jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2013455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | FELLOUS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 août 2020, le 27 octobre 2020 et le 24 mars 2021 sous le n° 2007872, M. B A, représenté par Me Fellous, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du ministre de l'intérieur rejetant son recours contre la décision du 27 avril 2020 par laquelle le préfet du Val-de-Marne avait déclaré irrecevable sa demande de naturalisation, ensemble ladite décision préfectorale ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui octroyer la nationalité française et, subsidiairement, de réexaminer sa demande de naturalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que la décision attaquée :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il vit en France depuis 2002 ;
- il remplit toutes les autres conditions de recevabilité d'une demande de naturalisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les conclusions dirigées contre la décision préfectorale sont irrecevables, que sa décision expresse s'est substituée à sa décision implicite, et qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Des mémoires présentés par M. A ont été enregistrés les 2 mars 2021, 16 mars 2021 et 12 avril 2021, et ont été écartés des débats à défaut que leur dépôt ait été régularisé par voie électronique conformément aux dispositions de l'article R. 414-2 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 26 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 26 septembre 2022.
Un mémoire présenté par M. A a été enregistré le 12 décembre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.
Par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes du 21 août 2020, la demande de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejetée.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 décembre 2020 et le 12 mars 2021 sous le n° 2013455, M. B A, représenté par Me Fellous, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision expresse du ministre de l'intérieur du 13 novembre 2020 rejetant son recours contre la décision du 27 avril 2020 par laquelle le préfet du Val-de-Marne avait déclaré irrecevable sa demande de naturalisation.
Il soutient qu'il remplit toutes les conditions de recevabilité d'une demande de naturalisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Le ministre présente la même argumentation que dans son mémoire visé dans la procédure enregistrée sous le n° 2007872.
Un mémoire présenté par M. A a été enregistré le 2 mars 2021 et a été écarté des débats à défaut que son dépôt ait été régularisé par voie électronique conformément aux dispositions de l'article R. 414-2 du code de justice administrative.
Un mémoire présenté par M. A a été enregistré le 13 mars 2021 et a été écarté des débats dès lors qu'il concernait l'instance n° 2007872.
Par ordonnance du 16 octobre 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 17 novembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hannoyer, premier conseiller,
- et les observations de Me Lamandé, substituant Me Fellous, représentant M. A, en présence de ce dernier.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 27 avril 2020, le préfet du Val-de-Marne a déclaré irrecevable la demande de naturalisation présentée par M. B A, ressortissant bangladais né le 25 décembre 1974. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire reçu le 24 juin 2020, le ministre de l'intérieur a, par une décision expresse du 13 novembre 2020, qui s'est substituée à la décision du préfet du Val-de-Marne et à sa propre décision implicite de rejet, rejeté ce recours. Par la requête n° 2007872, M. A demande l'annulation de la décision préfectorale ainsi que la décision implicite de rejet du ministre. Par la requête n° 2013455, il demande en outre l'annulation de la décision expresse du ministre du 13 novembre 2020.
2. Les requêtes nos 2007872 et 2013455, présentées pour M. A, concernent la situation d'un même postulant, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. En premier lieu, en application des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, les décisions par lesquelles le ministre statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées. Par suite, les conclusions de M. A dirigées contre la décision du préfet du Val-de-Marne doivent être rejetées comme irrecevables et les moyens dirigés contre la décision préfectorale doivent être écartés comme inopérants.
4. En second lieu, si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. En l'espèce, si le silence gardé par le ministre de l'intérieur sur le recours formé par M. A contre la décision préfectorale du 27 avril 2020 prononçant l'ajournement de sa demande de naturalisation a fait naître une décision implicite de rejet, le ministre a, par une décision explicite intervenue le 13 novembre 2020, rejeté le recours de M. A. Par suite, les requêtes doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision ministérielle expresse du 13 novembre 2020, laquelle s'est substituée à la décision implicite du ministre.
Sur la décision du ministre du 13 novembre 2020 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : "'Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée'". La décision attaquée vise l'article 21-17 du code civil et mentionne les circonstances de faits propres à la situation du postulant. Ainsi cette décision comporte, avec suffisamment de précision, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Par suite, elle est suffisamment motivée et satisfait aux exigences de l'article 27 du code civil.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-17 du code civil : " Sous réserve des exceptions prévues aux articles 21-18, 21-19 et 21-20, la naturalisation ne peut être accordée qu'à l'étranger justifiant d'une résidence habituelle en France pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande ".
7. Pour déclarer irrecevable la demande de naturalisation de M. A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne justifiait pas de cinq ans de résidence continue et régulière en France à la date de sa demande.
8. Il ressort des pièces du dossier que si M. A est entré sur le territoire français en 2002, il y a séjourné irrégulièrement jusqu'au 13 mars 2015, date de délivrance à l'intéressé d'un récépissé de demande d'un premier titre de séjour portant la mention visiteur. Ainsi, au 11 février 2020, date à laquelle il a déposé sa demande de naturalisation, le requérant ne justifiait pas encore d'une résidence continue et régulière de cinq ans sur le territoire français. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, déclarer irrecevable la demande de naturalisation de M. A pour le motif susmentionné, une telle irrecevabilité ne faisant pas obstacle à ce que l'intéressé s'il s'y croit fondé dépose une nouvelle demande de naturalisation, dès lors que postérieurement à sa demande déposée le 11 février 2020, il a pu justifier de cinq années de présence habituelle et régulière en France
9. En dernier lieu, la circonstance selon laquelle M. A remplirait toutes les autres conditions de recevabilité d'une demande de naturalisation est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif sur lequel elle se fonde.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A ne peuvent qu'être rejetée, en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2': Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'Intérieur et des Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
Le rapporteur,
R. HANNOYER La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2007872, 2013455
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026