillé, classée en zone UC du plan local d'urbanisme. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté du 3 août 2020.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne () n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / (). ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation d'urbanisme, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet en cours de construction.
4. M. C, qui est propriétaire de la maison d'habitation de plain-pied située sur la parcelle cadastrée section BI n°881 contiguë à l'est du terrain d'assiette du projet, en est le voisin immédiat. Par ailleurs, il ressort de la configuration des lieux que le nouveau bâtiment comportera un étage formant pignon en limite séparative de propriété. En outre, le projet, compte tenu des vis-à-vis qu'il crée sur la propriété du requérant en limite séparative, est susceptible d'affecter directement les conditions de jouissance de son bien. Dans ces conditions, le requérant justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir en excès de pouvoir contre la décision attaquée de non-opposition à déclaration préalable.
5. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a notifié par courriers recommandés reçus le 9 octobre 2020 son recours au maire de la commune de Noirmoutier-en-l'île et à M. et Mme B. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7.En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable aux décisions contestées : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14 (). () / Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". Aux termes de l'article R. 431-14 de ce code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".
8.La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions précitées du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, ne serait susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation d'urbanisme que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier auraient été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9.Il ressort des pièces du dossier que les plans et photographies produits étaient suffisants pour connaître précisément les dimensions du projet et en évaluer l'impact visuel sur le bâti environnant, eu égard en particulier aux mentions précises et claires des dimensions, des matériaux et coloris utilisés. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les dispositions précitées du code de l'urbanisme auraient été méconnues.
10.En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine dans sa version applicable au présent litige : " () I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. / La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. () ". Aux termes de l'article L. 621-31 du même code : " Le périmètre délimité des abords prévu au premier alinéa du II de l'article L. 621-30 est créé par décision de l'autorité administrative, sur proposition de l'architecte des Bâtiments de France ou de l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale, après enquête publique, consultation du propriétaire ou de l'affectataire domanial du monument historique et, le cas échéant, de la ou des communes concernées. Lorsque la proposition émane de l'architecte des Bâtiments de France, elle est soumise à l'accord de l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale. Lorsque la proposition émane de ladite autorité, elle est soumise à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France./ A défaut d'accord de l'architecte des Bâtiments de France ou de l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale, prévu au premier alinéa, la décision est prise soit par l'autorité administrative, après avis de la commission régionale du patrimoine et de l'architecture, lorsque le périmètre ne dépasse pas la distance de cinq cents mètres à partir d'un monument historique, soit par décret en Conseil d'Etat, après avis de la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture, lorsque le périmètre dépasse la distance de cinq cents mètres à partir d'un monument historique. / Lorsque le projet de périmètre délimité des abords est instruit concomitamment à l'élaboration, à la révision ou à la modification du plan local d'urbanisme, du document d'urbanisme en tenant lieu ou de la carte communale, l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale diligente une enquête publique unique portant à la fois sur le projet de document d'urbanisme et sur le projet de périmètre délimité des abords. / Les enquêtes publiques conduites pour l'application du présent article sont réalisées dans les formes prévues au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement. / Le périmètre délimité des abords peut être modifié dans les mêmes conditions ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 du présent code ".
11.D'autre part, aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ".
12.Il résulte de ces dispositions que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause. Lorsqu'une demande d'autorisation est présentée en vue d'édifier une construction sur un terrain situé à moins de cinq cent mètres d'un bâtiment inscrit au titre des monuments historiques, elle doit être soumise à l'avis de l'administration chargée de la protection des monuments historiques aux fins, notamment, de déterminer si la construction se trouve ou non dans le champ de visibilité de ce monument.
13.Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment du seul plan produit par la commune en défense, dont il n'est d'ailleurs pas établi qu'il aurait été publié en annexe au plan local d'urbanisme de la commune, qu'un périmètre de protection du château de Noirmoutier-en-l'île aurait été établi, après accord de l'architecte des Bâtiments de France, dans les conditions prévues par les articles L. 621-30 et L. 621-31 du code du patrimoine. Dans ces conditions, dès lors que le terrain d'assiette du projet est situé à moins de cinq cent mètres du château de Noirmoutier, qui est inscrit au titre des monuments historiques, la déclaration préalable de travaux devait être soumise à l'architecte des Bâtiments de France aux fins, notamment, de déterminer si la construction se trouve ou non dans le champ de visibilité de ces monuments. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, en méconnaissance de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme, faute d'avis préalable de l'architecte des Bâtiments de France.
14.En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
15.Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par les dispositions mentionnées ci-dessus.
16.D'autre part, aux termes de l'article UC 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme applicable au terrain d'assiette du projet : " Les surélévations, les modifications et les extensions éventuelles devront être réalisés en harmonie avec la composition architecturale des parties existantes ".
17.Il ressort des pièces du dossier que l'environnement urbain du projet est constitué par un habitat pavillonnaire, de maisons de plain-pied mais également comportant un étage, avec des toits en tuiles à deux pentes. En outre, au vu d'un courriel du 13 décembre 2023 de l'architecte des Bâtiments de France de Vendée qui s'est rendue sur place, s'il y a une co-visibilité entre le clocher de l'église Saint-Philbert, dont seule la crypte est protégée au titre des monuments historiques, et la construction en cause, il n'y a pas de co-visibilité entre cette dernière et le château de Noirmoutier. Au regard de la notice et des plans joints au dossier de déclaration préalable, le projet de surélévation faisant l'objet de la décision attaquée est de style balnéaire traditionnel compte tenu tant de ses couleurs, que des matériaux utilisés, avec un toit en tuiles à deux pentes. Dans ces conditions, le projet s'insère de façon harmonieuse dans son environnement. Si le requérant fait valoir que le projet créera des vues sur les propriétés voisines, cet élément est sans incidence sur l'insertion du projet dans son environnement au sens des dispositions précitées aux points 14 et 16. Dans ces conditions, en prenant la décision de non-opposition attaquée, le maire de Noirmoutier-en-l'île n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de justice administrative. Il n'a pas non plus méconnu l'article UC 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
18.Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. "
19.Il résulte de l'instruction que le vice précédemment relevé au point 12 du présent jugement tiré l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France préalablement à l'édiction de la décision attaquée est susceptible d'être régularisé. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées afin de permettre une éventuelle régularisation de cette incompétence par une décision modificative qui devra être communiquée au tribunal dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête présentée par M. C.
Article 2 : M. et Mme B et la commune de Noirmoutier-en-l'île devront justifier, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de la régularisation, par une décision modificative, du vice tiré de l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France.
Article 3 : Tous moyens et conclusions des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Noirmoutier-en -l'île et à M. et Mme B.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINE La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2010040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026