mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012788 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | EKEU |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2001451 du 11 décembre 2020 prise sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le président du tribunal administratif de Mayotte a transmis au tribunal administratif de Nantes le dossier de la requête présentée par M. G E.
Par cette requête, enregistrée le 29 novembre 2020 au tribunal administratif de Mayotte, et le 11 décembre 2020 au tribunal administratif de Nantes, M. E, représenté par Me Jean-Paul Ekeu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 février 2020 par laquelle le préfet de Mayotte a ajourné à deux ans sa demande d'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation ;
2°) d'annuler la décision du 6 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur, statuant sur le recours formé contre cette décision préfectorale, a ajourné à deux ans à compter du 6 février 2020 cette même demande ;
3°) de "déclarer" sa nationalité française et d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de sa demande sous astreinte d'un montant de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision préfectorale, motivée uniquement par un défaut d'insertion professionnelle, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision prise au nom du ministre de l'intérieur a été signée par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen ;
- cette même décision, motivée uniquement par un rappel à la loi, est également entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle repose sur la prise en compte de faits portés à la connaissance de l'administration au moyen d'une consultation, par des personnes qui n'étaient pas habilitées, du fichier relatif au traitement des antécédents judiciaires, méconnaissant ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article R. 40-29 du code de procédure pénale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2021, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. E.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale ne sont pas recevables dès lors que sa décision du 6 octobre 2020 s'y est substituée ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
- à titre subsidiaire, s'agissant des conclusions à fin d'injonction, il n'appartient pas au juge de substituer sa décision à celle de l'administration et le délai à l'issue duquel devra intervenir la nouvelle décision en cas d'annulation de celle en litige devra être fixé à au moins six mois.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. E par une décision du 17 août 2020 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Mamoudzou en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 mars 2024 à 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. M. G E est un ressortissant comorien qui est né 19 juin 1990. Il a présenté, auprès des services de la préfecture de Mayotte, où il est domicilié, une demande tendant à l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation. Par une décision du 6 février 2020, l'autorité préfectorale a ajourné cette demande en fixant un délai de deux ans avant qu'il puisse en présenter une nouvelle. M. E a, pour contester cette décision et comme il y était tenu en application de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif notamment aux décisions de naturalisation, saisi le ministre de l'intérieur d'un recours. Ce recours a été expressément rejeté le 6 octobre 2020, le ministre de l'intérieur estimant également que la demande de naturalisation devait être ajournée à deux ans à compter du 6 février 2020. L'intéressé demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision et de la décision préfectorale.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale du 6 février 2020 :
2. Le recours devant le ministre de l'intérieur formé contre la décision du préfet de Mayotte du 6 février 2020 constitue, en vertu de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, une formalité qui doit être obligatoirement accomplie avant la saisine éventuelle du juge. Cette formalité a pour objet de permettre au ministre de l'intérieur d'arrêter définitivement la position de l'administration sur la demande de naturalisation. Par suite, la décision du ministre de l'intérieur du 6 octobre 2020 s'est substituée à celle du préfet de Mayotte du 6 février 2020. Dès lors, seule la décision de ce ministre peut faire l'objet d'un recours devant le tribunal. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale sont, ainsi que le soutient le ministre de l'intérieur, irrecevables. Elles ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle du 6 octobre 2020 :
En ce qui concerne les moyens de légalité externe :
3. En premier lieu, en vertu de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, la directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité bénéficie d'une délégation pour signer, au nom du ministre chargé des naturalisations, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous son autorité. Ce même décret autorise, en son article 3, cette directrice à déléguer elle-même cette signature.
