lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012007 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : Mme SAINQUAIN RIGOLLE R. 222-13 |
| Avocat requérant | OUEST AVOCATS CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2020, M. A B, représenté par Me Le Tertre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Vendée a rejeté son recours à l'encontre de sa décision du 22 février 2020 supprimant son droit à percevoir la prime d'activité de février à avril 2020 ;
2°) de condamner la caisse d'allocations familiales de la Vendée à lui verser les sommes dues au titre de la prime d'activité de février à avril 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Vendée la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Vendée a pris en compte des sommes versées par Pôle Emploi qu'il a dû rembourser au titre d'un indu alors que seules les sommes effectivement perçues auraient dû être prises en compte.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sainquain-Rigollé,
- et les observations de Me Joncquel, substituant Me Le Tertre, avocat du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 18 février 2020, M. B, allocataire de la prime d'activité depuis février 2019, a informé la caisse d'allocations familiales de la Vendée de son souhait de modifier sa déclaration trimestrielle de ressources de novembre 2019 à janvier 2020 à la suite du remboursement de sommes indûment versées par Pôle Emploi. Par une décision du 22 février 2020, la caisse d'allocations familiales de la Vendée a informé M. B que des divergences apparaissaient entre cette dernière déclaration et les sommes que Pôle emploi lui a versées et a supprimé son droit au versement de la prime d'activité à partir de février 2020. Par un courrier du 10 juillet 2020, le requérant a formé à l'encontre de cette décision un recours qui a été initialement rejeté implicitement par la caisse d'allocations familiales de la Vendée, dont la commission de recours amiable a confirmé le rejet par une décision du 10 décembre 2020. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision implicite initiale et de la décision du 10 décembre 2020.
2. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à la prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-4 du code de la sécurité sociale : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; () ". Aux termes de l'article R. 843-1 de ce code : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. () III.- Pour chacun des trois mois mentionnés au I, les ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont celles perçues au cours du mois considéré. () ".
4. Il résulte de l'instruction que Pôle emploi a versé à M. B au titre de l'allocation au retour à l'emploi 233 euros le 4 novembre 2019, 93,20 euros le 8 novembre 2019, 186,40 euros le 6 décembre 2019, 93,20 euros le 9 décembre 2019 et 233 euros le 14 janvier 2020. Afin de calculer le droit à la prime d'activité de M. B, la caisse d'allocations familiales de la Vendée a pris en compte ces sommes. Il résulte de l'instruction et du mémoire en défense de la caisse d'allocations familiales de la Vendée que M. B a remboursé auprès de Pôle emploi le 23 décembre 2019 la somme de 326,20 euros, le 21 janvier 2020 la somme de 279,60 euros et le 7 février 2020 la somme de 233 euros au titre d'un indu d'allocation au retour à l'emploi, ce qui correspond aux sommes versées au titre des mois d'octobre et novembre 2019 et janvier 2020.
5. Si la caisse d'allocations familiales de la Vendée précise dans sa réponse du 3 avril 2020 que " conformément à la législation en vigueur concernant le calcul du droit à la prime d'activité, (elle prend en compte) les montants (des) droits Pôle emploi avant retenue et saisie peu importe le montant (qu'il a) réellement perçu (et que la) législation (lui) demande de prendre en compte (le) droit réel avant retenue et non pas ce (qu'il a) réellement perçu suite au remboursement d'un trop-perçu ", elle ne justifie aucunement ses allégations alors que l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale précité impose la prise en compte des ressources effectivement perçues lors de la période de référence. Dans ces conditions, en tenant compte des seuls montants communiqués par Pôle emploi au titre de l'allocation au retour à l'emploi versée à M. B, correspondant aux sommes dues à l'intéressé préalablement à toute retenue pour trop-perçu, la caisse d'allocations familiales de la Vendée s'est fondée sur des ressources dont le requérant n'a que partiellement bénéficié et a, en conséquence, commis une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui vient d'être dit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite et de la décision du 10 décembre 2020 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de la Vendée a rejeté son recours à l'encontre de la décision du 22 février 2020 et à ce qu'il soit enjoint à la caisse de procéder à une nouvelle détermination de ses droits à la prime d'activité entre février et avril 2020.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Vendée une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La décision implicite et la décision du 10 décembre 2020 de la caisse d'allocations familiales de la Vendée sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de la Vendée de procéder à une nouvelle détermination des droits à la prime d'activité de M. B entre février et avril 2020.
Article 3 :La caisse d'allocations familiales de la Vendée versera à M. B la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie du présent jugement sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vendée.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
La magistrate désignée,
H. SAINQUAIN-RIGOLLÉ
Le greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
No 2012007
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026