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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2010715

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2010715

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2010715
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantSELARL ADDEN GRAND OUEST

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 octobre 2020, M. A C et M. B C, représentés par Me Davy, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 28 janvier 2020 par laquelle le conseil municipal de Sainte-Pazanne a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé contre cette délibération ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Pazanne le versement d'une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la délibération attaquée est illégale à raison de la méconnaissance des modalités de la concertation arrêtées par la délibération du 20 septembre 2016 dès lors que la composition des " commissions élargies " prévues dans le cadre de cette concertation n'était qu'approximativement définie, que deux instances spéciales complémentaires, la " commission en charge de la révision du PLU " et le bureau d'études ont été chargés d'examiner toutes les remarques et observations formulées dans le cadre de la concertation alors qu'elles n'étaient pas prévues dans la délibération du 20 septembre 2016, pas davantage que les " commissions urbanisme " qui ont validé les modifications au projet de plan local d'urbanisme ;

- la délibération attaquée est entachée d'incompétence négative dès lors que, alors que l'approbation du plan local d'urbanisme relève de la seule compétence du conseil municipal en application de l'article L. 153-21 2° du code de l'urbanisme, c'est une " commission urbanisme " qui a " validé " les modifications au projet de plan local d'urbanisme ;

- la délibération attaquée est illégale à raison de l'irrégularité de l'enquête publique dès lors que l'adresse URL du site où était consultable en ligne le dossier publique indiquée dans l'avis d'enquête publique publié dans le journal Ouest-France était erronée et que n'étaient pas accessibles en ligne plusieurs pièces importantes telles que les avis de la chambre d'agriculture et du PETR, le projet d'aménagement et de développement durable, le règlement écrit, la pièce relative aux risques naturels, l'inventaire des zones humides et la pièce correspondant aux bois et forêts du code forestier ;

- les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme présentent un caractère trop prescriptif, s'agissant des règles de gestion des déchets et en fixant des règles qui relèvent du règlement ;

- la délibération attaquée est illégale à raison de l'illégalité des seuils fixés en matière de réalisation de logements sociaux, au vu de l'objectif d'absence de discrimination posé à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dès lors que l'objectif de réalisation de ces logements est fixé soit sous forme de nombre, soit sous forme de pourcentage, que des terrains de taille similaire ne sont pas soumis aux mêmes seuils et que seules les parties du territoire communal incluses dans les OAP sont soumises à une obligation de réalisation de logements sociaux ;

- le classement de la parcelle cadastrée section AB n°193 en zone 1AUa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il entre en contradiction avec l'objectif de favoriser l'urbanisation du secteur des Ecaries-Pognères, que la parcelle était classée en zone Uba sous l'empire du précédent document d'urbanisme et que les équipements existants présentent une capacité de desserte suffisante.

Par un mémoire enregistré le 4 janvier 2021, la commune de Sainte-Pazanne, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin,

- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,

- les observations de Me Davy, représentant MM. C, et celles de Me Couëtoux du Tertre, substituant Me Marchand, représentant la commune de Sainte-Pazanne.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 20 septembre 2016, le conseil communal de Sainte-Pazanne a prescrit la révision du plan local d'urbanisme de la commune. Par une délibération du 18 juin 2019, le conseil municipal a arrêté le projet de plan local d'urbanisme, qui a fait l'objet d'une enquête publique du 14 octobre au 16 novembre 2019. Par une délibération du 28 janvier 2020, la commune de Sainte-Pazanne a approuvé le plan local d'urbanisme. Le 24 mars 2020, les consorts C, propriétaires de plusieurs parcelles situées sur le territoire de la commune, ont formé contre cette délibération un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. Les consorts C demandent au tribunal d'annuler la délibération du 28 janvier 2020 ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 600-11 du code de l'urbanisme : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées. Les autorisations d'occuper ou d'utiliser le sol ne sont pas illégales du seul fait des vices susceptibles d'entacher cette délibération ou les modalités de son exécution. ".

