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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2012121

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2012121

mercredi 27 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2012121
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL BARDET LHOMME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2020, et un mémoire, enregistré le 25 janvier 2022, MM. F, G et Jean-Luc E, Mmes C et Patricia E ainsi que Mme B D, représentés par Me Anne Lhomme, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à leur verser la somme globale de 32 690 euros en réparation des préjudices résultant des dégâts causés par les cerfs et les chevreuils à leurs parcelles forestières situées sur le territoire de la commune de Parigné-l'Evêque (Sarthe) ;

2°) de prescrire la réalisation d'une expertise aux fins d'évaluer la perte de potentiel d'avenir des parcelles cadastrées section OC n° 1311, ZA n° 29, ZB n° 87, ZC nos 502 et 756, et ZD n° 14 ainsi que le préjudice subi sur la partie de la parcelle cadastrée section OC n° 1311 plantée de châtaigniers ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens incluant le coût de la signification de la requête en indemnisation du 28 juillet 2020, le constat d'huissier du 29 juin 2020 et l'expertise forestière qu'ils ont fait réaliser.

Ils soutiennent que :

- ils justifient, chacun, en qualité de propriétaire indivis des parcelles, d'un intérêt à agir ;

- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée dès lors que le préfet de la Sarthe a sous-estimé les populations de cervidés à l'origine des dégâts causés sur leur propriété et s'est abstenu, en conséquence, d'augmenter de façon suffisante les attributions des plans de chasse sur le territoire du massif du Loudon, et de faire procéder à des tirs d'élimination ; par ailleurs, l'exécution des chartes d'agrainage annexées au schéma départemental de gestion cynégétique n'a pas été contrôlée ;

- il existe un lien de causalité entre la faute de l'Etat et les préjudices subis ;

- il ne peut leur être imputé aucune faute dans le déséquilibre sylvo-cynégétique du territoire ;

- leurs préjudices financiers liés à la nécessité d'engager des dépenses pour procéder au renouvellement de leur bois s'établissent à 32 690 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2021, le préfet de la Sarthe demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par les requérantes et requérants.

Il soutient que :

- en l'absence de statuts, l'indivision E devra prouver qu'elle a bien intérêt à agir ; à défaut la requête devra être rejetée comme étant irrecevable ;

- l'Etat n'a pas commis de faute ;

- le comportement des requérantes et requérants est à l'origine des dommages invoqués ;

- le montant sollicité au titre du préjudice lié au coût des travaux n'est pas justifié.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période au cours de laquelle l'affaire serait susceptible d'être appelée à l'audience et de la date, fixée au 20 décembre 2023, à partir de laquelle une clôture d'instruction à effet immédiat pourrait intervenir.

La clôture de l'instruction à effet immédiat est intervenue le 18 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 21 février 2024 à partir de 9h45 :

- le rapport de M. H,

- les conclusions de M. A,

- et les observations de M. G E.

Considérant ce qui suit :

1. Mmes C et Patricia E, Mme B D ainsi que MM. F, G et Jean-Luc E sont propriétaires, en indivision, de parcelles situées sur le territoire de la commune de Parigné-l'Evêque (Sarthe), lesquelles s'étendent sur 56 hectares, 88 ares et 87 centiares. Un bois, dénommé "le bois du Chapitre", s'est développé sur ces parcelles. Le 28 juillet 2020, le préfet de la Sarthe s'est vu signifier, par acte d'huissier, le recours de ces propriétaires mettant en cause la responsabilité pour faute de l'Etat au motif de l'absence de respect de son obligation de faire respecter l'équilibre sylvo-cynégétique au sein du bois du Chapitre et sollicitant le versement d'une indemnité en réparation des dégâts causés aux plantations forestières, que les auteurs du recours imputent à la divagation de cerfs et chevreuils. Cette demande a été rejetée par le préfet de la Sarthe le 25 septembre 2020. Les membres de la famille E cités ci-dessus demandent au tribunal la condamnation de l'Etat, dont la responsabilité pour faute est selon eux engagée, à leur verser la somme globale de 32 690 euros en réparation des préjudices correspondant au coût des travaux qu'ils indiquent avoir exposé. Les requérantes et requérants demandent également qu'il soit ordonné une expertise aux fins d'évaluer, d'une part, la perte de potentiel d'avenir des parcelles cadastrées section OC n° 1311, ZA n° 29, ZB n° 87, ZC nos 502 et 756, et ZD n° 14, d'autre part, le préjudice subi sur la partie de la parcelle cadastrée section OC n° 1311 plantée de châtaigniers.

