mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2010828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOUBOUTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 octobre 2020, le 7 juillet 2022 et le 22 décembre 2022, M. C D et Mme E D, représentés par Me Bouboutou, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 août 2020 par laquelle la maire de Saint-Jean-de-Monts a rejeté leur demande tendant à l'abrogation de la délibération du 27 décembre 2011 du conseil municipal de la commune approuvant le plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'il classe la parcelle cadastrée CI n°9 en zone Ne ;
2°) d'enjoindre à la maire de Saint-Jean-de-Monts d'abroger cette délibération en tant qu'elle prévoit ce classement et d'inscrire à l'ordre du jour du conseil municipal dans un délai maximum de six mois à compter du jugement à intervenir une modification du zonage incluant cette parcelle ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Monts une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement de la parcelle en cause en zone Ne méconnaît l'article L. 146-4 du code de l'urbanisme, dès lors qu'elle ne peut être qualifiée d'espace proche du rivage ;
- ce classement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-il méconnaît le principe d'égalité.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 août 2021 et le 17 novembre 2022, la maire de la commune de Saint-Jean-de-Monts, représentée par Me Viaud, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Bouboutou, avocat de M. et Mme D,
- et les observations de Me Noury, substituant Me Viaud, avocat de la commune de Saint-Jean-de-Monts.
Une note en délibéré, produite par M. et Mme D, a été enregistrée le 18 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 décembre 2011, le conseil municipal de Saint-Jean-de-Monts a approuvé le plan local d'urbanisme (PLU) de cette commune. Ce plan classe en zone Ne, défini comme un " espace naturel comprenant des constructions isolées non agricoles en milieu rural " la parcelle cadastrée section CI n° 0009 dont M. et Mme D sont propriétaires. Par une demande du 30 juin 2020, M. et Mme D ont demandé l'abrogation de ce plan local d'urbanisme en tant qu'il classe cette parcelle en zone Ne. Par la décision du 18 août 2020 dont M. et Mme D demandent au tribunal l'annulation, le maire a refusé de faire droit à leur demande.
2. L'effet utile de l'annulation pour excès de pouvoir du refus d'abroger un acte réglementaire illégal réside dans l'obligation, que le juge peut prescrire d'office en vertu des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, pour l'autorité compétente, de procéder à l'abrogation de cet acte afin que cessent les atteintes illégales que son maintien en vigueur porte à l'ordre juridique. Il s'ensuit que, dans l'hypothèse où un changement de circonstances a fait cesser l'illégalité de l'acte réglementaire litigieux à la date à laquelle il statue, le juge de l'excès de pouvoir ne saurait annuler le refus de l'abroger. A l'inverse, si, à la date à laquelle il statue, l'acte réglementaire est devenu illégal en raison d'un changement de circonstances, il appartient au juge d'annuler ce refus d'abroger pour contraindre l'autorité compétente de procéder à son abrogation. Il en résulte que lorsqu'il est saisi de conclusions aux fins d'annulation du refus d'abroger un acte réglementaire, le juge de l'excès de pouvoir est conduit à apprécier la légalité de l'acte réglementaire dont l'abrogation a été demandée au regard des règles applicables à la date de sa décision. Par suite, la légalité du classement des parcelles des requérants en secteur Ne de la zone N doit s'apprécier à la date du présent jugement.
3. En premier lieu, d'une part, en vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ". En vertu de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
4. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste, fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'un détournement de pouvoir. En particulier, le fait que les terrains soient déjà équipés ou accueillent déjà des constructions non agricoles ne fait pas en lui-même obstacle à leur classement en zone naturelle.
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du PLU de Saint-Jean-de-Monts est articulé autour de quatre orientations parmi celle de " respecter les atouts environnementaux " de la commune. Au sein de cette orientation, les auteurs du PLU prévoient que " les secteurs non construits à l'intérieur des espaces urbanisés seront privilégiés pour le développement urbain et les extensions devront avoir lieu en continuité de la zone agglomérée. Dans les espaces proches du rivage non urbanisés, les extensions doivent être limitées. Enfin, les espaces remarquables doivent être préservés ". Plus particulier, à cette fin, les auteurs du plan local d'urbanisme ont prévu un secteur Ne, " pour les hameaux non constructibles et habitations ou activités isolées y compris des campings à la ferme ", ou encore " aux constructions de tiers en zone rurale, pour lesquelles ne sont autorisées que les extensions et annexes limitées ainsi que les changements de destination "
6. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle des requérants se situe dans un espace proche du rivage et dans un espace " présumé " remarquable, identifiés par le schéma de cohérence territoriale du Nord-Ouest Vendée, et qu'il appartient aux auteurs du plan local d'urbanisme de délimiter avec précision. Il ressort également des pièces du dossier que la parcelle des requérants, située à l'arrière de la plage des Tonnelles, à 400 mètres environ du rivage, bordée à l'est comme au sud de parcelles boisées, s'insère dans un vaste espace naturel classé en secteur NI, caractérisé par la présence de terrasses de camping et d'équipements de loisirs, avec lequel elle forme un ensemble cohérent. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, leur parcelle ne se situe pas dans un espace urbanisé, quand bien même elle se situerait à proximité d'une petite zone commerciale estivale et de quelques constructions. Il ressort également des données librement accessibles que la parcelle est séparée du rivage par un vaste espace naturel, composé de dunes et de boisements, protégé en tant que zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique de type II et site Natura 2000 (directive Oiseaux), et classé par le plan local d'urbanisme comme espace remarquable au sens de l'article L. 123-23 du code de l'urbanisme. Si les requérants font valoir que, située dans un secteur accueillant déjà quelques constructions, leur parcelle est desservie par les réseaux d'eau et d'électricité et peut accueillir une construction légère, ces circonstances ne suffisent pas à remettre en cause la légalité du classement retenu. En outre, la circonstance, à la supposer même avérée, que la parcelle ne serait pas située dans un espace proche du rivage, faute d'être en situation de co-visibilité avec le rivage, ou ne serait pas incluse dans un espace remarquable identifié par le PLU, ne fait , en tout état de cause, pas obstacle à un classement en zone Ne, en application des dispositions l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme précité. Dans ces conditions, compte tenu de la configuration des lieux, de la situation de la parcelle en cause, comme du parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme, le classement en zone Ne de la parcelle cadastrée section CI n°0009, n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. En second lieu, compte tenu de ce qui précède, dès lors que le classement en zone Ne de la parcelle en cause est fondé sans erreur manifeste d'appréciation eu égard à la configuration des lieux et aux partis d'urbanisme retenus par les auteurs du plan local d'urbanisme, il ne porte pas d'atteinte illégale au principe d'égalité des citoyens devant la loi. Le moyen tiré de la méconnaissance de ce principe, notamment au regard de la situation des propriétaires du hameau du Petit Sochard, classé en zone Uc, doit, dès lors, être écarté .
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles qui sont présentées au titre de l'article L. 761-1 doivent être également rejetées. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge des requérants le versement à la commune de Saint-Jean-de-Monts d'une somme à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Jean-de-Monts présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à M. C D et à la commune de Saint-Jean-de-Monts.
Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
S. B
Le président,
A. A DE BALEINE La greffière
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026