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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2010768

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2010768

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2010768
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBARICHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 octobre 2020, M. A B, représenté par Me Barichard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 août 2020 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Ouest du 24 avril 2020 lui refusant la délivrance d'une autorisation en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée ;

2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer l'autorisation préalable au suivi d'une formation aux métiers de la sécurité privée à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la CNAC n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- elle a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité, représenté par la société d'avocats Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delohen,

- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,

- et les observations de Me Coquillon, représentant le CNAPS.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a sollicité auprès de la CLAC Ouest une autorisation préalable afin de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée. Par une décision du 24 avril 2020, cette instance a refusé de faire droit à sa demande. Par un courrier du 23 juin 2020, l'intéressé a formé un recours préalable contre cette décision devant la CNAC du CNAPS. Par une décision du 20 août 2020, dont M. B demande l'annulation, cette commission a rejeté son recours et refusé de lui accorder l'autorisation sollicitée.

Sur la légalité de la décision attaquée :

2. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que la CNAC se serait abstenue de procéder à un examen particulier de la situation de M. B, avant de prendre la décision en litige.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure, dans sa version applicable au litige : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20 ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code, dans sa version alors applicable : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser à M. B la délivrance d'une autorisation préalable permettant l'accès à une formation en vue d'exercer la profession d'agent de sécurité privée, la CNAC s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé a été mis en cause, le 2 février 2018, en qualité d'auteur de faits de rébellion et de menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique, de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, de dégradation ou détérioration volontaire du bien d'autrui causant un dommage léger et de refus de se soumettre aux vérifications tendant à établir l'état alcoolique lors de la constatation d'un crime, d'un délit ou d'un accident de la route. M. B a été condamné, à raison de ces faits, à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 150 euros par jugement du tribunal correctionnel de Nantes du 6 mars 2019.

5. Les faits précités, qui étaient récents à la date de la décision attaquée, doivent être regardés, eu égard à leur nature, comme révélant un comportement contraire à l'honneur et à la probité qui n'est pas compatible avec l'exercice d'une activité privée de sécurité. Les circonstances, dont se prévaut l'intéressé, que ces faits présentent un caractère isolé et qu'ils ont été commis dans un contexte de prise concomitante d'alcool et de médicaments ne sont pas de nature à remettre en cause leur gravité. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la CNAC aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de lui délivrer une autorisation en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CNAPS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions au profit du CNAPS.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le CNAPS au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

Mme Martel, première conseillère,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.

Le rapporteur,

D. DELOHENLe président,

C. CANTIÉ

La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. DUMONTEIL

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