Sur le cadre juridique :

2. L'article L. 425-4 du code de l'environnement dispose : " L'équilibre agro-sylvo-cynégétique consiste à rendre compatibles, d'une part, la présence durable d'une faune sauvage riche et variée et, d'autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités agricoles et sylvicoles. Il est assuré, conformément aux principes définis à l'article L. 420-1, par la gestion concertée et raisonnée des espèces de faune sauvage et de leurs habitats agricoles et forestiers. L'équilibre agro-sylvo-cynégétique est recherché par la combinaison des moyens suivants : la chasse, la régulation, la prévention des dégâts de gibier par la mise en place de dispositifs de protection et de dispositifs de dissuasion ainsi que, le cas échéant, par des procédés de destruction autorisés. La recherche de pratiques et de systèmes de gestion prenant en compte à la fois les objectifs de production des gestionnaires des habitats agricoles et forestiers et la présence de la faune sauvage y contribue. L'indemnisation mentionnée à l'article L. 426-1 peut contribuer à cet équilibre. L'équilibre sylvo-cynégétique tend à permettre la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes pour le propriétaire, dans le territoire forestier concerné () ".

3. Aux termes de l'article L. 425-1 du code de l'environnement : " Un schéma départemental de gestion cynégétique est mis en place dans chaque département. Ce schéma est établi pour une période de six ans renouvelable. (). Il est approuvé, après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse ou de faune sauvage, par le préfet, qui vérifie notamment qu'il est compatible avec les principes énoncés à l'article L. 420-1 et les dispositions de l'article L. 425-4 du présent code () ".

4. L'article L. 425-8 de ce même code énonce : " Le plan de chasse, qui prend en compte les orientations du schéma départemental de gestion cynégétique, est mis en œuvre () par le président de la fédération départementale des chasseurs. () / Pour chacune des espèces de grand gibier soumises à un plan de chasse, le représentant de l'Etat dans le département fixe, après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse et de faune sauvage, le nombre minimal et le nombre maximal d'animaux à prélever annuellement dans l'ensemble du département, répartis par sous-ensembles territorialement cohérents pour la gestion de ces espèces, le cas échéant par sexe ou par catégorie d'âge. Pour déterminer le nombre minimal et le nombre maximal d'animaux à prélever, le représentant de l'Etat dans le département prend notamment en compte les dégâts causés par le gibier dans le département. / Le représentant de l'Etat dans le département, après avoir recueilli les observations du président de la fédération, modifie les plans de chasse individuels qui le nécessitent dans l'un des cas suivants : 1° Une défaillance grave dans la prise en compte par le plan de chasse mentionné à l'article L. 425-6 des orientations du schéma départemental de gestion cynégétique ; 2° Une augmentation importante des dégâts de gibier lorsqu'il est établi qu'elle résulte de prélèvements insuffisants. A cette fin, le président de la fédération départementale transmet chaque année au représentant de l'Etat dans le département un rapport sur les dégâts de gibier dans son département. "

5. Aux termes de l'article L. 425-2 du code de l'environnement : " Parmi les dispositions du schéma départemental de gestion cynégétique figurent obligatoirement : () les prescriptions relatives à l'agrainage et à l'affouragement prévues à l'article L. 425-5 () ". Son article L. 425-5 dispose : " L'agrainage et l'affouragement sont autorisés dans des conditions définies par le schéma départemental de gestion cynégétique () ".