4. Par une décision du 30 août 2018, régulièrement publiée au Journal officiel de la République française le 2 septembre 2018, Mme A B, directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité, nommée dans ces fonctions par décret du président de la République du 28 septembre 2016, régulièrement publié au Journal officiel, a donné à Mme C D, attachée principale d'administration de l'Etat, adjointe au chef du bureau des affaires juridiques, du précontentieux et du contentieux et signataire de la décision attaquée, une délégation pour signer les décisions statuant sur les recours formés sur le fondement de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'une délégation de signature exécutoire au bénéfice de la signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : " Toute décision () ajournant () une demande () de naturalisation () doit être motivée ". Elle doit, en conséquence, comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement afin de permettre à l'intéressé de connaître les raisons pour lesquelles cette décision a été prise et de pouvoir, le cas échéant, la contester. La circonstance que ces considérations seraient entachées d'illégalité, en particulier d'erreur de fait est, eu égard à la finalité de l'obligation de motivation, sans incidence dans l'appréciation du respect de cette obligation.
6. La décision attaquée du 6 octobre 2020, qui se réfère aux articles 45 et 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 qui permettent au ministre de l'intérieur d'ajourner jusqu'à l'expiration d'un certain délai une demande de naturalisation, mentionne que la demande présentée par M. E est ajournée à deux années au motif que l'intéressé a fait l'objet d'une procédure pour des faits de vol le 20 mai 2015 qui ont donné lieu à un rappel à la loi. Dès lors, cette décision est motivée au sens des dispositions précitées de l'article 27 du code civil.
En ce qui concerne les moyens de légalité interne :
7. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Selon l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. (). Ce délai une fois expiré (), il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au ministre de l'intérieur de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à la personne qui la sollicite et qu'il dispose, en cette matière, d'un large pouvoir d'appréciation. Il peut légalement prendre en compte, dans l'exercice de ce pouvoir, des renseignements défavorables recueillis concernant le comportement de l'intéressé.
8. En premier lieu, il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier, et notamment pas de la motivation de la décision attaquée, laquelle se réfère aux éléments d'information produits par M. E à l'appui de son recours administratif, que le ministre de l'intérieur n'aurait pas procédé à un examen de sa situation avant de décider d'ajourner à deux ans sa demande de naturalisation. Si, pour contester la manière dont le ministre de l'intérieur a examiné sa demande, M. E se prévaut des énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 21 juin 2013 relative à l'accès à la nationalité française, cette circulaire n'a pas été publiée dans les conditions fixées par l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration. En conséquence, conformément à cet article, elle était abrogée à la date de la décision attaquée de sorte qu'elle est, en tout état de cause, inopposable. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation de M. E doit être écarté.
9. En deuxième lieu, en vertu de l'article 36 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " Toute demande de naturalisation () fait l'objet d'une enquête à laquelle procède l'autorité auprès de laquelle elle a été déposée (). / Cette enquête, qui porte sur la conduite et le loyalisme du postulant, est effectuée par les services de police ou de gendarmerie territorialement compétents. Elle peut être complétée par une consultation des organismes consulaires et sociaux. () ". Dans le cadre de l'examen mentionné au point 7, le ministre de l'intérieur tient notamment compte de la conduite du demandeur telle qu'elle ressort en particulier de l'enquête administrative prévue par cet article, dont l'objet n'est pas limité à la recherche d'éventuelles condamnations pénales.
10. Aux termes de l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité : " Il est procédé à la consultation prévue à l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure pour l'instruction des demandes d'acquisition de la nationalité française () ". Selon l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure : " Un décret en Conseil d'Etat fixe la liste des enquêtes administratives () qui donnent lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale () ". Ce dernier article énonce : " Afin de faciliter la constatation des infractions à la loi pénale, le rassemblement des preuves de ces infractions et la recherche de leurs auteurs, les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale peuvent mettre en œuvre des traitements automatisés de données à caractère personnel recueillies : / 1° Au cours des enquêtes préliminaires ou de flagrance ou des investigations exécutées sur commission rogatoire et concernant tout crime ou délit ainsi que les contraventions de la cinquième classe sanctionnant : / a) Un trouble à la sécurité ou à la tranquillité publiques ; / b) Une atteinte aux personnes, aux biens ou à l'autorité de l'Etat ; / 2° Au cours des procédures de recherche des causes de la mort () ou de recherche des causes d'une disparition () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'enquête prévue à l'article 36 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 inclut la consultation des traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale.