3. S'il résulte de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme que la légalité d'une délibération approuvant un plan local d'urbanisme ne saurait être contestée au regard des modalités de la procédure de concertation qui l'a précédée dès lors que celles-ci ont respecté les modalités définies par la délibération prescrivant l'élaboration de ce document d'urbanisme, il ne s'en déduit pas en revanche que l'organisation d'autres formes de concertation en sus des modalités définies par cette dernière délibération aurait, par elle-même, pour effet d'entacher d'illégalité la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Lorsqu'une telle concertation supplémentaire est organisée, le juge doit rechercher si, eu égard aux conditions dans lesquelles elle s'est déroulée, cette consultation supplémentaire a eu pour effet d'entacher d'irrégularité la procédure de concertation prescrite par l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme.

4. Par une délibération du 20 septembre 2016, le conseil municipal de Sainte-Pazanne a arrêté les modalités de la concertation, parmi lesquelles figurait la mise en place de " commissions élargies ", composées d'élus municipaux et de représentants de la société civile, chargées de travaux sur les différents objectifs de la révision au plan local d'urbanisme. La circonstance que la composition précise de ces commissions ne figurait pas dans la délibération mentionnée ne caractérise pas une méconnaissance des modalités de concertation. Si les requérants soutiennent, en citant des passages de la délibération du 18 juin 2019 tirant le bilan de la concertation que des " instances spéciales complémentaires " sont intervenues dans le cadre de celles-ci, l'une des " instances " citées par eux correspond aux commissions élargies susmentionnées, et l'autre est le bureau d'études engagé par la commune pour l'assister dans l'élaboration du document d'urbanisme, les conseillers municipaux ayant en outre précisé dans la délibération du 20 septembre 2016 que " la municipalité se réserv[ait] la possibilité d'ajouter toute autre forme de concertation si cela s'avérait nécessaire ". En outre, les " commissions urbanisme " évoquées dans la délibération attaquée d'approbation du plan local d'urbanisme ne sont, en tout état de cause, pas intervenues dans le cadre de la concertation mais au terme de l'enquête publique. Enfin, les requérants ne contestent pas que les modalités de la concertation arrêtées par la délibération du 20 septembre 2016 telles que la parution d'articles dans le bulletin municipal, la tenue de réunions publiques, d'une exposition publique et d'une permanence hebdomadaire de l'adjoint au maire chargé de l'urbanisme ou la mise en place d'un registre n'ont pas été respectées. Il suit de là que le moyen tiré du non-respect des modalités de la concertation doit être écarté.

5. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / () 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8. ".

6. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la délibération attaquée dont c'est précisément l'objet, que le plan local d'urbanisme de Sainte-Pazanne a été approuvé par les conseillers municipaux de la commune à l'occasion de la réunion du conseil municipal du 8 janvier 2020. La circonstance qu'une " commission urbanisme " ait été mise en place par le conseil municipal afin de préparer les réponses aux avis des personnes publiques associées et aux observations du public figurant dans le rapport d'enquête public, au nom de la commune, ainsi que les modifications apportées au projet de plan après cette enquête n'est pas de nature à entacher la délibération attaquée d'incompétence négative dès lors que ce sont les conseillers municipaux qui, par leur vote, ont approuvé ces modifications au projet de plan local d'urbanisme, modifications dont ils ont été suffisamment informés avant le vote de la délibération en litige, comme il ressort de la note de synthèse adressée aux membres de conseil municipal. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence négative entachant la délibération attaquée doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale () ". Selon l'article L. 123-10 du code de l'environnement : " I. - Quinze jours au moins avant l'ouverture de l'enquête et durant celle-ci, l'autorité compétente pour ouvrir et organiser l'enquête informe le public. L'information du public est assurée par voie dématérialisée et par voie d'affichage sur le ou les lieux concernés par l'enquête, ainsi que, selon l'importance et la nature du projet, plan ou programme, par voie de publication locale. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 123-11 dudit code : " I. - Un avis portant les indications mentionnées à l'article R. 123-9 à la connaissance du public est publié en caractères apparents quinze jours au moins avant le début de l'enquête et rappelé dans les huit premiers jours de celle-ci dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le ou les départements concernés. () ".

