mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2011231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | WTA-AVOCATS (R. WEYL- F. WEYL - F. WEYL - E. TAULET) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 novembre 2020 et 17 avril 2023, M. C B, représenté par Me Weyl, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Nantes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 5 mars 2020, ainsi que la décision par laquelle il a implicitement rejeté son recours gracieux formé le 1er septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nantes de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 5 mars 2020, avec toutes conséquences en découlant quant à la reconstitution de ses droits, dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées méconnaissent l'autorité de chose jugée s'attachant au jugement du tribunal administratif de Melun du 27 novembre 2018 reconnaissant l'imputabilité au service d'un accident d'un professeur A à l'occasion d'une formation syndicale ;
- les décisions attaquées sont attachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, l'accident étant survenu au cours d'une formation syndicale, qui n'est pas nécessairement destinée à la formation d'agents désirant exercer une activité syndicale ; un congé de formation syndicale est assimilé à une activité de service.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mai 2021, le recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-474 du 15 juin 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur en éducation physique et sportive (A) affecté au collège des îles de Loire à Saint-Sébastien-sur-Loire, a été victime, le 5 mars 2020, d'un accident de vélo tout terrain (VTT) alors qu'il suivait une formation syndicale pour laquelle il bénéficiait d'un congé accordé par le recteur de l'académie de Nantes. Le 8 mars 2020, il a sollicité de son administration que l'accident soit reconnu imputable au service. Dans sa séance du 2 juillet 2020, la commission de réforme a émis un avis en faveur de l'imputabilité au service de cet accident. Par une décision du 8 juillet 2020, le recteur de l'académie de Nantes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident en cause. M. B a, le 1er septembre 2020, formé un recours gracieux contre cette décision, lequel a été implicitement rejeté à défaut de réponse dans le délai de deux mois. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur la légalité du refus litigieux :
2. D'une part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable au litige : " () II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 7° Au congé pour formation syndicale avec traitement d'une durée maximale de douze jours ouvrables par an. / La formation ouvrant droit au bénéfice de ce congé et placée sous la responsabilité des organisations syndicales de fonctionnaires représentées au Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat peut faire l'objet d'une aide financière de l'Etat () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 15 juin 1984 relatif à l'attribution aux agents de l'Etat du congé pour la formation syndicale : " Le congé pour formation syndicale prévu à l'article 34 (7°) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée pour les fonctionnaires régis par ladite loi et à l'article 2 de la loi du 23 novembre 1982 susvisée pour les agents non titulaires de l'Etat ne peut être accordé que pour effectuer un stage ou suivre une session dans l'un des centres ou instituts qui figurent sur une liste arrêtée tous les trois ans par le ministre chargé de la fonction publique. " Aux termes de l'article 3 de ce décret : " La demande de congé doit être faite par écrit au chef de service au moins un mois à l'avance. A défaut de réponse expresse au plus tard le quinzième jour qui précède le début du stage ou de la session, le congé est réputé accordé. ". L'article 4 de ce décret dispose : " Le bénéfice du congé ne peut être refusé que si les nécessités du fonctionnement du service s'y opposent () ".
4. Il résulte de ces dispositions citées au point 3 qu'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Lorsque l'accident est survenu en dehors du lieu de travail, la délivrance d'un ordre de mission ou d'une autorisation d'absence constitue un élément à prendre en considération pour l'appréciation de l'imputabilité de l'accident au service, laquelle est toutefois exclue lorsqu'il ressort des pièces du dossier que l'objet du déplacement était en réalité sans lien avec le service.
5. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 5 mars 2020, le recteur de l'académie de Nantes a retenu que le congé de formation syndicale est normalement destiné à la formation des agents désirant exercer une activité syndicale et n'avait pas vocation à donner lieu à des séquences de formation propres à une discipline et que le lien avec le service était trop distendu.
6. Or, si en application de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 précitée, la responsabilité de la formation ouvrant droit au bénéfice du congé de formation syndicale est placée sous la responsabilité des organisations syndicales, cela ne saurait, par principe, exclure la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident survenu à cette occasion.
7. De plus, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose qu'une formation syndicale pouvant donner lieu à un congé syndical ait exclusivement pour objet de préparer à des fonctions d'élu syndical.
8. En outre, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité le 22 janvier 2020, soit plus d'un mois avant la formation syndicale des 5 et 6 mars 2020, un congé de formation syndicale, lequel a été implicitement accepté par l'administration. Il résulte de l'article 4 du décret du 15 juin 1984 précité que le recteur de l'académie de Nantes n'aurait pu, en tout état de cause, s'opposer à l'octroi de ce congé syndical à M. B ni à raison de son contenu ni à raison de sa localisation, en dehors de nécessités tenant au fonctionnement du service. D'autre part, à l'occasion de cette formation syndicale intitulée " 13ème assises pédagogiques de A et du sport scolaire " et ayant pour thème " l'école et A de demain " étaient organisés des ateliers de pratique autour de diverses disciplines sportives. Le 5 mars 2020, à l'occasion de l'un de ses ateliers de pratique du VTT organisé au collège La Colinière à Nantes, M. B a chuté et s'est fracturé la clavicule gauche. Au regard de ces éléments et notamment du thème de cette formation, alors que M. B bénéficiait d'une autorisation de sa hiérarchie pour y assister, sa participation, dans ce cadre, à un atelier de VTT s'inscrit dans le prolongement de son service de professeur A.
9. Dans ces conditions et en l'absence de circonstance détachant cet accident du service, M. B est fondé à soutenir que la décision du 8 juillet 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 5 février 2020 est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, la décision du 8 juillet 2020 et la décision par laquelle le recteur de l'académie de Nantes a implicitement rejeté le recours gracieux formé par l'agent le 1er septembre 2020 doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
11. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard aux moyens d'annulation énoncés au point 9, que l'autorité compétente reconnaisse comme imputable au service l'accident de M. B survenu le 5 mars 2020 et en tire les conséquences de droit. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nantes de reconnaître cette imputabilité et de procéder à la régularisation de la situation de M. B qui en découle, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision en date du 8 juillet 2020 et la décision implicite portant rejet du recours gracieux formé contre cette mesure par M. B sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Nantes de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont a été victime M. B le 5 mars 2020 et d'opérer la régularisation de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉ La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026