mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2013669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 décembre 2020, M. A B, représenté par Me Stéphanie Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 novembre 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter du présent jugement, à titre subsidiaire, de lui délivrer sans délai un récépissé avec autorisation de travail constatant le dépôt de sa demande, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un vice d'incompétence ;
- est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit au regard des dispositions des articles R. 311-2-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le motif opposé par le préfet ne peut fonder un refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait son droit à la liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir avoir abrogé la décision attaquée le 18 juillet 2023.
Par décision du 11 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 18 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant guinéen né en 2000, déclare être entré en France le 19 septembre 2016. Après avoir été confié au conseil départemental de Loire-Atlantique par décision du juge des tutelles de Nantes du 19 décembre 2016, il a sollicité un titre de séjour sur le fondement des articles alors en vigueur L. 313-15, L. 311-11 7°, et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour par une décision du 20 juillet 2018, assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Le 3 février 2020, Monsieur B a déposé une nouvelle demande de titre de séjour. Par une décision du 20 novembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa demande de titre, au motif que les actes de l'état civil fournis à l'appui de sa précédente demande avaient été analysés comme apocryphes par les services compétents. Par sa requête, M. B sollicite l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de la Loire-Atlantique :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son endroit, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir en défense avoir délivré à M. B une carte de résident valable du 17 juin 2023 au 16 juin 2033 et, ce faisant, avoir abrogé la décision attaquée. Le refus d'enregistrement litigieux a toutefois reçu exécution depuis le
20 novembre 2020 et ce pendant une durée supérieure à deux années et demi. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Le refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour, lorsqu'il est motivé, comme au cas d'espèce, par une appréciation portée sur le droit de l'étranger à obtenir un titre de séjour et non sur le seul caractère incomplet du dossier constitue un refus de titre de séjour contre lequel l'étranger concerné est recevable à se pourvoir.
5. Aux termes de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants. / () ".
6. Pour refuser le titre demandé, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance que les actes de l'état civil par Monsieur B lors de sa précédente demande étaient apocryphes.
7. Il ressort des pièces du dossier que, à l'appui de sa nouvelle demande de titre de séjour, Monsieur B a produit des actes de l'état civil différents de ceux transmis lors de sa précédente demande. Dès lors cette demande était nouvelle et le préfet ne pouvait légalement refuser le titre de séjour sollicité que pour un motif lié à la complétude dossier. Par suite, Monsieur B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Monsieur B est fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 20 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir sans être contredit avoir délivré à M.'B une carte de résident valable du 17 juin 2023 au 16 juin 2033. Il n'y a donc pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1'000 euros à verser à Me Rodrigues Devesas sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cette avocate au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée au requérant.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 novembre 2020 du préfet de la Loire-Atlantique prise à l'égard de M. B est annulée.
Article 2 : L'État versera à Me Rodrigues Devesas une somme de 1'000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Stéphanie Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats St Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026