jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | HAKKAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2020, Mme B A, représentée par Me Hakkar, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 13 mars 2019 par laquelle le préfet du Doubs a ajourné pour une durée de deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) de condamner le ministre de l'intérieur aux entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- les décisions sont infondées dès lors qu'elle a conduit sans permis de conduire français de bonne foi, qu'elle a été relaxée pour les faits d'extorsion ;
- sa situation personnelle, tant familiale que professionnelle, justifie qu'elle soit naturalisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une décision du 8 septembre 2020, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née en 1975, demande au tribunal d'annuler la décision du 3 septembre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 13 mars 2019 par laquelle le préfet du Doubs a ajourné pour une durée de deux ans sa demande de naturalisation.
2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur son comportement.
3. Pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation présentée par Mme A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le comportement sujet à caution de la postulante.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été condamnée par une ordonnance d'homologation du président du tribunal de grande instance de Besançon du 24 mars 2011 à une peine d'emprisonnement d'un mois avec sursis pour des faits de conduite sans permis commis le 15 décembre 2010, après avoir déjà été condamnée le 20 juillet 2007 à une peine d'amende pour des faits de même nature. Si la requérante soutient qu'elle pensait de bonne foi pouvoir conduire en France sous le couvert d'un permis de conduire ivoirien, il ressort des pièces du dossier que ce permis de conduire a été délivré le 21 novembre 2003, soit après l'installation en France de Mme A courant 2022 et que ce n'est que le 5 décembre 2011 que la requérante s'est vu délivrer un permis de conduire français, soit après sa première condamnation, alors qu'elle était supposée ne plus ignorer qu'elle ne pouvait pas conduire en France sous couvert d'un permis de conduire ivoirien. Dans ces conditions, alors que les faits en cause ne sont pas dépourvus de gravité et ne présentaient pas un caractère exagérément anciens à la date à laquelle la décision a été prise, et eu égard au large pouvoir dont dispose le ministre pour apprécier l'opportunité d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le ministre de l'intérieur a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en ajournant sa demande de naturalisation pour une période de deux ans aux fins d'éprouver durant cette période son comportement. Par ailleurs, la décision attaquée étant fondée uniquement sur les faits de conduite sans permis, et non également sur les faits d'extorsion évoqués par le préfet du Doubs dans sa décision à laquelle la décision ministérielle s'est substituée, la requérante ne peut utilement soutenir qu'elle a été relaxée pour ces derniers faits.
5. Les circonstances relatives à la composition familiale de la requérante et à son insertion professionnelle sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, compte tenu du motif d'ajournement retenu.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Hakkar et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026