mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2012944 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2020, Mme B E, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 22 octobre 2020 par lesquels le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois et l'a assignée à résidence pour une durée maximale de quarante-cinq jours renouvelable ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de condamner l'Etat à verser à Me Martin une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de l'arrêté était incompétent pour ce faire ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 511-4 (10°) du code de l'entrée du séjour et du droit d'asile ;
- la décision attaquée a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée a été prise en violation du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision attaquée a été prise en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- le signataire de la décision attaquée n'était pas compétent pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation ;
- la décision encourt l'annulation par voie de conséquence de celle de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée familiale et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- la décision attaquée est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- le signataire de la décision attaquée était incompétent pour ce faire.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 décembre 2020, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Mme E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2020.
Vu :
- le jugement du 28 décembre 2020 du magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante congolaise née le 1ier février 1988, est entrée sur le territoire français le 1er juillet 2014. Sa demande d'asile ayant été rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 3 juin 2015 puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 5 octobre 2015, une obligation de quitter le territoire français lui a été notifiée le 27 novembre 2015. Cependant compte tenu de sa vie commune avec M. F, elle a obtenu un titre de séjour " vie privée et familiale " qui a été renouvelé jusqu'au 14 décembre 2019. Constatant que le couple s'était séparé en mars 2018, le préfet de la Sarthe a, par décision du 19 avril 2019, retiré son titre de séjour. Le recours gracieux qu'elle a formé contre cette décision a été rejeté 12 juillet 2019. Le 11 février 2020, elle a saisi le préfet de la Sarthe d'une nouvelle demande de titre de séjour. Par deux arrêtés du 22 octobre 2020, l'autorité préfectorale, d'une part, a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, lui a interdit d'y revenir pendant une durée d'un an et, d'autre part, l'a assignée à résidence. Par sa requête, Mme E demande l'annulation de ces deux arrêtés.
2. Par un jugement du 28 décembre 2020, le magistrat désigné du tribunal a annulé les décisions portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de destination, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ainsi que l'arrêté du 22 octobre 2020 portant assignation à résidence, a enjoint au préfet de la Sarthe de délivrer à Mme E une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours et condamné l'Etat à verser à Me Martin une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il a par ailleurs renvoyé les conclusions tendant à l'annulation de la décision du
22 octobre refusant à Mme E la délivrance d'un titre de séjour et les conclusions à fin d'injonction y afférentes, devant une formation collégiale du tribunal, laquelle y statue par le présent jugement, et rejeté le surplus des conclusions de la requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 22 octobre 2020 portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilités, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ()". Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article
L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme E est mère de l'enfant D F née le 20 décembre 2015 de son union avec M. C F, ressortissant congolais (République du Congo) né le 4 octobre 1987, lequel séjourne régulièrement en France sous couvert d'une carte de résident valable jusqu'au 6 juin 2029. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le couple s'est séparé courant 2018. Si Mme E soutient qu'elle a repris la vie commune avec M. F et qu'il est le père des jumeaux dont elle était enceinte à la date de la décision attaquée, elle n'apporte aucun élément probant attestant de leur vie commune autre qu'une attestation établie par M. F lui-même, ni aucun élément qui permettrait de regarder ce dernier comme le père des enfants à naître. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F participerait à l'entretien et à l'éducation de la jeune D. Dans ces conditions, le préfet de la Sarthe a pu, sans commettre ni erreur de fait ni erreur manifeste d'appréciation, ni méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, rejeter la demande de titre de séjour de Mme E. Les éléments invoqués par Mme E ne peuvent davantage être regardés comme constituant par eux-mêmes des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Sarthe, en refusant de l'admettre au séjour à titre exceptionnel, n'a donc pas davantage méconnu ces dispositions.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme E à fin d'annulation du refus de titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte y afférentes doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Me Martin et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le rapporteur,
P-E. A
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026