mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BROSSIER - CARRE - JOLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 novembre 2020, le 10 décembre 2020, le 12 octobre 2021 et le 9 février 2022, la société Savenaysienne de commerce de bestiaux Garcion-Guichard, représentée par Me Bonnat, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 29 octobre 2020 par laquelle le conseil municipal de Plessé autorise l'achat par l'exercice du droit de préemption de la parcelle cadastrée section YT n°57 d'une superficie de 14 455 m2 au prix de 35 000 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Plessé le versement d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération est prématurée en ce que l'ordonnance rendue par le juge commissaire le 12 octobre 2020 portant cession du bien en litige n'est pas définitive ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors la nature de la cession effectuée dans le cadre d'une procédure de liquidation judiciaire ne permet pas à la commune de faire usage de son droit de préemption ;
- la régularité de la déclaration d'intention d'aliéner, établie au nom de la société liquidée au lieu de son liquidateur, n'est pas établie ;
- la délibération est irrégulière faute de consultation du service des domaines en application de l'article L. 2241-1du code général des collectivités territoriales, et dès lors que la procédure prévue par le conseil municipal, relative à la consultation du comité consultatif " cadre de vie et transition territoriale " n'a pas été respectée ;
- elle est entachée d'incompétence et d'une erreur de droit dès lors que le conseil municipal s'était dessaisi de sa compétence au profit de A ;
- elle méconnaît les dispositions combinées des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 mai 2021 et le 30 novembre 2021, la commune de Plessé, représentée par Me Saint-Supery, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est dirigée contre une délibération superfétatoire qui ne fait pas grief ;
- les moyens de la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- et les conclusions de M. Marowski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 23 janvier 2019 le tribunal de commerce de Poitiers a prononcé la liquidation judiciaire de la SCA Coopérative viande de la région Atlantique, laquelle était notamment propriétaire d'un ensemble immobilier sur la parcelle enregistrée à la section YT du cadastre sous le n° 57, sise au lieudit " les landes du bourg " composé d'un bâtiment d'exploitation en tôle, d'un espace de stationnement et d'une prairie enherbée. Dans le cadre des opérations de liquidation, la société Savenaysienne de commerce de bestiaux (SSCB) Garcion-Guichard s'est portée acquéreure de cet ensemble immobilier pour un montant de 35 000 euros. Par une ordonnance du 12 octobre 2020, le juge commissaire en a prononcé la cession au profit de cette société. Le cabinet notarial Thomas a fait parvenir la déclaration d'intention d'aliéner à la commune de Plessé le 22 octobre 2020. Par un courrier du 27 octobre 2020, A de la commune de Plessé a informé le notaire chargé de la transaction de l'intention de la commune d'exercer son droit de préemption. Par une délibération du 29 octobre 2020, le conseil municipal " a autorisé l'achat par exercice du droit de préemption " de cette parcelle au prix de 35 000 euros. La SSCB Garcion-Guichard demande au tribunal l'annulation de cette délibération du conseil municipal de Plessé du 29 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Si la commune fait valoir que la délibération attaquée présenterait un caractère superfétatoire dès lors qu'elle serait purement confirmative d'une décision du 27 octobre 2020 de A d'exercer le droit de préemption sur le bien en cause, il ressort des pièces du dossier que la lettre adressée le 27 octobre 2020 par A au notaire chargé de la transaction et, au demeurant, non transmise au préfet, qui ne comporte aucune mention de la superficie de la parcelle en cause ni de son prix d'achat, se borne à manifester l'intention à venir de la commune d'exercer son droit de préemption mais ne constitue pas pour autant une décision de A d'exercer effectivement le droit de préemption que lui a délégué le conseil municipal par une délibération du 16 juillet 2020 régulièrement publiée et exécutoire. En outre, selon les termes même de la délibération attaquée, le conseil municipal " autorise l'achat par exercice du droit de préemption de la parcelle cadastrée section YT n°57 pour une superficie de 14 455 m2 au prix de 35 000 euros " et " autorise Mme A à signer toutes les formalités nécessaires à l'exécution de la présente délibération ". Dans ces conditions, cette délibération, ne saurait être regardée comme purement superfétatoire et confirmative d'une décision antérieure de A d'exercer le droit de préemption. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense et tirée de ce que la délibération attaquée ne ferait pas grief doit être écartée.
Sur la légalité de la délibération du 29 octobre 2020 :
3. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales dispose que le maire peut, " par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : / () / 15° D'exercer, au nom de la commune, les droits de préemption définis par le code de l'urbanisme, que la commune en soit titulaire ou délégataire, de déléguer l'exercice de ces droits à l'occasion de l'aliénation d'un bien selon les dispositions prévues au premier alinéa de l'article L 213-3 de ce même code () " ;
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 16 juillet 2020, régulièrement publiée et exécutoire, le conseil municipal de Plessé a délégué l'exercice du droit de préemption à A de la commune. En l'absence de toute délibération ultérieure rapportant cette délégation, le conseil municipal de Plessé doit être regardé comme s'étant dessaisi de sa compétence au profit du maire. Comme il a été dit précédemment, la délibération attaquée par laquelle le conseil municipal " autorise l'achat par exercice du droit de préemption " de la parcelle en cause et " autorise Mme A à signer toutes les formalités nécessaires à l'exécution de la présente délibération ", présente un caractère décisoire, et n'est ni confirmative d'une éventuelle décision antérieure de A d'exercer ce droit, ni préparatoire d'une telle décision qui n'est pas intervenue ultérieurement. Elle constitue une décision exerçant le droit de préemption urbain de la commune. Par suite, le conseil municipal de Plessé n'avait pas compétence pour décider par la délibération attaquée de préempter le terrain en cause. Il en résulte que la société requérante est fondée à soutenir que la délibération attaquée a été prise par une autorité incompétente.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la délibération du conseil municipal de Plessé du 29 octobre 2020 doit être annulée.
6. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ". Aucun autre moyen n'est susceptible de fonder, en l'état du dossier, l'annulation de la délibération attaquée.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande la commune de Plessé sur ce fondement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Plessé le versement à la société requérante de la somme de 1 500 euros à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de Plessé du 29 octobre 2020 est annulée.
Article 2 : La commune de Plessé versera à la société Savenaysienne de commerce de bestiaux Garcion-Guichard la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Plessé présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société la société Savenaysienne de commerce de bestiaux Garcion- Guichard et à la commune de Plessé.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026