samedi 29 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2100533 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ROULLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2021, M. B A, représenté par Me Roulleau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2020 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour pour raison de santé ;
2°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; à la suite d'un accident de la circulation dont il a été victime le 17 mars 2019 en France et dont il conserve des séquelles extrêmement lourdes, son état de santé nécessite des soins multiples auxquels il n'aura pas accès dans son pays d'origine ;
- le préfet bloque illégalement sa situation en exigeant de lui qu'il produise des documents d'état civil qu'il lui est impossible d'obtenir des autorités tchadiennes ; il est originaire des bords du lac Tchad où la population n'est jamais recensée et vit actuellement sous l'omniprésence du groupe terroriste Boko Haram.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable ; en effet, la décision attaquée ne fait pas grief ;
- subsidiairement, les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A par une décision du 26 janvier 2021 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative. ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. Martin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 5 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tchadien né le 1er janvier 1991, déclare être entré en France le 18 août 2017. Il a déposé, le 2 octobre 2017, une demande d'asile qui a été rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 28 septembre 2018. Le recours que l'intéressé a formé contre ce rejet a été lui-même rejeté par une décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 12 octobre 2020. En conséquence, le préfet de Maine-et-Loire a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 16 octobre 2020. Le 27 novembre 2020, M. A a sollicité par voie numérique un rendez-vous à la préfecture en vue de déposer une demande de titre de séjour pour raison de santé. Le 30 novembre suivant, un agent de la préfecture lui a demandé de transmettre sous sept jours, afin de pouvoir étudier sa demande de titre de séjour, un document d'identité (passeport, carte consulaire, carte d'identité). M. A a répondu, le 1er décembre 2020, qu'il s'était enfui du Tchad, le 10 octobre 2015, sans avoir pu emporter de documents d'état civil, qu'actuellement, il lui était impossible de se procurer au Tchad des documents d'identité, sa région d'origine étant le théâtre d'un conflit, qu'il ne possédait pas d'acte de naissance pour demander à son ambassade en France de lui délivrer un passeport ou une carte consulaire et que la seule pièce d'identité en sa possession était son attestation de demandeur d'asile. Par un courriel du même jour, un agent de la préfecture lui a répondu que cette attestation ne constituait pas un document d'identité de sorte que sa demande de titre de séjour pour raison de santé était classée sans suite. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision de classement sans suite du 1er décembre 2020, qui s'assimile à un refus d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil / 2° Les documents justifiants de sa nationalité / () ".
3. Le refus d'enregistrer une demande de titre de séjour, motif pris du caractère incomplet du dossier, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l'absence notamment de l'un des documents mentionnés à l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Comme il a été dit, M. A s'est borné à produire, au soutien de sa demande de titre de séjour et afin de justifier de son état civil et de sa nationalité, une attestation de demandeur d'asile. Ce document renseigné sur la base des seules déclarations de l'intéressé ne constitue pas un document justifiant de son état civil et de sa nationalité au sens des dispositions citées au point 2. Dès lors que l'intervention de la décision relative au séjour est subordonnée, en vertu desdites dispositions, à la production de documents justifiant de l'état civil et de la nationalité du demandeur, l'absence de tels justificatifs rend impossible l'instruction de la demande. En se bornant à soutenir qu'il ne peut obtenir aucun document des autorités tchadiennes, au motif que sa région d'origine se trouve sous la menace constante du groupe terroriste Boko Haram et que l'état civil y est défaillant, sans justifier des démarches qu'il aurait entreprises en vain auprès de ces autorités, le requérant ne démontre pas qu'il serait effectivement dans l'impossibilité d'obtenir les justificatifs demandés. Il s'ensuit que c'est à bon droit que le préfet de Maine-et-Loire a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A au motif que son dossier présentait un caractère incomplet. Par suite, ainsi que le soutient le préfet, le refus d'enregistrement de la demande de l'intéressé ne constitue pas une décision faisant grief et sa requête doit être rejetée comme étant irrecevable, dans toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Julien Roulleau.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. Xavier Catroux, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2024.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseur le plus ancien,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026