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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2010229

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2010229

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2010229
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 octobre 2020, M. D C, représenté par Me Rodrigues Devesas demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et en tout état de cause de le mettre en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans cette attente ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de

1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou à lui-même en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- elle méconnaît l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet de la Loire-Atlantique.

Par un courrier du 17 février 2023, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée en ce qu'elle refuse la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un titre de séjour ayant été délivré au requérant sur ce fondement.

Par un courrier du 23 février 2023, le requérant a fait valoir ses observations sur le courrier du 17 février 2023.

M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 octobre 2020.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant guinéen né en 2001, dont la tutelle a été confiée par une ordonnance du 16 mai 2018 du juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Nantes à l'aide sociale à l'enfance du conseil départemental de la Loire-Atlantique, a sollicité du préfet de la Loire Atlantique, par un courrier réceptionné le 18 septembre 2019 , la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° ou de l'article L. 3131-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de refus que le requérant demande au tribunal d'annuler.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique a, postérieurement à l'introduction de la requête, délivré à M. C un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de cette requête, en tant qu'elles portent sur le refus de délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement, sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui déclare être entré en France dans le courant du mois de février 2018, et dont la présence dans ce pays est ainsi très récente à la date de la décision attaquée, est dépourvu d'attaches familiales en France. S'il fait valoir le suivi d'un certificat de qualification professionnelle, sans toutefois justifier de l'obtention de ce certificat, et d'une expérience professionnelle de commis de cuisine dans le cadre d'un contrat de professionnalisation, susceptible d'être poursuivie dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée, ces efforts d'intégration professionnelle ne suffisent pas à caractériser des liens personnels intenses, anciens et stables au sens et pour l'application des dispositions précitées. M. C, qui évoque dans sa requête le décès de son père et " une situation familiale complexe ", n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, pays où il a résidé jusqu'à ses dix-sept ans. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision implicite attaquée en tant qu'elle refuse la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les conclusions à fin d'injonction y afférentes, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas pour l'essentiel la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'injonction y afférentes de la requête.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Rodrigues Devesas.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

La rapporteure,

C. B

Le président,

A. A DE BALEINE La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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