mercredi 7 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2020, M. D A, représenté par Me François Bardoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande d'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui accorder la nationalité française, à défaut, de prendre une nouvelle décision statuant sur sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- cette décision est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2021, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. A.
Il soutient que :
- la décision attaquée est, comme le soutient le requérant, entachée d'une erreur de fait, mais celle-ci est sans incidence sur sa légalité dès lors qu'il s'est fondé sur plusieurs autres éléments de fait, qui suffisent à eux seuls ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- les circonstances, extérieures au motif de la décision attaquée, invoquées par le requérant, sont sans incidence sur la légalité de cette décision ;
- à titre subsidiaire, s'agissant des conclusions à fin d'injonction, le délai à l'issue duquel devra intervenir la nouvelle décision en cas d'annulation de celle en litige devra être fixé à au moins six mois.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 10 janvier 2024 à 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A est un ressortissant de nationalité marocaine qui est né le 31 décembre 1948. Il a présenté, auprès des services de la préfecture de police de Paris, une demande tendant à l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation. Le préfet de police de Paris a transmis au ministre de l'intérieur une proposition favorable. Toutefois, par une décision du 7 janvier 2020, cette autorité a rejeté cette demande. M. A demande au tribunal l'annulation de la décision du 7 janvier 2020.
Sur la légalité externe :
2. En vertu des dispositions de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, un sous-directeur peut signer au nom du ministre l'ensemble des actes relatifs aux affaires des services placés sous son autorité.
3. Par un arrêté du 9 août 2018, publié au Journal officiel de la République française du 18 septembre 2018, M. B E, signataire de la décision attaquée, a été de nouveau nommé sous-directeur de l'accès à la nationalité française au sein de la direction de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité, direction elle-même comprise dans la direction générale des étrangers du ministère de l'intérieur, pour une durée de deux ans à compter du 28 août 2018. M. E tenait de cette seule qualité de sous-directeur l'habilitation à signer la décision attaquée du 7 janvier 2020. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation de l'autorité signataire de cette décision ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité interne :
4. Pour rejeter la demande de naturalisation présentée par M. A, le ministre de l'intérieur a relevé qu'il n'avait pas totalement transféré en France le centre de ses intérêts compte tenu notamment de l'origine étrangère de sa pension de retraite, laquelle procède de sa carrière dans la haute fonction publique marocaine, des biens immobiliers dont il est propriétaire au Maroc et de l'exercice d'une activité de promoteur immobilier au Maroc et en Côte d'Ivoire, pays où il a séjourné à de nombreuses reprises au cours de ces dernières années.
5. Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". Ces dispositions confèrent au ministre de l'intérieur un large pouvoir d'appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à la personne qui la sollicite. Il lui appartient, lorsqu'il exerce ce pouvoir, de tenir compte de tous les éléments de la situation de cette personne, y compris de ceux qui ont été examinés pour statuer sur la recevabilité de la demande. Au nombre de ces éléments figure, comme cela résulte de l'article 21-16 du code civil, la fixation en France du centre des intérêts de l'intéressé.
6. En premier lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit, c'est sans commettre d'erreur de droit que le ministre de l'intérieur a opposé à M. A des faits qui sont au nombre de ceux susceptibles d'être invoqués pour déclarer, sur le fondement de l'article 21-16 du code civil, irrecevable une demande de naturalisation.
7. En deuxième lieu, l'accès à la nationalité française ne constitue pas un droit pour la personne qui la sollicite. Par suite, la décision contestée ne saurait constituer une discrimination dans l'accès à un droit fondamental, ni caractériser une méconnaissance du principe d'égalité. Le moyen tiré de la méconnaissance du principe de non-discrimination, protégé par les stipulations combinées des article 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut, dès lors, qu'être écarté.
8. En dernier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'il a indiqué dans sa demande de naturalisation, M. A a cessé, au cours de l'année 2005, son activité de promoteur immobilier exercée au Maroc puis, au cours de l'année 2015, la même activité qu'il déployait en Côte d'Ivoire, les autres faits mentionnés dans la décision attaquée et leur qualification en données permettant de considérer que le centre de ses intérêts n'était pas fixé en France ne sont pas contestées. Dès lors, si le ministre de l'intérieur ne pouvait, pour opposer ce motif, se fonder sur l'exercice, par M. A, d'une double activité de promoteur immobilier au Maroc et en Côte d'Ivoire, les autres éléments qu'il a retenus tenant à l'origine étrangère de ses ressources, à la propriété de biens immobiliers situés à l'étranger et au maintien, en dépit de la cessation de ses activités de promoteur immobilier, de séjours réguliers au Maroc et en Côte d'Ivoire, permettaient, à eux seuls, de considérer que le requérant n'avait pas fixé en France le centre de ses intérêts. En conséquence, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision, opposée par le ministre de l'intérieur le 8 janvier 2020, rejetant sa demande de naturalisation. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint de lui accorder la nationalité française doivent, en tout état de cause, être rejetées. Il en va de même des conclusions à fin d'injonction de procéder à un nouvel examen de sa demande de naturalisation. Doivent enfin être rejetées les conclusions qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A ainsi qu'au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.
Le rapporteur,
D. C
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026