mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PASTEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2021, M. A C, représenté par Me Pasteur, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de manière rétroactive, à compter du mois de novembre 2020 ;
3°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à verser à son conseil une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 28 janvier 2021, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut à ce qu'il plaise au tribunal de bien vouloir considérer que l'injonction prononcée par le juge des référés du tribunal du 25 janvier 2021 a bien été exécutée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2021
Vu :
- les pièces du dossier ;
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nantes rendue le
25 janvier 2021 sous le n° 2100202.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant soudanais né le 5 juillet 1995, est entré en France le
1er janvier 2020 et y a déposé une demande d'asile le 20 janvier suivant. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 13 novembre 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Si par ordonnance du 25 janvier 2021, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de la décision attaquée et a enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement provisoire de M. C dans ses droits, eu égard au caractère provisoire qui s'attache à une telle ordonnance et aux mesures prises pour son exécution, et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait retiré la décision attaquée, il y a lieu d'écarter l'exception de non-lieu invoquée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 744-7 dans sa rédaction applicable : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : / 1° A l'acceptation par le demandeur de la proposition d'hébergement ou, le cas échéant, de la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2. Ces propositions tiennent compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6, des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ; / 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. / Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. "
4. Il ressort des pièces du dossier que, par jugement du 18 novembre 2020, le magistrat désigné du tribunal a annulé l'arrêté du 4 novembre 2020 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a ordonné le transfert de M. C aux autorités allemandes au motif que la France était devenue responsable de sa demande d'asile. Dans ces conditions, en suspendant à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas présenté de nouvelle demande après avoir été transféré vers l'Etat membre de sa demande d'asile, alors que le transfert dont il faisait l'objet a été annulé et n'a jamais été exécuté, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement le rétablissement définitif de M. C dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du
13 novembre 2020 et jusqu'à la date à laquelle il aura été statué définitivement sur sa demande d'asile. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve des droits dans lesquels M. C a déjà été rétabli en application de l'ordonnance du juge des référés du 25 janvier 2021 visée ci-dessus, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Par décision du 18 janvier 2021, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, la somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Pasteur, avocate de M. C, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du
13 novembre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir définitivement M. C dans le bénéfice des conditions matérielle à compter du
13 novembre 2020 et jusqu'à la date à laquelle il aura été statué définitivement sur sa demande d'asile, sous réserve des droits dans lesquels M. C a déjà été rétabli en application de l'ordonnance du juge des référés du 25 janvier 2021.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Pasteur une somme de 1 000 (mille) euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Pasteur et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, président,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2023.
Le rapporteur,
P-E. B
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026