mercredi 27 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2011620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2020, Mme A C, représentée par Me Hamid Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 novembre 2020 de la directrice territoriale de Nantes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de la rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte d'un montant de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son avocat de la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée et méconnait ainsi les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation compte tenu de sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme C par une décision du 2 décembre 2020 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 21 février 2024 à partir de 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante érythréenne née le 1er mai 1998, est entrée en France pour y déposer une demande d'asile qui a été enregistrée le 14 février 2020. Par un premier arrêté pris le 26 mai 2020, le préfet de Maine-et-Loire, estimant que les autorités suisses étaient responsables de l'examen de cette demande d'asile, a décidé le transfert de l'intéressée vers la Suisse. Par un second arrêté du même jour, cette autorité l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par une décision du 5 novembre 2020, la directrice territoriale de Nantes de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui avaient été accordées à l'intéressée le 14 février 2020. Mme C demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. La décision attaquée vise les dispositions des articles L. 744-7 et R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que le point 18 de la décision du 31 juillet 2019 nos 428530 et 428564 rendue par le Conseil d'Etat, statuant au contentieux. Par cette décision, cette juridiction a estimé que ces dispositions législatives, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, étaient partiellement incompatibles avec les objectifs de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013. Il a prononcé en conséquence l'annulation des dispositions des 12° et 14° de l'article 1er du décret n° 2018-1359 du 28 décembre 2018, pris pour l'application des articles L. 744-7 et R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le Conseil d'Etat a cependant considéré que cette incompatibilité n'avait pas, par elle-même, pour effet de faire rétroactivement disparaître ces dernières dispositions. Il a alors fixé le cadre juridique d'examen par les autorités compétentes de la situation des demandeurs d'asile ayant bénéficié des conditions matérielles d'accueil dans l'attente de la modification des dispositions devant résulter de l'annulation prononcée. Ainsi, par le point 18 de sa décision précitée, le Conseil d'Etat a précisé les conditions dans lesquelles les autorités compétentes peuvent tirer des conséquences, sur le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, du comportement de personnes ayant sollicité l'asile qui, après avoir obtenu ce bénéfice, ne respectent pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment celles de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Le Conseil d'Etat a indiqué qu'il reste possible à l'OFII, après examen de la situation particulière de la personne, de prononcer la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après l'avoir mis, sauf impossibilité, en mesure de présenter ses observations.
3. La décision attaquée précise que Mme C n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter auprès de ces autorités et prononce la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil après avoir indiqué que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale n'a pas fait apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En premier lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être motivée, c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
5. La décision attaquée, dont le contenu est rapporté ci-dessus, indique les références du cadre juridique relatif à la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil et expose, de manière précise, le motif pour lequel cette suspension a été prononcée en l'espèce. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, durant la période d'exécution de son assignation à résidence qui a débuté le 2 juin 2020, Mme C n'a pas satisfait à l'obligation, prescrite par l'arrêté relatif à cette assignation à résidence, de se présenter chaque mardi, sauf les jours fériés, à 8h00, auprès du service désigné dans cet arrêté et qu'elle n'a pas fait renouveler, au-delà du 1er octobre 2020, l'attestation de demande d'asile liée à sa situation de demandeuse d'asile faisant l'objet d'une décision de transfert. Dans ces conditions, Mme C, dont l'allégation relative au respect de son obligation de présentation n'est pas assortie du moindre commencement de justification, pouvait être regardée comme n'ayant pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités au sens des dispositions précitées de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En dernier lieu, l'autorité ayant pris la décision en litige a appréhendé la situation de Mme C pour vérifier en particulier si elle ne relevait pas des catégories de personnes vulnérables au sens des dispositions alors inscrites au deuxième alinéa de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces dispositions visent en particulier les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. Il ressort des pièces du dossier que lors de l'évaluation de sa vulnérabilité à laquelle il a été procédé le 14 février 2020 pour la détermination de ses besoins en matière d'accueil, aucun élément particulier n'est apparu dans l'étude de la situation de Mme C. Celle-ci, mise en mesure de faire valoir des éléments de sa situation avant le prononcé de la mesure en litige, n'a présenté aucune observation. A l'appui de sa requête, elle soutient qu'elle se retrouve sans aucune ressource, qu'elle ne peut plus ni se vêtir, ni se nourrir, qu'elle n'a aucune solution de relogement et qu'elle est contrainte de dormir à la rue dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Pour regrettable que soient ces circonstances et alors que seule une copie de la décision attaquée et une copie de la preuve d'envoi de la demande d'aide juridictionnelle est jointe à la requête, cette seule argumentation ne permet pas de considérer que Mme C aurait été, à la date de la décision attaquée, en situation de vulnérabilité au sens des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de cette situation, dont serait entachée la décision attaquée, doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 novembre 2020, prise par la directrice territoriale de Nantes de l'OFII à l'encontre de Mme C, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Hamid Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.
Le rapporteur,
D. B
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. BARBERA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026