mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DENIS - MESCHIN - LE TAILLANTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 octobre 2020, le 18 octobre 2021 et le 13 décembre 2021, la SARL Réthoré associés architecteurs, représentée par Me Meschin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Etienne-de-Montluc a refusé à la société Réthoré associés architecteurs l'autorisation de procéder aux changements des ouvertures d'une maison située au lieu-dit La Haie Maheas à Saint-Etienne-de-Montluc ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Etienne-de-Montluc d'instruire de nouveau la déclaration préalable de travaux présentée par la société Réthoré associés architecteurs, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne-de-Montluc la somme de 2 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et méconnaît l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- les travaux envisagés ne portent pas atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 novembre 2020 et le 30 novembre 2021, la commune de Saint-Etienne-de-Montluc, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Meschin, avocat de la SARL Réthoré associés architecteurs,
- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocate de la commune de Saint-Etienne-de-Montluc.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Réthoré associés architecteurs a déposé le 3 août 2020 une déclaration préalable de travaux à l'effet de changer les menuiseries extérieures et de créer une fenêtre de toit dans une maison d'habitation située au lieu-dit La Haie Mahéas à Saint-Etienne-de-Montluc. Par un arrêté du 27 août 2020, dont la société requérante demande l'annulation, le maire de Saint-Etienne-de-Montluc s'est opposé à cette déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L 424-3 du code de l'urbanisme applicable au litige : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ".
3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté du 27 août 2020 que le maire de Saint-Etienne-de-Montluc, après avoir visé le code de l'urbanisme et les dispositions du plan local d'urbanisme applicables à la zone N, a relevé que l'objet de la déclaration consistait à changer les menuiseries extérieures et à créer une fenêtre de toit sur un bâtiment identifié comme présentant un intérêt patrimonial et architectural par le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de la Loire-Atlantique et annexé au plan local d'urbanisme intercommunal au titre de l'article L 151-19 du code de l'urbanisme, que cette demande ne respectait pas le caractère et l'intérêt des lieux avoisinants et n'était pas conforme au plan local d'urbanisme intercommunal. Ainsi, l'arrêté en litige qui énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles le maire de Saint-Etienne-de-Montluc s'est fondé, est suffisamment motivé.
4. En second lieu, aux termes de l'article N 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Saint-Etienne-de-Montluc, relatif à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère : " Les constructions et installations doivent, par leur situation, leurs dimensions et leur aspect extérieur respecter le caractère et l'intérêt des lieux avoisinants, des sites, des paysages naturels et urbains locaux. ".
5. Les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qui visent des projets qui portent une atteinte visible à leur environnement naturel ou urbain, peuvent s'appliquer à des travaux qui affectent l'aspect du bâtiment lui-même sur lequel ils sont exécutés, notamment lorsque, ce bâtiment contribuant au caractère monumental d'une perspective, il est porté atteinte à celle-ci.
6. Les dispositions de l'article N 2.2 précitées ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport à ces dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal que doit être appréciée la légalité de la déclaration préalable attaquée.
7. Il ressort des pièces du dossier que les travaux objets de la déclaration préalable portent sur la création d'une fenêtre de toit et la modification des menuiseries extérieures dans la façade d'un bâtiment faisant partie du domaine de la Haie Mahéas, ensemble immobilier très vaste composé de plusieurs bâtiments édifiés sur une même unité foncière à Saint-Etienne-de-Montluc, identifié dans l'annexe 1.3.2 du plan local d'urbanisme intercommunal comme présentant un intérêt patrimonial et architectural au titre de l'article L.151-19 du code de l'urbanisme. Cette annexe du plan local d'urbanisme intercommunal vise notamment à préserver les caractéristiques originelles des édifices sélectionnés. Les travaux projetés modifieraient les caractéristiques originelles de l'immeuble en litige, qui ne possède actuellement aucune fenêtre de toit, et affecteraient l'aspect extérieur du bâtiment, alors que ce bâtiment est situé au sein d'un ensemble monumental. Si la société requérante soutient que les dimensions et l'implantation de cette fenêtre de toit sont conformes aux préconisations de la charte de recommandations architecturales et paysagères de la communauté de communes Estuaire et Sillon, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, qui se fonde sur les dispositions du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme intercommunal susmentionnées. Par ailleurs, la circonstance qu'un bâtiment voisin du bâtiment faisant l'objet des travaux en litige possède des fenêtres de toit est également sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Il en résulte que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le maire de Saint-Etienne-de-Montluc aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article N 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de la commune.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Réthoré associés architecteurs n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 27 août 2020 par lequel le maire de Saint-Etienne-de-Montluc s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée le 3 août 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SARL Réthoré associés architecteurs au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Saint-Etienne-de-Montluc qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Réthoré associés architecteurs est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Etienne-de-Montluc au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Réthoré associés architecteurs et à la commune de Saint-Etienne-de-Montluc.
Délibéré après l'audience du 13 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026