mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2011626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP PIGEAU CONTE MURILLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 novembre 2020 et le 28 septembre 2022, Mme C, représentée par Me Murillo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mai 2019 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer un passeport et une carte nationale d'identité à l'enfant A Agboton ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de délivrer la carte nationale d'identité et le passeport sollicités dans le mois de la notification du jugement à rendre et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- la reconnaissance de paternité n'est pas frauduleuse.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er juin 2021 et le 7 novembre 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 septembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine, président,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Arrivée sur le territoire français le 15 juin 2018, selon ses déclarations, Mme B, ressortissante béninoise née en 1983 à Cotonou, a, le 14 août 2018, donné naissance à Paris à la jeune A. Le 2 août 2018, un ressortissant français né en 1979 à Cotonou, a, à Paris, reconnu cette enfant. Les 6 et 12 novembre 2018, Mme B a, au Mans, demandé pour sa fille la délivrance d'une carte nationale d'identité française et d'un passeport. Par la décision du 9 mai 2019 dont Mme B demande l'annulation, le préfet de la Sarthe lui a refusé cette délivrance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Par un arrêté du 29 mars 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Sarthe, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. Baron, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Sarthe. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit être écarté.
3. Il ressort de l'examen de la décision attaquée qu'elle comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait en constituant le fondement. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, dès lors, être écarté.
4. Aux termes de l'article 18 du code civil : " Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français. ". L'article 310-1 du même code énonce que : " La filiation est légalement établie, dans les conditions prévues au chapitre II du présent titre, par l'effet de la loi, par la reconnaissance volontaire ou par la possession d'état constatée par un acte de notoriété. / () ". L'article 310-3 de ce code prévoit que : " La filiation se prouve par l'acte de naissance de l'enfant, par l'acte de reconnaissance ou par l'acte de notoriété constatant la possession d'état. / () ". L'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité dispose que : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande. / Elle est délivrée ou renouvelée par le préfet ou le sous-préfet. / () ". L'article 4-4 du même décret énonce que : " La demande de carte nationale d'identité faite au nom d'un mineur est présentée par une personne exerçant l'autorité parentale. / () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 30 décembre 2005 relatif aux passeports : " Le passeport est délivré, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande. / () ". Selon l'article 5 de ce même décret : " I.- En cas de première demande, le passeport est délivré sur production par le demandeur : / () 4° Ou à défaut de produire l'un des titres mentionnés aux alinéas précédents, de son extrait d'acte de naissance de moins de trois mois, comportant l'indication de sa filiation ou, lorsque cet extrait ne peut pas être produit, de la copie intégrale de son acte de mariage. / Lorsque la nationalité française ne ressort pas des pièces mentionnées aux alinéas précédents, elle peut être justifiée dans les conditions prévues au II. / II. -La preuve de la nationalité française du demandeur peut être établie à partir de l'extrait d'acte de naissance mentionné au 4° du I portant en marge l'une des mentions prévues aux articles 28 et 28-1 du code civil. / () ". Enfin, selon l'article 29 du code civil : " La juridiction civile de droit commun est seule compétente pour connaître des contestations sur la nationalité française ou étrangère des personnes physiques. / () ".
5. Pour l'application de ces dispositions, si la délivrance d'une carte nationale d'identité ou d'un passeport est un droit pour tout Français qui en fait la demande, il appartient aux autorités administratives compétentes, qui ne sauraient être considérées comme en situation de compétence liée, de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de carte nationale d'identité ou de passeport sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur ou, pour le cas d'un enfant mineur, de ses parents. Seul un doute suffisamment justifié à cet égard peut justifier le refus de délivrance ou de renouvellement de la carte nationale d'identité ou du passeport.
6. En outre, si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas dans le cadre de l'examen d'une demande d'une carte nationale d'identité ou d'un passeport. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande d'une carte nationale d'identité pour le compte d'un enfant mineur, que la reconnaissance de cet enfant a été faite dans le seul but de faciliter l'obtention d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte nationale d'identité et du passeport.