11. L'article R. 40-23 du code de procédure pénale dispose que : " Le ministre de l'intérieur (direction générale de la police nationale et direction générale de la gendarmerie nationale) est autorisé à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel, dénommé ''traitement d'antécédents judiciaires", dont les finalités sont celles mentionnées à l'article 230-6. ". Aux termes de l'article 230-8 du code de procédure pénale : " Le traitement des données à caractère personnel est opéré sous le contrôle du procureur de la République territorialement compétent, qui, d'office ou à la demande de la personne concernée, ordonne qu'elles soient effacées, complétées ou rectifiées, notamment en cas de requalification judiciaire, ou qu'elles fassent l'objet d'une mention. () En cas de décision de non-lieu ou de classement sans suite, les données personnelles concernant les personnes mises en cause font l'objet d'une mention, sauf si le procureur de la République ordonne l'effacement des données personnelles. Lorsque les données personnelles relatives à la personne concernée font l'objet d'une mention, elles ne peuvent faire l'objet d'une consultation dans le cadre des enquêtes administratives prévues aux articles () L. 234-1 à L. 234-3 du code de la sécurité intérieure et à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité. () ". Selon l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : 1° Les personnels de la police et de la gendarmerie habilités selon les modalités prévues au 1° et au 2° du I de l'article R. 40-28 ; () ".
12. Il résulte des dispositions du code de procédure pénale précitées que, dans le cadre d'une enquête administrative menée pour l'instruction d'une demande d'acquisition de la nationalité française, les données à caractère personnel concernant une personne mise en cause qui figurent le cas échéant dans le traitement des antécédents judiciaires ne peuvent être consultées lorsqu'elles ont fait l'objet d'une mention, notamment à la suite d'une décision de non-lieu ou de classement sans suite.
13. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du rapport d'enquête adressé au préfet de Mayotte, que M. E est connu du traitement automatisé de données à caractère personnel, dénommé "traitement d'antécédents judiciaires", au sein duquel est inscrite la procédure pour des faits de vol simple commis le 20 mai 2015. Si c'est à partir de la consultation des données personnelles figurant dans ce traitement automatisé que les faits ayant fondé la décision d'ajournement en litige ont été portées à la connaissance du ministre de l'intérieur, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas du rapport d'enquête précité, que la décision de classement sans suite prise à l'issue de la procédure engagée à l'encontre de l'intéressé à raison de ces faits de vol simple aurait fait l'objet d'une mention dans le traitement des antécédents judiciaires. Il ne ressort dès lors pas des pièces du dossier qu'ils n'auraient pas pu être portés à la connaissance des services en charge de l'instruction de la demande de naturalisation présentée par M. E à partir d'une consultation du traitement des antécédents judiciaires le concernant. Par suite, le moyen tiré de ce la décision attaquée ne pouvait prendre appui sur des faits portés à la connaissance de l'administration en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause s'agissant de ce dernier article, être écarté.
14. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté, que M. E a commis des faits de vol simple le 20 février 2015. Si l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une condamnation pénale à raison de ces faits, ces derniers ont donné lieu à un rappel à la loi sur le fondement des dispositions alors en vigueur du 1° de l'article 41-1 du code de procédure pénale, lequel est décidé lorsqu'il apparaît qu'une telle mesure est susceptible d'assurer la réparation du dommage causé à la victime, de mettre fin au trouble résultant de l'infraction ou de contribuer au reclassement de l'auteur des faits. Ces derniers paraissent isolés, mais, d'une part, le requérant ne fournit aucune précision sur la nature des biens qu'il a volés, d'autre part, ils n'étaient antérieurs que d'un peu plus de cinq années par rapport à la date de la décision attaquée de sorte que c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. E.
15. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 6 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation. Par voie de conséquence, l'ensemble de ses autres conclusions doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G E ainsi qu'au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
Le rapporteur,
D. F
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026