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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2013629

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2013629

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2013629
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantHUBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés sous le n° 2011918 le 24 novembre 2020 et les 28 et 29 septembre 2022, Mme A B veuve C, représentée par Me Hubert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif formé le 10 février 2020 contre la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019 ayant rejeté sa demande de naturalisation, ensemble la décision préfectorale ;

2°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a, d'une part, explicitement rejeté son recours administratif formé le 10 février 2020 contre la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019 ayant rejeté sa demande de naturalisation et, d'autre part, confirmé ce rejet ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- si le tribunal considère que la décision ministérielle du 30 septembre 2020 s'est substituée à la décision préfectorale du 10 décembre 2019 ainsi qu'à la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif formé le 10 février 2020, il conviendra, en tout état de cause, qu'il annule cette décision explicite du 30 septembre 2020 ;

- la décision du 30 septembre 2020 est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit, en méconnaissance de l'article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; le motif invoqué par le ministre procède d'une discrimination dès lors qu'elle n'est plus en âge de travailler et que lorsqu'elle est arrivée sur le territoire français, elle était âgée de 64 ans et souffrait de graves problème de santé l'empêchant de travailler ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ; lorsqu'elle est arrivée sur le territoire français, elle était âgée de 64 ans et souffrait de graves problèmes de santé l'empêchant de travailler ; elle bénéficie du versement de l'allocation de solidarité aux personnes âgées depuis le 1er mai 2018 ; elle réside en France depuis plus de dix ans et y a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux ; ses deux filles sont de nationalité française et elle est hébergée chez l'une d'entre elles, qui bénéficie d'un emploi stable ; elle maîtrise parfaitement la langue française et est intégrée.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- sa décision explicite du 30 septembre 2020 s'étant substituée à celle du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019, les conclusions dirigées contre cette dernière sont irrecevables ;

- sa décision du 30 septembre 2020 a implicitement mais nécessairement procédé au retrait de sa décision implicite de rejet ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

II - Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés sous le n° 2013629 le 31 décembre 2020 et les 28 et 29 septembre 2022, Mme A B veuve C, représentée par Me Hubert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif formé le 10 février 2020 contre la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019 ayant rejeté sa demande de naturalisation, ensemble la décision préfectorale ;

2°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a, d'une part, explicitement rejeté son recours administratif formé le 10 février 2020 contre la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019 ayant rejeté sa demande de naturalisation et, d'autre part, confirmé ce rejet ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- si le tribunal considère que la décision ministérielle du 30 septembre 2020 s'est substituée à la décision préfectorale du 10 décembre 2019 ainsi qu'à la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif formé le 10 février 2020, il conviendra, en tout état de cause, qu'il annule cette décision explicite du 30 septembre 2020 ;

- la décision du 30 septembre 2020 est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit, en méconnaissance de l'article 21 de la Charte des droits fondamentaux et de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; le motif invoqué par le ministre procède d'une discrimination dès lors qu'elle n'est plus en âge de travailler et que lorsqu'elle est arrivée sur le territoire français, elle était âgée de 64 ans et souffrait de graves problèmes de santé l'empêchant de travailler ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ; lorsqu'elle est arrivée sur le territoire français, elle était âgée de 64 ans et souffrait de graves problèmes de santé l'empêchant de travailler ; elle bénéficie du versement de l'allocation de solidarité aux personnes âgées depuis le 1er mai 2018 ; elle réside en France depuis plus de dix ans et y a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux ; ses deux filles sont de nationalité française et elle est hébergée chez l'une d'entre elles, qui bénéficie d'un emploi stable ; elle maîtrise parfaitement la langue française et est intégrée.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- sa décision expresse du 30 septembre 2020 s'étant substituée à celle du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019, les conclusions dirigées contre cette dernière sont irrecevables ;

- sa décision du 30 septembre 2020 a implicitement mais nécessairement procédé au retrait de sa décision implicite de rejet ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baufumé a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 10 décembre 2019, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de naturalisation présentée par Mme A B veuve C, ressortissante algérienne. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire reçu le 13 février 2020, le ministre de l'intérieur a, par une décision expresse du 30 septembre 2020, qui s'est substituée à la décision du préfet des Bouches-du-Rhône et à sa propre décision implicite, rejeté ce recours et confirmé le rejet de la demande de naturalisation formée par Mme B veuve C. Par les requêtes enregistrées sous les numéros 2011918 et 2013629, cette dernière demande l'annulation de la décision préfectorale du 10 décembre 2019, de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté son recours administratif ainsi que de la décision du 30 septembre 2020 par laquelle il a explicitement rejeté ce même recours. Ces requêtes concernent la situation d'une même ressortissante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions d'annulation dirigées contre la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019 :

2. Aux termes de l'article 45 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ".

3. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles le ministre en charge des naturalisations statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont soumises. Par suite, la décision du ministre en date du 30 septembre 2020 s'est substituée à la décision du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 décembre 2019. Dès lors, les conclusions de l'intéressée tendant à l'annulation de cette dernière décision ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables et les moyens soulevés à l'encontre de cette décision sont inopérants et doivent être écartés.

