mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010769 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2020, Mme A B, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a classé sans suite sa demande de titre de séjour;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire Atlantique de reprendre l'examen de sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Rodrigues Devesas, son avocat, de la somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, laquelle s'engage à renoncer à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de cette décision n'est pas établie ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle vise l'article R. 313-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît le droit à la liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2021, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du
27 novembre 2020.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable;
-le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante nigériane née le 25 décembre 1992, déclare être entrée en France en 2018. Le 2 novembre 2018, l'intéressée a déposé une demande d'asile et a parallèlement sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Cette demande a fait l'objet d'un accord préalable le 28 mai 2020. Toutefois, par une décision du 8 juillet 2020 le préfet a décidé du classement sans suite de la demande au motif que la requérante n'était pas en mesure de justifier de son état civil. Par une ordonnance n°2011247 du 30 novembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté la requête tendant à la suspension de cette décision. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette même décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C E, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique, à laquelle le préfet a, par arrêté du 17 septembre 2019 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°74 le même jour, consenti une délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 313-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une première carte de séjour doit présenter à l'appui de sa demande, outre les pièces mentionnées à l'article
R. 311-2-2, les pièces suivantes : 1° Les documents, mentionnés à l'article R. 211-1, justifiant qu'il est entré régulièrement en France ; 2° Sauf stipulation contraire d'une convention internationale applicable en France, un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois autre que celui mentionné au 3° de l'article R. 311-3 ; 3° Un certificat médical délivré dans les conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de l'immigration sauf exemptions prévues par le présent code. La présentation du certificat médical est différée au moment de la remise du titre de séjour à l'étranger ; 4° Trois photographies de face, tête nue, de format 3,5 × 4,5 cm, récentes et parfaitement ressemblantes ; 5° Un justificatif de domicile ou d'une déclaration de domiciliation mentionnée à l'article R. 744-2. ". Aux termes de l'article R. 311-2-2 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants. Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 311-6, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation des documents mentionnés au premier alinéa. La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. ".
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que si le préfet de la Loire-Atlantique, qui n'avait pas l'obligation de viser l'intégralité des textes applicables à la situation de la requérante, a mentionné dans sa décision l'article R. 313-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais par l'article R. 311-2-2 du même code, il a néanmoins entendu nécessairement faire application des dispositions de ce dernier auquel l'article R. 313-1 renvoie et qui exigent la production par le demandeur du titre de séjour d'un document justifiant de son état civil. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de droit.
5. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger qui demande un titre de séjour doit justifier de son état civil et de sa nationalité.
6. Aux termes de l'article L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conclusions à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
7. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour,
Mme B n'a produit qu'une attestation de naissance délivrée le 28 février 2020, intitulée " Attestation of birth " rédigée en langue anglaise sur déclaration de l'intéressée devant la haute cour de justice de la commission nationale de population enregistrée au centre d'état civil de Bénin city de l'Etat d'Edo. En se bornant à produire cet acte, au demeurant non accompagné de sa traduction par un traducteur assermenté, sans présenter d'autre document comportant une photographie d'identité, telle qu'un passeport ou une carte d'identité consulaire, la requérante ne peut être regardée comme établissant sa nationalité ni comme démontrant pas qu'elle est bien la personne mentionnée dans l'acte d'état civil étranger qu'elle produit. C'est donc sans commettre de d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation ni d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Loire-Atlantique a pu, pour ce motif, classer sans suite la demande de titre de séjour présentée par Mme B.
8. En quatrième lieu, si Mme B fait valoir que la décision attaquée a pour effet de porter atteinte à sa liberté d'aller et venir. Toutefois, le classement sans suite de sa demande de titre de séjour, qui en sanctionne le caractère incomplet, n'a, par lui-même, ni pour objet ni pour effet de porter atteinte en lui-même à sa liberté d'aller et venir. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée, qui avait déposé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile, a été mise en possession d'une attestation de demande d'asile valable du 14 janvier 2021 au 13 juillet 2021 l'autorisant à se maintenir régulièrement sur le territoire national. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée porterait atteinte à sa liberté d'aller et venir.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 8 juillet 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a classé sans suite sa demande de titre de séjour et que sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2023.
Le rapporteur,
Y. D
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2010769
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026