jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête enregistrée le 6 janvier 2021, sous le numéro 2100169, M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 26 mai 2020 par laquelle le préfet de l'Aisne a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, s'il ne peut pas prétendre à l'aide juridictionnelle, à son profit et sur le fondement de L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la motivation en droit de la décision du préfet est erronée dès lors que l'article 21-26 du code civil ne lui est pas applicable, dans la mesure où il bénéficie d'un titre de séjour en France ;
- la décision du préfet est entachée d'un défaut d'examen ;
- la décision du préfet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa situation familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être redirigées contre sa décision expresse du 22 septembre 2020, qui s'est substituée à la décision implicite attaquée ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
II - Par une requête enregistrée le 9 mars 2021, sous le numéro 2102661, M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 26 mai 2020 par laquelle le préfet de l'Aisne a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, s'il ne peut pas prétendre à l'aide juridictionnelle, à son profit et sur le fondement de L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la motivation en droit de la décision du préfet est erronée dès lors que l'article 21-26 du code civil ne lui est pas applicable, dans la mesure où il bénéficie d'un titre de séjour en France ;
- la décision du préfet est entachée d'un défaut d'examen ;
- la décision du préfet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa situation familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être redirigées contre sa décision expresse du 22 septembre 2020, qui s'est substituée à la décision implicite attaquée ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Milin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né en 1983, demande au tribunal, par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, d'annuler la décision implicite et la décision du 22 septembre 2020 par lesquelles le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 26 mai 2020 par laquelle le préfet de l'Aisne a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation.
2. D'une part, si le silence gardé par l'administration sur un recours administratif préalable obligatoire fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Le 22 septembre 2020, est intervenue une décision expresse de rejet du recours formé contre la décision du préfet de l'Aisne du 26 mai 2020. Il y a lieu, par suite, de regarder les conclusions présentées par M. A comme tendant exclusivement à l'annulation de la décision expresse du ministre de l'intérieur du 22 septembre 2020 rejetant ce recours et maintenant l'irrecevabilité de la demande de naturalisation du requérant.
3. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française que les décisions par lesquelles le ministre en charge des naturalisations statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont soumises. Il suit de là que la décision du ministre de l'intérieur du 22 septembre 2020 s'est substituée à la décision du préfet de l'Aisne et que les moyens de la requête doivent être regardés comme inopérants en tant qu'ils sont dirigés contre la décision préfectorale, dont l'annulation n'est au demeurant pas demandée, et doivent être redirigés contre la décision du ministre de l'intérieur du 22 septembre 2020.
4. En soutenant que le ministre de l'intérieur ne pouvait pas lui opposer les dispositions de l'article 21-16 du code civil, le requérant ne conteste pas la motivation formelle de la décision attaquée mais le bien-fondé de celle-ci. Au demeurant, la décision du 22 septembre 2020 mentionne de façon suffisamment précise les conditions de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit donc être écarté.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A. Le moyen tiré du défaut d'examen doit donc être écarté.
6. Aux termes de l'article 21-16 du code civil : " Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation ". Ces dispositions imposent à tout candidat à l'acquisition de la nationalité française de résider en France et d'y avoir fixé durablement le centre de ses intérêts familiaux et matériels à la date à laquelle il est statué sur sa demande. Pour apprécier si cette dernière condition est remplie, l'administration peut notamment se fonder, sous le contrôle du juge, sur la durée de la présence du demandeur sur le territoire français, sur sa situation familiale, ainsi que sur le caractère suffisant et durable des ressources qui lui permettent de demeurer en France. Contrairement à ce que soutient le requérant, la seule détention d'un titre de séjour autorisant à résider en France ne suffit pas à faire regarder comme remplie cette condition de recevabilité d'une demande de naturalisation.
7. Pour déclarer irrecevable la demande de naturalisation de M. A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur la circonstance que deux enfants mineurs de l'intéressé, nés en 2015 et 2016, résident hors de France, de sorte que M. A ne peut être regardé comme ayant fixé le centre de ses intérêts en France.
8. Il est constant qu'à la date à laquelle la décision attaquée a été prise, les deux enfants mineurs de M. A résidaient au Cameroun, sans que le requérant ait formé de demande de regroupement familial à leur profit et ce, alors qu'il fait valoir qu'il participe à l'éducation et à l'entretien de ces enfants. Par ailleurs, la mère et trois des frères et sœurs de M. A résident au Cameroun. En outre, M. A résidait en France depuis seulement quatre ans à la date à laquelle la décision a été prise, travaillait en contrat à durée déterminée et était locataire de son logement, de sorte que la circonstance qu'il est marié à une compatriote résidant et travaillant régulièrement en France ne permet pas de considérer, au regard de sa durée de résidence en France et de la présence de ses enfants en dehors de ce pays, qu'il y aurait fixé durablement le centre de ses intérêts familiaux et matériels à la date à laquelle la décision a été prise. Il suit de là qu'en considérant comme irrecevable la demande de naturalisation de M. A, le ministre n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2100169 et 2102661 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La rapporteure,
C. MILINLa présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2100169, 2102661
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026