mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2013430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 décembre 2020, le 28 mars 2022 et le 3 octobre 2022, la SCI de la Papilnière, représentée par Me Viaud, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Barbâtre lui a refusé la réalisation d'un accès au droit du chemin des Oyats, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Barbâtre de réexaminer la demande de la SCI de la Papilnière dans un délai de 15 jours à compter du présent jugement et, le cas échéant, proposer tout aménagement léger susceptible de permettre l'accès de la parcelle à la voie publique ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Barbâtre la somme de 2 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence de l'auteur de la décision attaquée n'est pas établie ;
- le maire de Barbâtre a fait une inexacte application de l'article 10 du plan local d'urbanisme de la commune, le chemin des Oyats ne pouvant être qualifié de sentier piéton ;
- le maire de Barbâtre a fait une inexacte application de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le maire de Barbâtre n'a pas proposé d'aménagements alternatifs.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 mars 2021, le 14 juin 2022 et le 24 novembre 2022, la commune de Barbâtre, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Brémond, premier conseiller,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Noury, substituant Me Viaud, avocate de la SCI de la Papilniere,
- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocate de la commune de Barbâtre.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI de la Papilnière a déposé, le 26 mars 2020, une déclaration préalable afin d'être autorisée à procéder à l'ouverture d'un portail sur la parcelle cadastrée section AD n° 773 à Barbâtre (Vendée) et ce, afin de permettre l'accès de cette parcelle au chemin des Oyats, directement au Sud. Par un arrêté du 23 juillet 2020, dont la SCI de la Papilnière demande l'annulation, le maire de Barbâtre s'est opposé à cette déclaration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 28 mai 2020 exécutoire le 4 juin 2020, le maire de Barbâtre a donné à M. A B, quatrième adjoint en charge de l'urbanisme, délégation à l'effet de signer notamment les permis d'aménager, les autorisations préalables, les certificats d'urbanisme et autres documents relatifs au droit des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 10 du plan local d'urbanisme de la commune de Barbâtre : " () Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins. Aucune opération ne peut être desservie par des pistes cyclables, des sentiers piétons, des chemins de halage et de marchepied Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte, défense contre I 'incendie, protection civile, brancardage, stationnement, collecte des ordures ménagères () / Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Le nombre d'accès sur /es voies publiques peut être limité dans l'intérêt de la sécurité. En particulier, lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, les constructions peuvent n'être autorisées que sous réserve que l'accès soit établi sur la voie ou la gêne pour la circulation sera la moindre. A ce titre, les sorties directes des garages sur voies et emprises publiques pourront être refusées () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la partie du chemin des Oyats au droit de laquelle la SCI de la Papilnière sollicite la réalisation d'un accès est, à cet endroit, un sentier piéton, dont l'accès est interdit aux véhicules par des poteaux en bois. Ce sentier est un chemin de sable non empierré, donnant accès directement à l'espace dunaire et à la plage, et il est utilisé pour la promenade à pied. Les photographies et le constat d'huissier produits par la commune attestent que cette partie du sentier, d'une faible largeur, ravinée en cas de forte pluie, n'est pas adaptée à la circulation des véhicules. Des poteaux ont été mis en place en 2019 à la suite de l'approbation du plan local d'urbanisme, pour indiquer l'usage uniquement piétonnier de cette partie du chemin. Contrairement à ce que soutient la SCI, ce sentier n'est pas assimilable à une voie ouverte à la circulation générale mais à une promenade, et ne confère ainsi aucun droit d'accès aux riverains. La circonstance que ce chemin ne soit pas répertorié sur les cartes comme un chemin de promenade ou de randonnée est sans incidence sur la qualification de celui-ci. En outre, la décision attaquée ne prive par la requérante du droit d'accéder librement à sa propriété, un autre accès des véhicules étant possible par l'impasse des Mouettes située au nord de son terrain, en créant une servitude de passage sur le fonds voisin. Dans ces conditions, la SCI de la Papilnière n'est pas fondée à soutenir que le maire de Barbâtre a fait une inexacte application des dispositions de l'article 10 du plan local d'urbanisme de la commune.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance, de son implantation à proximité d'autres installations. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la partie du chemin des Oyats au droit de la propriété de la SCI de la Papilnière est d'une largeur comprise entre 3 et 4 mètres, sans trottoir, et présente ainsi un risque concernant la cohabitation des piétons et des véhicules à moteur, notamment en raison de la proximité de la plage et de la fréquentation possible de ce chemin par un public familial en période estivale, en dépit des circonstances selon lesquelles le trafic automobile y serait réduit, et qu'un nombre limité de piétons l'emprunteraient. Par ailleurs, si la SCI soutient qu'il était possible pour la commune d'assortir sa décision de prescriptions de nature à remédier au risque pour la sécurité publique, elle n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation. Il en résulte que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le maire de Barbâtre a fait une inexacte application des dispositions de l'article R 111-2 du code de l'urbanisme précitées.
7. En quatrième lieu, si la SCI de la Papilnière soutient qu'il appartenait au maire de la commune de Barbâtre de proposer une alternative au rejet de la demande, même si elle rendait nécessaire un aménagement léger, la recherche d'un tel aménagement n'est exigée que lorsque l'accès à la voie publique avec un véhicule est de nature à mettre en cause la sécurité de la circulation. L'accès en litige étant situé au droit d'un sentier exclusivement piétonnier non ouvert à la circulation des véhicules à moteur, la commune de Barbâtre n'avait pas pour obligation de rechercher une alternative. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait illégale pour ce motif doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI de la Papilnière n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 23 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Barbâtre lui a refusé la réalisation d'un accès au droit du chemin des Oyats, ni de la décision de rejet de son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SCI de la Papilnière soit mise à la charge de la commune de Barbâtre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la commune à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI de la Papilnière est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Barbâtre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI de la Papilnière et à la commune de Barbâtre.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
E. BRÉMOND
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026