jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | GRANGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 octobre 2020 et le 19 janvier 2022, Mme B A, représentée par Me Granger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2020 par laquelle la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé l'a exclue de la formation en soins infirmiers pour une durée de cinq ans, ainsi que la décision du 2 septembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 24 juin 2020 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que son dossier ne lui a pas été communiqué préalablement à la saisine de la section disciplinaire et que la convocation à la section disciplinaire n'en précise pas les motifs, en méconnaissance de l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007 ;
- la section disciplinaire était irrégulièrement composée, en l'absence d'un médecin participant à l'enseignement dans l'institut et en la présence irrégulière d'une enseignante de statut universitaire ;
- les visas de la décision du 24 juin 2020 sont erronés ;
- les décisions attaquée sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'une contradiction de motifs ;
- la décision du 24 juin 2020 est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits, d'une erreur d'appréciation sur la gravité des faits et est disproportionnée par rapport aux faits reprochés ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant au contexte sanitaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2021, l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé, représenté par Me Thomas-Tinot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beyls,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thomas-Tinot, avocate de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé.
Une note en délibéré, enregistrée le 10 juillet 2024, a été présentée pour l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, étudiante infirmière, était inscrite au titre de l'année scolaire 2019-2020 en troisième année au sein de l'institut en soins infirmiers (IFSI) du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé. Par une décision du 24 juin 2020, la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires de l'IFSI l'a exclue de la formation pour une durée de cinq ans. Mme A a formé un recours gracieux le 14 août 2020, qui a été rejeté le 2 septembre 2020. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 24 juin 2020 et la décision du 2 septembre 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 22 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux, dans sa rédaction applicable au litige : " La section compétente pour le traitement des situations disciplinaires prend des décisions relatives aux fautes disciplinaires. ". Aux termes de l'article 28 de ce même arrêté : " A l'issue des débats, la section peut décider d'une des sanctions suivantes : - avertissement, / - blâme, / - exclusion temporaire de l'étudiant de l'institut pour une durée maximale d'un an, / - exclusion de l'étudiant de la formation pour une durée maximale de cinq ans ".
3. D'autre part, aux termes de l'annexe V de ce même arrêté, qui donne une trame de règlement intérieur pour les instituts de formation en soins infirmiers : " () La section compétente pour le traitement des situations disciplinaires prend des décisions relatives aux fraudes ou tentatives de fraudes commises par un étudiant, auteur ou complice, à l'occasion de l'inscription dans l'institut, d'une épreuve de contrôle continu, d'un examen ou d'un concours. Conformément au code de la propriété intellectuelle, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle d'une œuvre de l'esprit faite sans le consentement de son auteur est illicite. Le délit de contrefaçon peut donner lieu à une sanction disciplinaire, indépendamment de la mise en œuvre de poursuites pénales. () ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, étudiante en troisième année au sein de l'IFSI du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé au titre de l'année scolaire 2019-2020, a rendu un mémoire de fin d'études reproduisant à hauteur de 71%, selon le logiciel " Copilatio ", le mémoire de fin d'étude d'une étudiante d'un autre IFSI, que la requérante a obtenu à son insu, par le biais d'une connaissance. Mme A a reconnu devant la section disciplinaire de l'IFSI avoir commis ce plagiat et ne conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés.
6. Les faits de plagiat ainsi relevés, qui constituent une contrefaçon au sens du préambule du règlement intérieur des instituts de formation paramédicaux figurant à l'annexe V de l'arrêté du 21 avril 2007 susvisé, au respect duquel Mme A était tenue, portent atteinte au bon fonctionnement de l'institut de formation. Par suite, ces faits constituent une faute pouvant justifier le prononcé d'une sanction disciplinaire.
7. Toutefois, si les faits reprochés revêtent un caractère d'une particulière gravité de nature à justifier le prononcé d'une sanction disciplinaire d'un niveau élevé, l'exclusion d'une durée de cinq ans constitue la sanction la plus grave dans l'échelle des sanctions prévue par les dispositions précitées de l'article 28 de l'arrêté du 21 avril 2007. Par ailleurs, ces faits demeurent isolés, alors que Mme A a fait preuve de repenti lors de l'entretien préalable et lors de la réunion de la section disciplinaire. Dès lors, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, la sanction d'exclusion pour une durée de cinq ans est disproportionnée et doit être annulée.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 24 juin 2020 de la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé, ainsi que la décision du 2 septembre 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement, qui annule la sanction infligée à Mme A le 24 juin 2023, implique nécessairement qu'il soit enjoint à la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé de réexaminer la situation de l'intéressée et de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 24 juin 2020 de la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé, ainsi que la décision du 2 septembre 2020 rejetant le recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la section disciplinaire de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé de réexaminer la situation de Mme A et de prendre une nouvelle décision dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé versera à Mme A la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier Châteaubriant-Nozay-Pouancé.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
M. BEYLS
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026