mercredi 8 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUTEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 janvier 2021, Mme B D, représentée par Me Moutel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2020 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2020 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assignée à résidence pour une durée maximale de quarante-cinq jours renouvelable ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas justifié que l'arrêté ait été pris par l'autorité compétente ;
- la décision méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article
L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
- l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour impliquera par voie de conséquence l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
- l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français impliquera par voie de conséquence l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français impliquera par voie de conséquence l'annulation de la décision fixant le pays de destination ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français impliquera par voie de conséquence l'annulation de la décision portant assignation à résidence ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2021, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme D n'est fondé.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 janvier 2021.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- le jugement du magistrat désigné du14 janvier 2021
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, ressortissante congolaise (République du Congo) née le
13 mars 1973, est entrée en France le 11 juillet 2011 selon ses déclarations. Elle a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié, qui lui a été définitivement refusé le 18 février 2014. Par un arrêté du 25 juin 2014, le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français. Cet arrêté n'ayant pas été exécuté, Mme D a sollicité, le 4 décembre 2014, la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé. Le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande par une décision du 2 mars 2015, annulée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 2 novembre 2017. Suite à l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 27 août 2018, le préfet de la Sarthe a, par un arrêté du 28 novembre 2018, refusé de délivrer un titre de séjour à l'intéressée et l'a obligée à quitter le territoire français.
Mme D s'est maintenue sur le territoire et a sollicité, le 17 juin 2020, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article
L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 11 décembre 2020, le préfet de la Sarthe a refusé de faire droit à cette demande et a obligé
Mme D à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'a assignée à résidence pour une durée maximale de quarante-cinq jours renouvelable. Mme D demande l'annulation de ces arrêtés. Par un jugement du 12 janvier 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif a renvoyé à une formation collégiale les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer à Mme D un titre de séjour ainsi que les conclusions à fin d'injonction afférentes et la demande présentée au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et a rejeté le surplus des conclusions de la requête de Mme D.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision de refus de titre de séjour a été signée par M. Baron, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Par arrêté du 4 mai 2020 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, celui-ci a reçu délégation du préfet de la Sarthe à l'effet de signer toutes décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Sarthe à l'exception de certains actes, au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant refus de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de refus de titre de séjour manque en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
4. Mme D soutient que le centre de ses attaches personnelles et familiales se situe en France, où elle réside depuis 2011. Elle fait valoir que son fils H C E, né le 25 janvier 2001, réside régulièrement sur le territoire, où il est entré en 2016, avec son père,
M. G F, titulaire d'une carte de résident, avec lequel elle entretient une relation. Toutefois, elle ne justifie pas de la réalité ni de l'ancienneté de sa relation avec M. F, et n'est par ailleurs pas dépourvue d'attaches en République du Congo, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 38 ans et où résident ses deux autres enfants nés en 1994 et 2005, ainsi que ses quatre frères et sœurs. Dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu notamment des conditions du séjour en France de Mme D, le refus de lui délivrer un titre de séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs pour lesquels elle a été prise. Par suite en refusant de délivrer un titre à Mme D, le préfet de la Sarthe n'a méconnu ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () ".
6. Les éléments relatifs à la vie privée et familiale de Mme D, tels qu'énoncés au point 4 du présent jugement, ne constituent ni des considérations humanitaires ni des motifs exceptionnels, au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de son état de santé, et justifie présenter un syndrome de stress post-traumatique nécessitant une prise en charge médicale, cette circonstance, alors qu'elle a fait l'objet le 28 novembre 2018 d'un refus de titre de séjour pris sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au vu d'un avis défavorable de l'OFII, contesté devant le tribunal, n'est pas en elle-même de nature à établir qu'elle remplirait les conditions pour se voir admettre exceptionnellement au séjour sur le fondement de ces dispositions. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Sarthe aurait méconnu les dispositions de l'article
L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
7. Il résulte de tout ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions de Mme D à fin d'annulation de la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction afférentes et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le surplus des conclusions de la requête de Mme D est rejeté.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à Me Moutel et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, président,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2023.
Le rapporteur,
P-E. A
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026