7. Il ressort de l'acte de naissance versé au dossier que la paternité de l'enfant A Agboton née à Paris le 14 août 2018 a été reconnue de manière anticipée devant l'officier d'état-civil de la mairie du quatorzième arrondissement de Paris le 2 août 2019 par un ressortissant français né à Cotonou (Bénin) en 1979. Pour refuser de faire droit à la demande de délivrance d'une carte nationale d'identité et de passeport présentée pour cette enfant, le préfet de la Sarthe s'est fondé sur la circonstance que la reconnaissance de paternité de l'enfant par un ressortissant français est frauduleuse, compte tenu des aveux de Mme B lors de son audition par les gendarmes de Sablé-sur-Sarthe le 21 mars 2019 dans le cadre d'une garde à vue et sur la circonstance que la personne ayant reconnu l'enfant a par ailleurs reconnu au moins quatre autres enfants de trois mères différentes.
8. Aux termes de l'article préliminaire du code de procédure pénale : " I.- La procédure pénale doit être équitable et contradictoire et préserver l'équilibre des droits des parties. / () / III.- Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d'innocence sont prévenues, réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi. / () / En matière criminelle et correctionnelle, aucune condamnation ne peut être prononcée contre une personne sur le seul fondement de déclarations qu'elle a faites sans avoir pu s'entretenir avec un avocat et être assistée par lui. / () ". Aux termes de l'article 62 du même code : " La garde à vue est une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire, sous le contrôle de l'autorité judiciaire, par laquelle une personne à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement est maintenue à la disposition des enquêteurs. / () ". Selon l'article 62-3 de ce code : " La garde à vue s'exécute sous le contrôle du procureur de la République () / Le procureur de la République () / assure la sauvegarde des droits reconnus par la loi à la personne gardée à vue. / () ". Aux termes de l'article 63-1 de ce même code : " La personne placée en garde à vue est immédiatement informée par un officier de police judiciaire ou, sous le contrôle de celui-ci, par un agent de police judiciaire, dans une langue qu'elle comprend, le cas échéant au moyen du formulaire prévu au treizième alinéa : / 1° De son placement en garde à vue ainsi que de la durée de la mesure et de la ou des prolongations dont celle-ci peut faire l'objet ; / 2° De la qualification, de la date et du lieu présumés de l'infraction qu'elle est soupçonnée d'avoir commise ou tenté de commettre ainsi que des motifs mentionnés aux 1° à 6° de l'article 62-2 justifiant son placement en garde à vue ; / 3° Du fait qu'elle bénéficie : / -du droit de faire prévenir un proche et son employeur ainsi que, si elle est de nationalité étrangère, les autorités consulaires de l'Etat dont elle est ressortissante, et, le cas échéant, de communiquer avec ces personnes, conformément à l'article 63-2 ; / -du droit d'être examinée par un médecin, conformément à l'article 63-3 ; / -du droit d'être assistée par un avocat, conformément aux articles 63-3-1 à 63-4-3 ; / -s'il y a lieu, du droit d'être assistée par un interprète ; / -du droit de consulter, dans les meilleurs délais et au plus tard avant l'éventuelle prolongation de la garde à vue, les documents mentionnés à l'article 63-4-1 ; / -du droit de présenter des observations au procureur de la République ou, le cas échéant, au juge des libertés et de la détention, lorsque ce magistrat se prononce sur l'éventuelle prolongation de la garde à vue, tendant à ce qu'il soit mis fin à cette mesure. Si la personne n'est pas présentée devant le magistrat, elle peut faire connaître oralement ses observations dans un procès-verbal d'audition, qui est communiqué à celui-ci avant qu'il ne statue sur la prolongation de la mesure ; / -du droit, lors des auditions, après avoir décliné son identité, de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire. / Si la personne est atteinte de surdité et qu'elle ne sait ni lire, ni écrire, elle doit être assistée par un interprète en langue des signes ou par toute personne qualifiée maîtrisant un langage ou une méthode permettant de communiquer avec elle. Il peut également être recouru à tout dispositif technique permettant de communiquer avec une personne atteinte de surdité. / Si la personne ne comprend pas le français, ses droits doivent lui être notifiés par un interprète, le cas échéant après qu'un formulaire lui a été remis pour son information immédiate. / Mention de l'information donnée en application du présent article est portée au procès-verbal de déroulement de la garde à vue et émargée par la personne gardée à vue. En cas de refus d'émargement, il en est fait mention. / En application de l'article 803-6, un document énonçant ces droits est remis à la personne lors de la notification de sa garde à vue. ".
9. Aux termes de l'article 802 du code de procédure pénale : " En cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles, toute juridiction, y compris la Cour de cassation, qui est saisie d'une demande d'annulation ou qui relève d'office une telle irrégularité ne peut prononcer la nullité que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter atteinte aux intérêts de la partie qu'elle concerne. ".
