mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2011014 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BAUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 octobre 2020 et le 25 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Kante, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 novembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 17 janvier 2020 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer une carte d'identité française, ou à défaut de réexaminer sa demande, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée procède illégalement au retrait d'une décision implicite de rejet ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'étant alors dans l'attente de la décision prise sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, elle était en situation régulière à la date de sa demande de naturalisation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 novembre 2021 et le 4 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Thomas, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 17 janvier 2020, le préfet des Hauts-de-Seine a constaté, sur le fondement des dispositions de l'article 21-17 du code civil, l'irrecevabilité de la demande de naturalisation formée par Mme B, ressortissante marocaine née en 1963. Par une décision implicite à laquelle s'est substituée une décision expresse du 19 novembre 2021, rendue sur recours préalable formé par la requérante, le ministre de l'intérieur a maintenu l'irrecevabilité de la demande. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée. La requérante ne peut utilement se prévaloir de l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration pour soutenir que le ministre ne pouvait légalement substituer à sa décision implicite de rejet sa décision explicite de rejet, dès lors que cette décision explicite qui se fonde sur les mêmes motifs, a la même portée.
3. Aux termes de l'article 21-27 du code civil : " Nul ne peut acquérir la nationalité française ou être réintégré dans cette nationalité s'il a été l'objet soit d'une condamnation pour crimes ou délits constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, soit, quelle que soit l'infraction considérée, s'il a été condamné à une peine égale ou supérieure à six mois d'emprisonnement, non assortie d'une mesure de sursis. /() / Il en est de même de celui dont le séjour en France est irrégulier au regard des lois et conventions relatives au séjour des étrangers en France () ".
4. Pour déclarer irrecevable la demande de naturalisation de la requérante, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce qu'elle ne disposait d'aucun titre de séjour.
5. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a été mise en possession d'une carte de séjour temporaire valable du 20 juin 2019 au 19 juin 2020. Toutefois, à la date de la décision attaquée, elle ne disposait d'aucun titre de séjour. Si la requérante fait valoir qu'elle aurait été en situation régulière à cette date, du fait de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour, elle ne l'établit pas par la seule production d'un document non daté, faisant uniquement état du seul dépôt d'un dossier de demande renouvellement de titre auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine, et qui ne permet pas de s'assurer de la complétude de ce dossier. La légalité d'une décision s'appréciant à la date à laquelle elle a été prise, la requérante ne se prévaut pas utilement de la régularité de son séjour en France lors du dépôt de sa demande de naturalisation. Dès lors, le ministre de l'intérieur n'a entaché sa décision ni d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en déclarant irrecevable la demande de naturalisation de Mme B pour ce motif.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer
en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier,
N°2011014
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026