8. S'il appartient à l'autorité administrative de procéder à l'ouverture de l'enquête publique et à la publicité de celle-ci dans les conditions fixées par les dispositions du code de l'environnement, la méconnaissance de ces dispositions n'est toutefois de nature à vicier la procédure et donc à entraîner l'illégalité de la décision prise à l'issue de l'enquête publique que si elle n'a pas permis une bonne information de l'ensemble des personnes intéressées par l'opération ou si elle a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative.

9. Il ressort des pièces du dossier que l'avis d'enquête publique publié le 27 septembre 2019 dans le journal Ouest-France indiquait que le dossier d'enquête publique était consultable en ligne à l'adresse " http://www.sainte.pazanne.fr/plan-local-durbanisme/ ". Les requérants produisent un procès-verbal de constat dans lequel un huissier mandaté par leurs soins a, le 24 octobre 2019, soit durant l'enquête publique, consigné les pièces du dossier d'enquête publique auxquelles il a pu accéder en ligne. Il ressort de ce procès-verbal que l'huissier, après avoir " démarré la navigation ", est " arrivé à la page : http : //www.sainte-pazanne.fr/revision-du-plu-enquete-publique/ ", où il a consulté lesdites pièces, de sorte que les requérants en concluent que l'adresse URL indiquée dans le journal local était erronée. Toutefois, le procès-verbal ne fait pas état d'une vaine recherche de l'adresse " http://www.sainte.pazanne.fr/plan-local-durbanisme/ ". En outre, il ressort du procès-verbal que sous cette adresse " http : //www.sainte-pazanne.fr/revision-du-plu-enquete-publique/ " ne se trouvent que certains documents du dossier d'enquête publique et pas, notamment, les documents relatifs à la révision du plan antérieurs à l'enquête, susceptibles de se trouver sous l'adresse généraliste " http://www.sainte.pazanne.fr/plan-local-durbanisme/ ", de sorte que cette adresse alternative n'est pas de nature à établir que l'adresse mentionnée dans un des avis publiés dans la presse locale était erronée.

10. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, dans la mesure où il n'est pas établi que le dossier d'enquête publique se trouvait sous l'adresse " http : //www.sainte-pazanne.fr/revision-du-plu-enquete-publique/ ", la consultation de cette adresse restituée dans le procès-verbal susmentionné, qui ne fait pas état de la présence de plusieurs documents qui devraient se trouver dans le dossier d'enquête, tels que le PADD ou le règlement, ne permet pas d'établir que le dossier d'enquête publique mis en ligne à disposition du public était incomplet.

11. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la chambre d'agriculture et le pôle d'équilibre territorial et rural du Pays de Retz, auxquels le projet de plan local d'urbanisme a été transmis le 11 juillet 2019, ont émis sur le projet de plan local d'urbanisme des avis exprès qui sont parvenus à la commune après le début de l'enquête mais qui ont été versés au dossier d'enquête après leur réception, comme il ressort du rapport du commissaire enquêteur qui a interrogé la commune sur cette tardiveté. Les deux avis étant favorables, sous deux réserves figurant dans l'avis de la chambre d'agriculture, et étant au demeurant réputés favorables sur le fondement de l'article R. 153-4 du code de l'urbanisme dès lors qu'ils ont été formulés au-delà du délai de trois mois à compter de leur saisine, il n'est pas établi que la tardiveté de l'intégration de ces deux avis au dossier d'enquête publique a été de nature à exercer une influence sur les résultats de l'enquête et, par suite, sur la décision de l'autorité administrative. Le moyen tiré de l'irrégularité de l'enquête publique doit ainsi être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. / (). ". L'article L. 151-7 du même code dispose que : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; / 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; / 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; / 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36. (). ".

