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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2100512

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2100512

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2100512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGUILBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2021, M. A B, représenté par Me'Louise Guilbaud, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du présent jugement sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B soutient que la décision attaquée :

- n'est pas suffisamment motivée ;

- méconnait les dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnait les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation°;

- méconnait les dispositions du 2 bis de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 14 septembre 2023, M. B soutient qu'il n'y a plus lieu de statuer sur son recours mais maintient ses conclusions au titre des frais de justice.

Par un mémoire en défense enregistrée le 15 septembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique soutient qu'il n'est pas possible de faire droit au non-lieu à statuer.

Par décision du 25 janvier 2021, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 1er septembre 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée le 19 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 8 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant guinéen né le 8 mai 2002, déclare être entré en France le 19 décembre 2016. Par une ordonnance du juge des tutelles du tribunal de grande instance de Nantes du 26 janvier 2017, sa tutelle a été confiée au département de la Loire-Atlantique. Il s'est inscrit en 2019 à un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " constructeur de routes " et a conclu un contrat d'apprentissage à compter du 1er septembre 2020 avec une entreprise. Parallèlement à ces événements, il a eu un enfant né le 25 aout 2019. M. B a sollicité un titre de séjour sur un double fondement : le 2'bis de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile et le 6° du même article. Le préfet de la Loire-Atlantique, par un arrêté du

9 novembre 2020, a refusé de faire droit à sa demande. Par sa requête, M. B sollicite l'annulation de cette décision. Par une ordonnance du 29 janvier 2021, n° 2100391, la juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions à fin de non-lieu :

2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des

référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. () ". Selon l'article L.'521-1 du même code : " () / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. "

3. Il résulte de ces dispositions qu'une décision intervenue pour l'exécution de l'ordonnance par laquelle le juge des référés d'un tribunal administratif a suspendu l'exécution d'un acte administratif revêt, par sa nature même, un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation présenté parallèlement à la demande en référé. Il en est notamment ainsi lorsque l'administration décide, à l'issue du réexamen faisant suite à la décision de suspension d'un refus prise par le juge des référés, de faire droit à la demande. Eu égard à son caractère provisoire, une telle décision peut être remise en cause par l'autorité administrative.

4. Si le préfet de la Loire-Atlantique a délivré à M. B un titre de séjour pluriannuel " vie privée et familiale " valable du 23 mai 2023 au 22 mai 2025, l'absence de caractère définitif des décisions prises par l'administration en exécution de l'ordonnance de la juge des référés citée au point 1 fait obstacle à ce que M. B puisse être regardé comme ayant obtenu entière satisfaction. Ainsi, sa requête n'est pas devenue sans objet. Dès lors, ses conclusions à fin de non-lieu équivalent à un désistement de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

5. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à Me Louise Guilbaud sur le fondement des articles L.'761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cette avocate au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée au requérant.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M.'B de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction.

Article 2 : L'État versera à Me Guilbaud une somme de 1 000 euros en application des articles L.'761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Louise Guilbaud et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats St Dizier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.

Le rapporteur,

X. JÉGARDLa présidente,

S. RIMEU

La greffière,

A. GOUDOU

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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