jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | Le MOIGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er janvier 2021, M. C B, représenté par Me Le Moigne, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de déclarer nulle et non-avenue la décision n°669 du 27 novembre 2020 par laquelle la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest lui a refusé la délivrance du brevet capitaine 200 pêche ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision n°669 du 27 novembre 2020 par laquelle la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest lui a refusé la délivrance du brevet capitaine 200 pêche ;
3°) d'enjoindre à la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest de lui restituer l'original de son brevet de capitaine 200 pêche dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée revêt la nature d'un acte administratif inexistant ;
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire préalable prévue par les articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée et ne respecte pas l'obligation de loyauté que doit adopter toute administration ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle ne respecte pas le délai de retrait de quatre mois d'une décision créatrice de droit prévu par les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, celle-ci ne disposant pas d'un nouveau délai de quatre mois à compter de la notification du jugement du Tribunal administratif de Rennes ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits ;
- elle est entachée d'erreur de qualification juridique des faits ;
- elle est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle se place en contradiction avec le jugement du tribunal administratif de Rennes prescrivant un réexamen de sa situation et non un réexamen de la délivrance de son brevet de capitaine 200 pêche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il soutient s'en remettre aux écritures de la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest.
La procédure a été communiquée à la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest, qui n'a pas produit d'écritures.
Par une ordonnance du 16 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 novembre 2023.
Par une lettre du 20 juin 2024, le tribunal a invité M. B, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des pièces pour compléter l'instruction. Le 20 juin 2024, le requérant a produit les pièces demandées par le tribunal, qui les a communiquées au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest le 2 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme A, rapporteuse publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er février 2018 prenant effet à compter du 31 mars 2017, M. C B s'est vu délivrer le brevet de Capitaine 200 pêche. Par une décision du 25 avril 2018 notifiée le 4 mai 2018, le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest a annulé de plein droit avec effet immédiat ce brevet de capitaine 200 pêche et a ordonné à M. B de faire parvenir l'original de son brevet à la délégation à la Mer et au Littoral du Morbihan. Par un jugement du 16 novembre 2020, le tribunal administratif de Rennes a annulé cette décision pour vice de procédure et a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de M. B. Par une décision du 27 novembre 2020, le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest a refusé de délivrer à M. B le brevet de capitaine 200 pêche. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration que l'administration dispose d'un délai de quatre mois suivant la prise d'une décision créatrice de droits pour retirer cette décision. Lorsqu'une décision créatrice de droits est retirée et que ce retrait est annulé, la décision initiale est rétablie à compter de la date de lecture de la décision juridictionnelle prononçant cette annulation. Une telle annulation n'a, en revanche, pas pour effet d'ouvrir un nouveau délai de quatre mois pour retirer la décision initiale, alors même que celle-ci comporterait des irrégularités pouvant en justifier légalement le retrait.
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre principal et tendant à ce que la décision du 27 novembre 2020 soit déclarée nulle et non-avenue :
4. La méconnaissance de la disposition législative mentionnée au point 2, telle qu'interprétée par la jurisprudence, ne constitue pas une illégalité suffisamment grave de nature à faire regarder la décision attaquée comme inexistante.
En ce qui concerne les conclusions présentées à titre subsidiaire et tendant à l'annulation de la décision du 27 novembre 2020 :
5. Par une décision du 1er février 2018, M. B s'est vu délivrer le brevet de Capitaine 200 pêche. Si cette décision a été retirée par un arrêté du 25 avril 2018, le tribunal administratif de Rennes a annulé ce retrait le 16 novembre 2020.
6. D'une part, il résulte de la règle énoncée au point 3 que cette annulation du retrait du brevet de Capitaine 200 pêche du requérant a eu pour seul effet de rétablir cette dernière décision à compter de la date de lecture du jugement, le 16 novembre 2020. Ainsi, la décision attaquée du 27 novembre 2020, qui refuse de délivrer au requérant le brevet de Capitaine 200 pêche et, en conséquence, de lui restituer son brevet, alors que M. B en est déjà titulaire, doit être analysée comme une décision portant, de nouveau, retrait dudit brevet.
7. D'autre part, il résulte également de la règle énoncée au point 3 que l'annulation de la précédente décision de retrait n'a pas eu pour effet d'ouvrir un nouveau délai de quatre mois permettant au directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest de retirer la décision du 1er février 2018, alors même que celle-ci comporterait des irrégularités pouvant en justifier légalement le retrait.
8. Par suite, alors même qu'il agissait en exécution de l'injonction de réexamen qui lui était faite par le tribunal administratif de Rennes, le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest ne pouvait, par la décision attaquée, opposer un refus de délivrance du brevet de capitaine 200 pêche, cette décision, valant retrait du brevet de capitaine 200 pêche, étant intervenue au-delà du délai de quatre mois suivant la prise de la décision le 1er février 2018.
9. Enfin, l'administration ne soutient ni même n'allègue que le brevet Capitaine 200 pêche obtenu par M. B l'aurait été à la suite de manœuvres frauduleuses de sa part. De même, en prenant la décision attaquée, l'administration n'a pas satisfait à une demande du bénéficiaire du brevet de Capitaine 200 pêche.
10. Il s'ensuit que M. B est fondé à soutenir qu'en retirant ce brevet, le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest a commis une erreur de droit.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 27 novembre 2020 du directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. Il résulte de l'instruction que par une décision du 5 mai 2022, le directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest a délivré à M. B un brevet de capitaine 200 pêche, valable jusqu'au 26 avril 2027. Par suite, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 novembre 2020 du directeur interrégional de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026