LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2012447

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2012447

mercredi 13 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2012447
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSURJOUS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2020, la société U Spuntinu, prise en la personne de sa gérante, Mme C B, représentée par Me Surjous, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a accordé le concours de la force publique à l'huissier chargé de procéder à son expulsion des locaux qu'elle occupe à la gare de Pornichet ;

2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son profit d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce que les dispositions de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution ne peuvent être appliquées sur le fondement d'une décision judiciaire rendue le 15 décembre 2017, il y a près de trois ans, alors que, depuis lors, la société SNCF Mobilités a continué à percevoir ses loyers, renonçant ainsi à se prévaloir de la décision judiciaire intervenue, que sa dette est aujourd'hui soldée et que le commandement de quitter les lieux fait l'objet d'un recours pendant devant le juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire ;

- le commandement de quitter les lieux est entaché de nullité pour défaut de qualité de M. A de représenter la société SNCF Mobilités, société qu'il a quittée en octobre 2019 ;

- le sous-préfet de Saint-Nazaire a commis une erreur de droit en accordant le concours de la force publique alors que les dispositions relatives à l'état d'urgence, notamment celles de l'article 4 de l'ordonnance n° 2020-316 du 25 mars 2020, font obstacle à son expulsion ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard au caractère disproportionné de la mesure qui ne lui donne qu'une journée pour évacuer les lieux alors qu'elle doit réaliser son inventaire et résilier ses contrats avec ses fournisseurs.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2021, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société U Spuntinu ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- l'ordonnance n° 2020-316 du 25 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendues au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,

- et les conclusions de M. Gave, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une convention du 15 février 2011, la société nationale des chemins de fer français (SNCF), aux droits de laquelle est venu l'établissement public SNCF Mobilités, a autorisé la société U Spuntinu à occuper pendant neuf ans un espace, relevant du domaine public ferroviaire, dont elle est propriétaire au sein de la gare de Pornichet, afin d'y exploiter un établissement de restauration à emporter. Constatant le défaut de paiement, par la société U Spuntinu, de l'intégralité des redevances contractuellement prévues pour l'occupation de cette dépendance du domaine public, la SNCF a, le 10 mars 2016, mis en demeure la société U Spuntinu d'acquitter sa dette, sous peine de voir résiliée de plein droit la convention d'occupation du domaine public. Par un courrier du 5 avril 2016, la SNCF, d'une part, a informé la société U Spuntinu que, faute d'avoir déféré à la mise en demeure, la convention d'occupation du domaine public du 15 février 2011 était résiliée de plein droit, d'autre part, l'a mise en demeure de libérer les locaux qu'elle occupait avant le 20 avril 2016. Les locaux n'ayant pas été libérés, SNCF Mobilités a demandé au tribunal administratif de Paris d'ordonner à la société U Spuntinu de libérer ces locaux. Par un jugement du 15 décembre 2017, le tribunal administratif de Paris a ordonné à la société U Spuntinu de libérer, sans délai, les dépendances du domaine public qu'elle occupe au sein de la gare de Pornichet et d'en évacuer tous les matériels et machines entreposés dans les locaux indument occupés, sous astreinte de 75 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, et condamné la société U Spuntinu à verser à l'établissement public SNCF Mobilités une somme de 10 280,99 euros correspondant au montant des redevances d'occupation domaniale impayées et à une indemnité pour occupation indue du domaine public. La société U Spuntinu ayant interjeté appel de ce jugement, la cour administrative d'appel de Paris, par un arrêt du 21 mars 2019, a rejeté sa requête. Le 21 novembre 2019, le Conseil d'Etat a refusé d'admettre le pourvoi formé à l'encontre de cet arrêt par la société U Spuntinu. Un commandement de quitter les lieux a été délivré à la société U Spuntinu le 15 septembre 2020. L'huissier instrumentaire a demandé au préfet de la Loire-Atlantique d'accorder le concours de la force publique pour l'exécution du jugement du 15 décembre 2017 du tribunal administratif de Paris. Par une décision du 3 décembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a fait droit à cette demande à compter du 7 décembre 2020. Par la présente requête, la société U Spuntinu demande au tribunal d'annuler cette décision du préfet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la circonstance que la procédure de mise en œuvre de l'expulsion de la société U Spuntinu n'a été engagée par SNCF Mobilités que près de trois ans après la date du jugement du tribunal administratif de Paris ordonnant cette expulsion est sans incidence sur le caractère exécutoire de ce jugement, lequel n'est au demeurant devenu définitif que le 21 novembre 2019. De même, les circonstances, invoquées par la société U Spuntinu, qu'elle ait soldé sa dette de loyers envers SNCF Mobilités et que cet établissement lui ait réclamé le paiement de redevances d'occupation sont sans incidence sur le caractère exécutoire du jugement du tribunal administratif de Paris.