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur :

4. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

5. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a formé un recours administratif préalable obligatoire, reçu le 13 février 2020 par le ministre de l'intérieur. En application de l'article 7 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, le délai d'instruction de ce recours, qui est de quatre mois, à l'expiration duquel est susceptible de naître une décision implicite de rejet, a été suspendu entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020. Par suite, aucune décision explicite de rejet n'étant intervenue avant cette date, une décision implicite de rejet est née le 24 septembre 2020.

6. Il résulte des dispositions citées au point 4 ci-dessus que les conclusions de Mme B dirigées contre la décision implicite née du silence gardé par le ministre doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 30 septembre 2020, par laquelle le ministre a explicitement rejeté son recours administratif ainsi que sa demande de naturalisation.

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 30 septembre 2020 du ministre de l'intérieur

7. En premier lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : "'Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée'". Il ressort des termes de la décision ministérielle attaquée du 30 septembre 2020, qui vise les articles 45 et 48 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, que, pour rejeter la demande de naturalisation de Mme B veuve C, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que cette dernière n'avait pas de revenus personnels suffisants et ne subvenait pour l'essentiel à ses besoins qu'à l'aide de prestations sociales, en l'espèce l'allocation de solidarité aux personnes âgées. Ainsi, la décision mentionne de manière suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

8. En deuxième lieu, d'une part, l'accès à la nationalité française ne constitue pas un droit pour l'étranger qui la sollicite. Dès lors, le refus d'accorder la naturalisation à un étranger au motif qu'il ne dispose pas de ressources suffisantes et stables ne saurait constituer, contrairement à ce que soutient la requérante, une discrimination dans l'accès à un droit fondamental. Par suite, Mme B veuve C ne peut utilement invoquer la prétendue violation de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, il résulte des stipulations de l'article 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qu'elle s'adresse " aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union ". Par suite, et dès lors que la décision contestée ne met pas en œuvre le droit de l'Union, la requérante ne peut utilement soutenir que cette décision méconnait l'article 21 de cette charte. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur de droit, en ce que la décision attaquée procéderait d'une discrimination, doit être écarté.

9. En troisième lieu aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 susmentionné : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré de l'insertion professionnelle du postulant ainsi que son degré d'autonomie matérielle, apprécié au regard du caractère suffisant et durable de ses ressources propres.

10. Par ailleurs, pour rejeter une demande de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, l'autorité administrative ne peut se fonder ni sur l'existence d'une maladie ou d'un handicap ni, par suite, sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé lorsqu'elle résulte directement d'une maladie ou d'un handicap.

11. Il ressort des pièces du dossier, notamment d'une attestation de la Caisse des dépôts et consignations et de l'avis d'impôts sur les revenus de l'intéressée, qu'à la date de la décision attaquée, et depuis le 1er mai 2018, Mme B veuve C, qui est entrée sur le territoire français à l'âge de 64 ans, tirait ses uniques ressources de l'allocation de solidarité aux personnes âgées à hauteur d'un peu moins de 850 euros par mois. Si elle soutient qu'elle n'a pas pu travailler en raison de son état de santé, elle n'établit pas, en produisant un certificat indiquant qu'elle présente plusieurs pathologies graves, sans plus de précisions, que la faiblesse de ses ressources résulterait directement de ces pathologies. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier, ni n'est allégué, qu'elle souffrirait d'un handicap à l'origine de la faiblesse de ses ressources. Dans ces conditions, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, le ministre de l'intérieur, qui a procédé à l'examen de la situation de la requérante, a pu, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ou de défaut d'examen, rejeter la demande de naturalisation de Mme B veuve C.

12. En dernier lieu, les circonstances invoquées par la requérante et relatives à sa maîtrise de la langue française, à la durée de sa résidence en France, au fait qu'elle y aurait établi le centre de ses intérêts privés et familiaux, que ses deux filles sont de nationalité française, qu'elle est hébergée chez l'une d'entre elles et qu'elle est intégrée à la société française sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée eu égard au motif qui la fonde.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B veuve C, aux termes des requêtes n° 2011918 et 2013629 ainsi que, par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et ses demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2011918 et 2013629 de Mme B veuve C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B veuve C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Hannoyer, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

La rapporteure,

A. BAUFUMÉ

La présidente,

M. BÉRIA-GUILLAUMIE

La greffière,

B. GAUTIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer

en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice

à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2011918, 2013629

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