6. Enfin, aux termes de l'article L. 427-6 du code de l'environnement : " () chaque fois qu'il est nécessaire, sur l'ordre du représentant de l'Etat dans le département, après avis du directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et du président de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, des opérations de destruction de spécimens d'espèces non domestiques sont effectuées pour l'un au moins des motifs suivants : () 2° Pour prévenir les dommages importants, notamment aux cultures, à l'élevage, aux forêts, () et à d'autres formes de propriétés ; / Ces opérations de destruction peuvent consister en des chasses, des battues générales ou particulières et des opérations de piégeage. () ".

Sur la responsabilité :

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une augmentation des dégâts causés par les espèces de grand gibier, dont font partie les cerfs et les chevreuils, qui ont été observés sur les cultures et forêts au cours de la campagne 2019-2020, le préfet de la Sarthe a, dans le plan de chasse établi au titre de la campagne 2020-2021 sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 425-8 du code de l'environnement, décidé d'augmenter de 70 unités, pour chacune de ces espèces, le nombre minimal de cerfs et de chevreuils qui pouvaient être prélevés au cours de cette campagne au sein du massif du Loudon, qui constitue l'une des unités de gestion cynégétiques du département de la Sarthe, à l'intérieur duquel est situé le bois du Chapitre. A l'échelle du territoire correspondant à l'ensemble de ce département, l'augmentation du nombre minimal de cerfs et de chevreuils susceptibles d'être prélevés au cours de cette même campagne s'est élevé, au titre de la campagne 2020-2021, respectivement à 215 et à 1 150 unités.

8. Les requérantes et requérants estiment que l'Etat a commis une faute en sous-estimant les populations de ces animaux et en s'abstenant, en conséquence, d'augmenter de façon suffisante les attributions des plans de chasse sur le territoire du massif du Loudon, à défaut, de faire procéder à des tirs d'élimination. La famille E fait état de ce qu'elle a régulièrement interpellé l'administration ainsi que la fédération départementale de chasseurs concernant l'accroissement, qu'elle qualifie d'exponentiel, de la population des cervidés dans le bois du Chapitre. Elle indique que sur le territoire correspondant au massif de Loudon, au regard des comptages nocturnes, le nombre total de cerfs est passé de 15 avant 2000 à 400 en 2019 mais que, pour déterminer la population exacte de ces animaux, il convient de multiplier ce nombre par "2,5 / 3" de sorte que la population des cerfs atteint 1 000 individus en 2020 et que, le seuil de densité de 1 à 2 individus par tranche de 100 hectares fixé par "le schéma régional de gestion sylvicole de 2005" se trouve très largement dépassé pour le bois du Chapitre.

9. Toutefois, les allégations de la famille E concernant la population réelle des cerfs, lesquels, selon le rapport de l'expertise qu'elle a fait elle-même réaliser par un expert forestier au cours du mois de juillet de l'année 2019, sont les animaux qui sont à l'origine de l'essentiel des dégâts causés sur leur propriété, ne sont étayées par aucune donnée objective concernant en particulier le coefficient multiplicateur appliqué au nombre d'individus dont la présence a été relevée lors des comptages nocturnes. Aucune explication n'est par ailleurs donnée par la famille E concernant la nécessité d'appliquer ce coefficient et la fixation à "2,5 / 3" de celui qu'il conviendrait d'appliquer aux nombres d'animaux déterminés à partir des comptages nocturnes. De même, si elle soutient que l'augmentation du nombre minimum de prélèvements de chevreuils retenu pour le territoire du massif du Loudon est de 25% pour la campagne 2020-2021 alors qu'elle s'élève à 35% pour le massif de Pontvallain et 45% pour le massif de Vibraye, elle ne rapporte pas cette différence d'augmentation à l'importance de la population de ces animaux qui a été évaluée pour ces territoires. Enfin, s'il résulte des dispositions précitées de l'article L. 425-8 du code de l'environnement que le préfet de département peut, à partir des rapports relatifs aux dégâts de gibier dans le département établis par la fédération départementale de chasseurs, modifier les plans de chasse individuels qui le nécessitent lorsqu'apparaît une augmentation importante de ces dégâts résultant de prélèvements insuffisants, il ne résulte pas de l'instruction, et n'est même pas allégué par les requérantes et requérants, que des rapports auraient été établis dans ce sens pour ce qui concerne le bois du Chapitre ou le massif du Loudon, ni qu'ils auraient, le cas échéant, été transmis au préfet de la Sarthe.

