mercredi 19 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PIGEAU CONTE MURILLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2021, M. B A, représenté par Me Murillo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent pour ce faire ;
- la décision attaquée présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2023, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Simon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc né le 18 novembre 1987, est entré irrégulièrement en France en janvier 2008 ou le 31 octobre 2007 selon ses propres déclarations contradictoires. Le
14 janvier 2008, il a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 27 mars 2008 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 20 septembre 2009. Par un arrêté du 20 mars 2009 dont la légalité a été admise par le tribunal, le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français. Par un arrêté du 21 octobre 2010, M. A a de nouveau fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Les demandes de réexamen de sa demande d'asile déposées par le requérant ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides les 7 janvier 2011 et 27 juillet 2012, décisions respectivement confirmées par la Cour nationale du droit d'asile les 13 octobre 2011 et 2 mai 2013. Par arrêté du 3 septembre 2012, le préfet de la Sarthe a de nouveau pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Suite à une demande de titre de séjour ultérieure, le préfet de la Sarthe a, par arrêté du 2 novembre 2016, refusé de délivrer à M. A un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a assorti cette décision d'une nouvelle interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le 4 mai 2018, M. A a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour. La commission du titre de séjour a rendu un avis défavorable à sa demande. Par arrêté du 12 novembre 2020, le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer à M. A un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de 3 ans. Par sa requête,
M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2020 par lequel le préfet de la Sarthe l'a assigné à résidence pour une durée maximale de 6 mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. C Baron, secrétaire général de la préfecture de la Sarthe. Par un arrêté du 4 mai 2020 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions d'assignation à résidence. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Lorsqu'un étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence, dans les cas suivants : 1° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire () si le délai de départ volontaire qui lui a été accordé est expiré () ".
4. Il ressort des pièces du dossier du dossier que M. A a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement auxquelles il s'est soustrait, ainsi qu'il est mentionné au point 1 du présent jugement. Eu égard aux antécédents de M. A au regard du droit au séjour, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué, qui l'assigne à résidence pour une durée maximale de six mois, l'oblige à se présenter les lundi, mercredi et vendredi au bureau de police de sa commune de résidence et l'astreint à demeurer quotidiennement à son domicile de 13 heures à 16 heures et limite sa circulation au seul territoire de sa commune, présenterait un caractère disproportionné.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Murillo et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2023.
Le rapporteur,
P-E. SIMON
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026