13. Les requérants soutiennent que certaines orientations d'aménagement et de programmation (OAP) du plan local d'urbanisme sont sur certains points trop prescriptives car elles encadrent des points qui ne relèvent que du règlement de ce plan. Toutefois, certaines des dispositions d'OAP citées par les requérants ne sont que des reprises du règlement. Il en est ainsi des caractéristiques d'une voie en impasse, qui figurent au point 4 du 5.1.2 des " règles générales applicables sur la commune ", de la largeur des cheminements doux, encadrée au 5.1.3 de ces mêmes règles ainsi que la hauteur des constructions, qui figure aux " règles relatives aux différentes zones en fonction de leur affectation principale et du type d'occupation des sols. ". Si certaines OAP, notamment les OAP 7 et 11, fixent des règles d'implantation par rapport aux limites séparatives qui ne figurent pas dans le règlement, il ressort des pièces du dossier que celui-ci renvoie précisément en son point 4.2, dans les zones Ua, Ub, Uc et 1AUa concernées par des OAP, sur ce point de l'implantation par rapport aux limites séparatives, aux différentes OAP. Enfin, l'encadrement par certaines OAP de l'organisation et du nombre d'accès pouvant être aménagés sur les voies, relève du 5° de l'article L. 151-7 précité. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les OAP du plan local d'urbanisme comportent des dispositions qui ne sont pas au nombre de celles qui peuvent être définies au titre des dispositions des articles L. 151-6 et L. 151-7 du code de l'urbanisme.

14. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / () 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; (). ". Le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par les documents d'urbanisme et les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code l'urbanisme.

15. La circonstance que seules les parties du territoire communal concernées par les OAP sont concernées par des objectifs de réalisation de logements sociaux, compte tenu de l'objet de ces orientations, qui est notamment d'aménager des opérations d'habitat, et du vaste périmètre cumulé de ces orientations, ne caractérise pas une méconnaissance du principe de non-discrimination posé par ces dispositions, lequel s'applique aux différents types de besoins, pas davantage la circonstance que l'objectif de construction de logements sociaux soit fixé, en fonction des OAP, sous forme de pourcentage ou sous forme d'unités, cette seconde possibilité, plus limitée, concernant des orientations au périmètre plus réduit et à l'objectif de logements projetés plus faible. Les requérants ne soutiennent d'ailleurs pas que les objectifs de réalisation de logements sociaux seraient, compte tenu de cette territorialisation sur les seules OAP et de ces pourcentages et nombres absolus, insuffisants pour satisfaire les besoins mentionnés à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, ou outrepasseraient au contraire ceux-ci. Si les requérants soutiennent que des terrains de taille similaire ne sont pas soumis aux mêmes seuils de réalisation de logements sociaux, cette circonstance, à la supposer avérée, n'est pas là encore de nature à caractériser une " discrimination ", au sens et pour l'application des dispositions précitées. Enfin, ces différentes circonstances, qui sont critiquées par les requérants, n'entachent pas la délibération attaquée d'une " erreur manifeste d'appréciation ".

16. Aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ". L'article R. 151-20 du même code dispose que : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ". Aux termes de l'article R. 151-20 de ce code : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation./ Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone.".

17. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. La légalité des dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables. L'appréciation des auteurs du plan sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.

18. Le document d'orientations et d'objectifs du Scot du Pays de Retz prévoit : " 1.2. Gérer l'espace de façon économe : / Des objectifs de consommation d'espace, de densité, formes urbaines, des secteurs prioritaires de développement pour un développement urbain maîtrisé. / () Le Scot retient comme objectif de réduire d'au moins 43 hectares la consommation moyenne annuelle d'espaces par l'urbanisation par rapport à la décennie précédente (1999-2009), passant ainsi de 160 à 120 hectares par an. Pour ce faire, il conviendra : / - de réduire l'urbanisation d'au moins 30% pour les secteurs d'habitat résidentiel et mixtes (en passant de 132 à 92 ha/an maximum à l'échelle du Scot), / de rechercher l'optimisation des espaces spécialisés d'activités économiques (optimisation dans l'aménagement de nouvelles zones et renouvellement urbain des zones d'activités existantes), en vue d'une diminution de la consommation d'espace de 10%, hors zones interterritoriales stratégiques (en passant de 31 à 28 ha / an), sous réserve d'améliorer le ratio emplois/actifs ".