10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la pratique de l'agrainage des cerfs, dont l'objectif vise à les détourner des cultures agricoles et les maintenir en forêt, tout en évitant leur domestication, par une distribution, de manière adaptée, d'une nourriture constituée exclusivement de matières végétales non transformées, donne lieu, conformément aux dispositions du schéma départemental de gestion cynégétique applicable dans le département de la Sarthe, à la conclusion d'une " charte d'agrainage " dont le modèle est annexée à ce schéma. Selon les termes de cette charte, pour le cerf, " l'apport de nourriture autre que la mise en place de parcelles de céréales cultivées (avoine, maïs, culture à gibier) et d'aliments naturels d'origine végétale non transformés (pommes) est strictement interdit ". En revanche, aucune disposition particulière ne prévoit l'agrainage des chevreuils. La famille E relève l'existence de pratiques de distribution de maïs transformé et de betteraves pendant la saison de chasse, lesquelles sont contraires aux énonciations de la charte d'agrainage. Elle affirme par ailleurs que les quantités de nourriture distribuées en exécution des chartes d'agrainage traduisent non pas un agrainage mais un nourrissage pendant les périodes de chasse. Cependant, à supposer même que l'existence et la régularité de telles pratiques soient établies, aucune disposition législative ou réglementaire, ni aucune des énonciations de la charte d'agrainage conclue entre le président de la fédération départementale des chasseurs de la Sarthe et le titulaire du droit de chasse, n'imposent aux autorités de l'Etat de procéder à un contrôle de l'exécution des chartes d'agrainage en ce qui concerne le type et les quantités de nourriture distribué aux cerfs, ces dernières n'étant au demeurant pas fixées au sein de ces documents.

11. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 24 mars 2021, le préfet de la Sarthe a autorisé, sur le fondement de l'article L. 427-6 du code de l'environnement, des opérations de destruction de cerfs élaphes afin de prévenir les dommages importants causés au sein du bois du Chapitre sur la période s'étendant jusqu'au 15 avril 2021 et que cet arrêté a été exécuté ainsi qu'en atteste le compte-rendu de ces opérations dressé le 16 avril 2021 par le lieutenant de louveterie. Si un premier arrêté ayant le même objet a été pris, pour le même motif, le 16 mars 2020, son absence d'exécution procède exclusivement de l'état d'urgence sanitaire déclaré sur l'ensemble du territoire national pour une durée de deux mois, à compter du 24 mars 2020, par la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19. L'allégation des requérantes et requérants relative au refus du préfet de la Sarthe de signer un nouvel arrêté édicté sur le fondement de l'article L. 427-6 du code de l'environnement pour une exécution au cours de l'été de l'année 2020 n'est pas étayée de manière sérieuse. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que les services de la préfecture de ce département auraient été saisis par la famille E aux fins d'obtenir la signature de cet arrêté ou des explications quant au refus d'autoriser une nouvelle battue, laquelle a finalement été autorisée huit mois plus tard.

12. Au regard de l'ensemble de ce qui précède, si des dégâts, dont l'existence est établie et non contestée, ont été causés par des cerfs et des chevreuils présents sur les parcelles boisées appartenant à MM. et Mmes E ainsi qu'à Mme D, il ne résulte pas de l'instruction que ces dégâts procéderaient de fautes commises par l'Etat dans la gestion de l'équilibre sylvo-cynégétique défini à l'article L. 425-4 du code de l'environnement. Par suite, les requérantes et requérants ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité pour faute de l'Etat aux fins d'obtenir réparation des préjudices subis consécutivement à ces mêmes dégâts.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires, ainsi que les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné une expertise judiciaire, présentées par Mmes et M. E ainsi que par Mme D doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Sarthe, ni de se prononcer sur l'éventuel comportement des requérantes et requérants dont le défendeur estime qu'il est à l'origine des dommages dont ils demandent réparation. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mmes E et D ainsi que par MM. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Une copie en sera adressée au préfet de la Sarthe.

Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.

Le rapporteur,

D. H

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

S. BARBERA

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2012121

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