vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2013489 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SAINT GEORGES CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Gruwez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours formé contre la décision du 11 mai 2020 du préfet de Seine-Saint-Denis ajournant à quatre ans sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la matérialité des faits n'est pas établie et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 21-23 du code civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions en annulation dirigées contre la décision implicite de rejet du ministre sont irrecevables dès lors qu'une décision explicite de rejet en date du 8 décembre 2020 a été prise ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Benoist a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant centrafricain, a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet de Seine-Saint-Denis qui a, par une décision du 11 mai 2020, ajourné sa demande à quatre ans. Il a formé un recours contre cette décision auprès du ministre de l'intérieur qui, par une décision du 8 décembre 2020, lui a substitué un ajournement de trois ans au motif que l'intéressé a été condamné, le 21 mars 2012, à 200 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Bobigny en raison de faits commis le 25 janvier 2012 à Montfermeil pour violences aggravées sur mineur de quinze ans avec incapacité temporaire de travail de moins de huit jours. Par sa requête, M. A demande l'annulation d'une décision par laquelle le ministre de l'intérieur aurait implicitement rejeté le recours hiérarchique formé à l'encontre de la décision préfectorale du 11 mai 2020.
Sur l'objet du litige :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours administratif préalable obligatoire fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, se substitue à la première décision. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours contre la décision du 11 mai 2020 par laquelle le préfet de Seine-Saint-Denis a ajourné sa demande de naturalisation pour une durée de quatre ans. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par une décision expresse du 8 décembre 2020, le ministre de l'intérieur a rejeté le recours de l'intéressé et a substitué à la décision préfectorale un ajournement de trois ans. Dès lors, les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation d'une décision implicite d'ajournement du ministre de l'intérieur doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du ministre.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle du 8 décembre 2020':
3. En premier lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet, par un jugement du tribunal correctionnel de Bobigny en date du 21 mars 2012, d'une condamnation à deux cent euros d'amende pour la commission d'une infraction pour violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours. Cette décision est revêtue de l'autorité absolue de la chose jugée concernant les faits dont la matérialité a été considérée comme établie. Contrairement à ce qu'indique l'intéressé, ces faits n'étaient pas exagérément anciens à la date de la décision attaquée. Par suite, eu égard au large pouvoir dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder ou non la nationalité française au ressortissant étranger qui la sollicite, le ministre, en se fondant sur ces faits pour ajourner la demande de l'intéressé, n'a pas commis d'erreur de fait ni d'erreur manifeste d'appréciation, nonobstant les circonstances selon lesquelles il serait notamment intégré professionnellement, aurait créé une association ayant vocation à accompagner les femmes et à développer la cohésion sociale et le vivre-ensemble pour les enfants et familles de la résidence des Perriers.
5. En second lieu, la décision litigieuse a été prise en opportunité par le ministre de l'intérieur sur le fondement des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993, de sorte que le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'article 21-23 du code civil.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
La rapporteure,
L.-L. BENOISTLa présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
E. HAUBOIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026