19. Le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du plan local d'urbanisme prévoit en son premier axe de " soutenir la vitalité du territoire par un développement maîtrisé de l'habitat en lien avec les cœurs de vie ", cet axe reposant sur l'enjeu d'adapter et non subir la dynamique démographique et urbaine pour soutenir la vitalité communale, en premier lieu celle de l'agglomération ainsi que sur l'enjeu de poursuivre le renforcement du bourg pour soutenir sa vitalité, sans occulter le reste du territoire. Cette " maîtrise " du développement urbain passe par un " échelonne[ment] dans le temps [de] cette croissance démographique et urbaine " afin de l'adapter à un équilibre de fonctionnement des équipements d'intérêt collectif et maîtriser les coûts de développement, de préserver la cohésion sociale de la commune et d'atténuer les impacts du développement urbain sur l'agriculture, les paysages et l'environnement. Le principe d'" extensions maîtrisées de l'agglomération " est posé au sein de cet axe et passe par la définition d'une stratégie d'extensions urbaines poursuivant le rééquilibrage du développement urbain du bourg, par la faveur donnée aux extensions urbaines permettant de soutenir la cohésion urbaine et la vitalité et par la définition d'extensions urbaines contenues.

20. Le rapport de présentation, dans sa partie consacrée à la justification des choix, fait état d'une extension urbaine principale sur un secteur allant des Ecaries jusqu'à la Bazonnière, dans la continuité du rééquilibrage urbain nord-sud, laquelle, conformément à l'axe précité du PADD, est échelonnée dans le temps, et passe par des études préalables à la création d'une zone d'aménagement concerté sur ce secteur classé en zone 1AUa et 2AUa, et qui se trouve dans le périmètre de l'OAP n°11, l'ouverture à l'urbanisation des différentes tranches de l'opération devant être réalisée en fonction de la production effective de logements réalisée par ailleurs et des projets en cours, de telle manière que soit privilégiée l'urbanisation de terrains par renouvellement urbain et que soit si possible reporté dans le temps le prélèvement d'espace par extension urbaine prévue sur ce secteur.

21. La parcelle cadastrée section AB n°193 appartenant aux requérants, qui se trouve dans le périmètre de l'OAP n°11, est classée en zone 1AUa. Cette vaste parcelle, non bâtie, se trouve à proximité d'un secteur bâti classé en zone Ub, et s'ouvre à l'est au nord sur un vaste espace non-bâti, également classé en zone 1AUa, et plus au nord, en zone 2AUa, avec lequel elle forme le périmètre de l'OAP n°11. Ce classement est tant compatible avec le Scot que cohérent avec le PADD, en tant qu'il prévoit, conformément au principe d'" extension maîtrisée de l'agglomération ", l'ouverture à l'urbanisation d'une parcelle située, non dans le bourg prioritaire pour le développement de l'habitat mais dans une zone située en extension de celui-ci. La circonstance que les équipements existants présentent une capacité de desserte suffisante est sans incidence sur la légalité du classement dès lors que celui-ci ne subordonne pas l'ouverture à l'urbanisation de la parcelle à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, la circonstance que ces parcelles aient été classées sous l'empire du précédent document d'urbanisme en zone Ub est sans incidence sur la légalité du classement contesté, dès lors que les auteurs d'un plan local d'urbanisme ne sont pas tenus par un précédent classement. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le classement de la parcelle cadastrée section AB n°193 en zone 1 AUa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les consorts C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 28 janvier 2020 approuvant la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Pazanne.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Sainte-Pazanne, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme sur ce fondement. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions que la commune présente également à ce titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête des consorts C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainte-Pazanne présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de l'urbanisme sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à M. B C et à la commune de Sainte-Pazanne.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le11 octobre 2024.

La rapporteure,

C. MILINLa présidente,

V. GOURMELON

La greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2010715

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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