jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010718 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 août 2020 du ministre de l'intérieur rejetant sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il souffre d'une pathologie psychiatrique qui explique les réponses parfois décalées qu'il a pu fournir au cours de l'entretien du 27 novembre 2019, qu'il s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé, et que son handicap entraîne des difficultés pour accéder à l'emploi ou rester dans l'emploi ; il vit toujours chez ses parents avec sa sœur et son frère, et aura toujours besoin de leur soutien dès lors qu'occuper un emploi s'avère pour lui impossible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le premier motif ayant fondé sa décision est infondé ; toutefois il aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur le second motif de celle-ci, lequel n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les autres circonstances invoquées par M. A sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
Par ordonnance du 13 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes du 15 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Hannoyer, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant pakistanais né le 12 février 2000, demande au tribunal d'annuler la décision du 27 août 2020 du ministre de l'intérieur rejetant sa demande de naturalisation.
2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 précité : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". L'autorité administrative dispose, en matière de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, d'un large pouvoir d'appréciation. Elle peut, dans l'exercice de ce pouvoir, prendre en considération notamment, pour apprécier l'intérêt que présenterait l'octroi de la nationalité française, l'intégration de l'intéressé dans la société française, son insertion sociale et professionnelle et le fait qu'il dispose de ressources lui permettant de subvenir durablement à ses besoins en France. Pour rejeter une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, l'autorité administrative ne peut se fonder ni sur l'existence d'une maladie ou d'un handicap ni, par suite, sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé lorsqu'elle résulte directement d'une maladie ou d'un handicap.
3. Pour rejeter la demande de naturalisation présentée par M. A, le ministre s'est fondé, d'une part, sur le motif tiré de ce que les réponses qu'il a apportées lors de son entretien mené en préfecture en vue d'évaluer son niveau de connaissance de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, des droits et devoirs conférés par la nationalité française et de son adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République, témoignent d'une connaissance insuffisante des éléments fondamentaux relatifs aux règles de vie en société, aux principes et symboles de la République, et d'autre part, sur le motif tiré de ce que l'insertion professionnelle de l'intéressé ne pouvait être considérée comme pleinement réalisée en l'absence de ressources suffisantes et stables.
4. M. A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il souffre d'une pathologie psychiatrique qui explique les réponses parfois décalées qu'il a pu fournir au cours de l'entretien du 27 novembre 2019, qu'il s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé, que son handicap entraîne des difficultés pour accéder à l'emploi ou rester dans l'emploi et qu'il vit toujours chez ses parents avec sa sœur et son frère et aura toujours besoin de leur soutien dès lors qu'occuper un emploi s'avère pour lui impossible.
5. En premier lieu, en défense, le ministre de l'intérieur reconnaît que le premier motif ayant fondé sa décision, tiré de l'assimilation insuffisante de M. A, est erroné. Il ressort en effet des pièces du dossier, et notamment du certificat médical du 14 octobre 2020 qui bien qu'établi postérieurement à la date de la décision attaquée du 27 août 2020, fait état de circonstances de faits qui existaient déjà à cette date, que M. A présente une psychose chronique évoluant depuis de nombreuses années, laquelle perturbe par moments son état psychologique avec des réponses inadaptées ou des silences. Dans ces conditions, en se fondant, pour rejeter la demande de l'intéressé, sur le motif tiré de l'assimilation insuffisante de M. A, le ministre de l'intérieur a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En deuxième lieu, il est constant que M. A n'a perçu aucun revenu tiré d'une activité professionnelle à la date de la décision attaquée, et il ressort des pièces du dossier que si, suite à sa demande déposée le 21 janvier 2020, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Oise lui a, par décision du 26 juin 2020, reconnu la qualité de travailleur handicapé du 26 juin 2020 au 31 mai 2025, avec un taux d'incapacité supérieur ou égal à 80% lui permettant de percevoir l'allocation aux adultes handicapés, et a reconnu que sa situation de handicap entraîne des difficultés pour accéder ou rester dans l'emploi, cette commission a également mentionné que cette ouverture de droits " est compatible avec une activité professionnelle ". Il ne ressort dès lors pas des pièces du dossier que l'absence d'exercice de toute activité professionnelle par M. A résulterait directement et exclusivement de ce handicap. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le ministre de l'intérieur aurait pris la même décision de rejet de la demande de naturalisation présentée par M. A s'il s'était fondé sur ce seul motif.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 27 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. L'exécution du présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur d'accueillir la demande de naturalisation présentée par M. A, mais implique uniquement et nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de sa demande dans un délai qu'il y a lieu de fixer à six mois suivant la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 août 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté la demande de naturalisation présentée par M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au le ministre de l'intérieur et des outre-mer de statuer à nouveau sur la demande de naturalisation de M. A dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
M. Hannoyer, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le rapporteur,
R. HANNOYER La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026