10. Les actes intervenus au cours d'une procédure judiciaire ou se rattachant directement à celles-ci ne peuvent être appréciés, soit en eux-mêmes, soit dans leurs conséquences, que par l'autorité judiciaire.
11. Le placement en garde à vue, en application des articles 63 et suivants du code de procédure pénale, d'une personne à l'encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction, a le caractère d'une opération de police judiciaire. Il n'appartient par conséquent qu'aux tribunaux judiciaires de connaître des litiges survenus à l'occasion d'un tel placement. Par suite, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'apprécier la validité du déroulement d'un placement en garde à vue.
12. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a fait l'objet d'un placement en garde à vue qui a commencé le matin du jeudi 21 mars 2019. Pour prendre la décision attaquée, le préfet de la Sarthe s'est appuyé sur les déclarations faites par la requérante pendant cette garde à vue, telles que ces déclarations sont rapportées par le procès-verbal de son audition par un officier de police judiciaire le 21 mars 2019 entre 15 h 55 mn et 18 h. Sont produits au dossier ce procès-verbal ainsi que celui de l'audition de l'intéressée, alors encore en garde à vue, le même jour entre 18 h 50 mn et 19 h 50 mn.
13. La requérante soutient que ses déclarations lors de son audition en garde à vue dans l'après-midi du 21 mars 2019 sont dépourvues de valeur probante au motif que, dès lors qu'il ne ressort pas des procès-verbaux de ses auditions en garde à vue au cours de cet après-midi que conformément à l'article 63-1 du code de procédure pénale lui auraient été notifiés les droits énumérés au 3° de cet article dont celui d'être assisté d'un avocat, son placement en garde à vue se serait, selon elle, déroulé dans des conditions irrégulières. Toutefois, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que le tribunal judiciaire aurait été saisi d'une action en annulation de cette opération de police judiciaire, il n'appartient pas au tribunal administratif d'apprécier la validité des conditions de son déroulement, outre et au surplus que la circonstance que ces procès-verbaux ne portent pas mention de l'information donnée en application de l'article 63-1 du code de procédure pénale n'est pas par elle-même propre à révéler une méconnaissance de ce texte s'agissant d'une garde à vue commencée au matin du 21 mars 2019. Il suit de là que, sans qu'il y ait lieu de surseoir à statuer et de saisir le tribunal judiciaire à titre préjudiciel, le moyen tiré de l'irrégularité de la garde à vue dont la requérante a fait l'objet le 21 mars 2019 et par suite du caractère non probant de ses déclarations à l'occasion de ses auditions lors de cette garde à vue doit être écarté.
14. Il ressort des pièces du dossier que, comme l'a déclaré la requérante lors de son audition par un officier de police judiciaire le 21 mars 2019, le père de l'enfant née à Paris le 14 août 2018 est, non le ressortissant français né en 1979 l'ayant reconnu le 2 août 2018, mais un ressortissant béninois né au Bénin en 1981, avec lequel la requérante a déclaré être mariée, une somme de 1 500 euros ayant été remise à ce ressortissant français pour qu'il reconnaisse l'enfant. Mme B a confirmé, lors de son audition du 21 mars 2019 entre 18 h 50 mn et 19 h 50 mn, avoir donné cette somme d'argent à cet homme pour qu'il reconnaisse l'enfant, avant d'ajouter qu'elle avait remis cette somme à une tierce personne pour qu'elle la remette au reconnaissant, cette tierce personne étant l'auteur de la décharge en date du 2 août 2019 reconnaissant avoir pris des mains de la requérante la somme de 1 500 euros. Mme B a également déclaré qu'enceinte, elle était venue accoucher en France en vue de travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants, celle née à Paris le 14 août 2018 étant une troisième enfant, et que la reconnaissance de paternité par une personne de nationalité française pourrait l'aider à obtenir un titre de séjour, lui permettant de travailler. Il en résulte qu'il est établi que la reconnaissance de cette enfant a été faite dans le seul but de faciliter l'obtention par sa mère d'un titre de séjour. Il appartenait au préfet de la Sarthe, qui n'a pas commis d'erreur d'appréciation, de faire échec à cette fraude et de refuser la délivrance à l'enfant d'un passeport et d'une carte nationale d'identité.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Dès lors, il ne saurait être fait droit aux conclusions à fin d'injonction qu'elle présente.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Murillo.
Copie en sera adressée au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
Le président-rapporteur,
A. DURUP DE BALEINE
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
S. THOMAS
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2011626
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026