3. En deuxième lieu, il ne résulte d'aucune disposition qu'il appartienne au préfet, saisi d'une demande d'octroi du concours de la force publique pour l'exécution d'un jugement d'expulsion, d'apprécier la validité du commandement de quitter les lieux délivré par l'huissier de justice. Par suite, la société U Spuntinu ne peut utilement soutenir que le commandement de quitter les lieux qui lui a été délivré par l'huissier instrumentaire était irrégulier.

4. En troisième lieu, l'ordonnance du 25 mars 2020, visée ci-dessus, relative au paiement des loyers, des factures d'eau, de gaz et d'électricité afférents aux locaux professionnels des entreprises dont l'activité est affectée par la propagation de l'épidémie de covid-19 dispose, en son article 1, que : " Peuvent bénéficier des dispositions des articles 2 à 4 les personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique qui sont susceptibles de bénéficier du fonds de solidarité mentionné à l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 susvisée. () ". Aux termes de l'article 4 de cette même ordonnance : "Les personnes mentionnées à l'article 1er ne peuvent encourir () d'exécution de clause résolutoire, de clause pénale ou de toute clause prévoyant une déchéance, ou d'activation des garanties ou cautions, en raison du défaut de paiement de loyers ou de charges locatives afférents à leurs locaux professionnels et commerciaux, nonobstant toute stipulation contractuelle et les dispositions des articles L. 622-14 et L. 641-12 du code de commerce. / Les dispositions ci-dessus s'appliquent aux loyers et charges locatives dont l'échéance de paiement intervient entre le 12 mars 2020 et l'expiration d'un délai de deux mois après la date de cessation de l'état d'urgence sanitaire déclaré par l'article 4 de la loi du 23 mars 2020 précitée. ".

5. La société requérante se prévaut de ces dispositions pour soutenir qu'elles faisaient obstacle à son expulsion. Toutefois, le jugement du tribunal administratif de Paris ordonnant l'expulsion de la société a été rendu le 15 décembre 2017, soit bien avant que ne soit déclaré l'état d'urgence sanitaire. Les dispositions précitées de l'ordonnance du 25 mars 2020 n'ont eu ni pour objet, ni pour effet de remettre en cause le caractère exécutoire de ce jugement.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ". L'article L. 153-2 du même code dispose que : " " L'huissier de justice chargé de l'exécution peut requérir le concours de la force publique. ".

7. Il résulte de ces dispositions que le préfet, saisi d'une demande en ce sens, doit prêter le concours de la force publique en vue de l'exécution des décisions de justice ayant force exécutoire. Seules des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public, ou des circonstances postérieures à une décision de justice ordonnant l'expulsion d'occupants d'un local, faisant apparaître que l'exécution de cette décision serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. Dès lors, il appartient au juge de rechercher si l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration sur la nature et l'ampleur des troubles à l'ordre public susceptibles d'être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l'expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l'ayant ordonné, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. En l'espèce, la décision attaquée du préfet de la Loire-Atlantique, notifiée le 3 décembre 2020 à la société U Spuntinu, octroyait le concours de la force publique à partir du 7 décembre 2020. La société, informée de longue date de l'obligation qui lui était faite de libérer les locaux qu'elle occupait sans droit ni titre, disposait donc d'au moins trois jours pour prendre ses dispositions en vue de cette libération. Dès lors, en accordant le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion de la société U Spuntinu, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de la société.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 3 décembre 2020.

Sur les frais du litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée sur le fondement de ces dispositions par la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société U Spuntinu est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société U Spuntinu et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.

Le président-rapporteur,

L. MARTIN

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

D. LABOUYSSELa greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. Malingre

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions