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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2100870

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2100870

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2100870
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantDE BAYNAST

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 21 janvier 2021, 7 janvier 2022 et 27 avril 2024, la société Huit en Famille, représentée par Me de Baynast, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2020 par lequel le maire d'Aizenay a délivré à la société Gonzales Potier un permis de construire un escape game ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Aizenay la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles R. 431-7 à R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions des articles R. 431-22-1 et R. 442-11 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement de la zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 13 du règlement de la zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.13 du règlement du lotissement de L'Orgerière 2 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.9 du règlement du lotissement de L'Orgerière 2.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 février 2021 et 8 avril 2024, la commune d'Aizenay, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La procédure a été communiquée à la société Gonzales Potier, qui n'a pas produit d'écritures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huet,

- les conclusions de Mme A, rapporteuse publique,

- les observations de Me Lenfant, substituant Me de Baynast, représentant la société requérante,

- et les observations de Me Tertrais, représentant la commune d'Aizenay.

Considérant ce qui suit :

1. La société Gonzales Potier a déposé le 12 juin 2020 en mairie d'Aizenay une demande de permis pour la construction d'un escape game, sur un terrain situé rue des Centaurées, en zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay. Par arrêté du 29 septembre 2020, le maire d'Aizenay a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. La SCI Huit en Famille demande l'annulation de cet arrêté.

2. Le terrain d'assiette de la construction projetée est compris dans un lotissement, ayant donné lieu à la délivrance d'un permis d'aménager en date du 26 juin 2019.

Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de la société requérante :

3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'elle soutient, la société requérante n'est pas voisine immédiate du projet litigieux correspondant au lot n° B1 du lotissement de L'Orgerière 2. Sa propriété est séparée du terrain d'assiette du projet par une parcelle cadastrée section BL n° 316. La société Huit en Famille n'est pas davantage en situation de visibilité directe du projet litigieux dès lors, d'une part, que la parcelle cadastrée section BL n° 316 est boisée dans sa partie longeant le terrain d'assiette du projet en litige sur une largeur de vingt mètres et, d'autre part, que sa propriété comporte au nord du château de la Maronnière un massif boisé composé d'arbres de haute tige et de haies sur une largeur de plus de cent mètres. Ces différents éléments naturels, qui ont d'ailleurs justifié que la parcelle n°316 soit grevée d'un espace boisé classé et que la propriété de la société requérante soit classée en zone NL1, forment sur plusieurs côtés un écran végétal empêchant toute vue directe depuis le château sur son environnement proche. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux, qui vise à accueillir une activité d'escape game s'exerçant en intérieur, serait de nature à engendrer des nuisances, notamment sonores, susceptibles de dégrader les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance des biens de la société requérante. A cet égard, les seules circonstances que le projet prévoit la construction d'un parking comprenant dix places de stationnement et que le château de la Maronnière soit situé en surplomb du projet litigieux ne permettent pas d'établir le risque de nuisances sonores allégué alors que le château de la Maronnière est en outre situé à près de 140 mètres du bâtiment et du parking envisagés. Enfin, l'intérêt à agir de la société requérante à l'encontre de la décision litigieuse ne peut pas davantage se déduire de la destruction, dans le cadre des travaux d'exécution du permis d'aménager délivré le 26 juin 2019, du merlon de terre situé le long de la RD 948, soit au demeurant à près de cent mètres au nord du projet en litige, et sur lequel étaient plantés des arbres dès lors que les préjudices de nuisances sonores invoqués ne concernent pas le projet litigieux mais le lotissement qui a fait l'objet d'un permis d'aménager du 26 juin 2019 devenu définitif. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet envisagé, eu égard à sa localisation et à sa faible importance, serait susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance des biens de la société requérante. Dans ces conditions, la société requérante ne justifie pas de son intérêt à agir à l'encontre du permis de construire accordé à la SCI Gonzales Potier par l'arrêté du 29 septembre 2020 du maire d'Aizenay. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune défenderesse doit être accueillie.

En tout état de cause, sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens tirés du caractère incomplet, insuffisant ou imprécis des documents du dossier de demande de permis de construire :

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

S'agissant du plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune :

6. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / (). ".

7. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la demande de permis de construire comprend un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune. En tout état de cause, les autres pièces du dossier de demande, notamment le plan du géomètre, le plan de masse, la notice paysagère et les informations indiquées dans le formulaire Cerfa permettent d'identifier de manière suffisamment précise la situation du terrain à l'intérieur de la commune d'Aizenay. Par suite, le moyen tiré du caractère imprécis du dossier de permis de construire doit être écarté.

S'agissant de la notice, du plan en coupe, des documents photographiques, du plan de masse du dossier et du formulaire Cerfa de demande de permis de construire :

8. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". Aux termes des dispositions de l'article R. 431-12 du même code : " Lorsque le projet est situé dans un périmètre ayant fait l'objet d'un permis d'aménager, les pièces mentionnées au c et au d de l'article R. 431-10 ne sont pas exigées. ".

9. D'abord, contrairement à ce que soutient la société requérante, la demande de permis de construire comprend un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain et un plan de masse des constructions à édifier coté dans les trois dimensions.

10. Ensuite, la société requérante soutient que le plan de masse ne fait pas apparaître le boisement présent au sud du terrain d'assiette du projet. Toutefois, si le plan de masse doit, comme le prévoient les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, faire apparaître " les plantations maintenues, supprimées ou créées ", il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des photographies prises lors de l'exécution du permis de construire et jointes aux écritures de la société requérante, que le lot B1 comportait, avec certitude, des plantations lors de la délivrance du permis. A cet égard, le dossier de demande de permis d'aménager mentionnait que " les terrains concernés par le projet de zone d'activités sont actuellement en état de culture ". Dans ces conditions, le plan de masse ne pouvait, dès lors, faire apparaître les plantations maintenues et supprimées. Par ailleurs, la notice descriptive précise que les espaces non construits seront engazonnés, ce qui ressort du plan de masse.

11. En outre, si la notice, qui précise que " la parcelle sera engazonnée sur les espaces libres et végétalisée progressivement par des essences locales ", ne fait pas état des essences locales retenues, en tout état de cause, la société requérante ne démontre pas en quoi cette prétendue inexactitude aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

12. Par ailleurs, la société requérante soutient que le service instructeur a été induit en erreur quant à la localisation du terrain d'assiette du projet en litige dès lors que le pétitionnaire a, à tort, indiqué dans le formulaire Cerfa de sa demande que celui-ci n'était pas situé dans un lotissement. Toutefois, les pièces jointes à la demande de permis de construire font état de ce que la construction projetée est située au sein du lotissement de L'Orgerière 2. Le dossier comporte également les informations cadastrales relatives au projet ainsi que son implantation précise ayant permis au service instructeur de situer le terrain d'assiette. En tout état de cause, la situation du terrain dans le périmètre dudit lotissement était connue des services instructeurs, ainsi que l'établissent les visas de l'arrêté attaqué. Le moyen articulé sur ce point doit dès lors être écarté.

13. Enfin, contrairement à ce que soutient la société requérante, la demande de permis de construire comprend, conformément aux dispositions du d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, un document photographique permettant de situer le terrain dans le paysage lointain. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que les points et les angles de prise de vues des documents photographiques n'ont pas été reportés sur le plan de masse, ce qui est vrai uniquement pour le document photographique n°1, cette omission est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors que l'examen du dossier dans son ensemble, et en particulier l'étude du plan du géomètre, permettait de déterminer l'endroit à partir duquel le document photographique n°1 a été pris. Au surplus, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme est en tout état de cause inopérant au regard des dispositions de l'article R. 431-12 précité dès lors que le projet est situé dans un périmètre ayant fait l'objet d'un permis d'aménager.

14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 13 du présent jugement que les moyens tirés du caractère incomplet, insuffisant ou imprécis des documents du dossier de demande de permis de construire doivent être écartés.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-22-1 du code de l'urbanisme :

15. Aux termes de l'article R. 431-22-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur une construction à édifier sur un terrain inclus dans un lotissement soumis à permis d'aménager, la demande est accompagnée, s'il y a lieu : / a) Du certificat prévu par le quatrième alinéa de l'article *R. 442-18, quand l'ensemble des travaux mentionnés dans le permis d'aménager n'est pas achevé ; / b) De l'attestation de l'accord du lotisseur sur la subdivision de lots projetée, prévue par l'article R*442-21. ". Aux termes de l'article R. 442-18 de ce code : " Le permis de construire des bâtiments sur les lots d'un lotissement autorisé par un permis d'aménager peut être accordé : / () ; / c) Soit dès la délivrance du permis d'aménager, sous réserve que le permis de construire ne soit mis en œuvre que lorsque les équipements desservant le lot seront achevés ; cette possibilité n'est pas ouverte lorsque la construction est une maison individuelle au sens de l'article L. 231-1 du code de la construction et de l'habitation. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a joint à son dossier de demande de permis de construire une pièce PC 29 datée du 22 juillet 2020 par laquelle le lotisseur atteste que " les travaux de viabilisation, plateformes des voiries, réseaux et branchements du lotissement L'Orgerière 2 à Aizenay sont entièrement réalisés et permettent toutes possibilités de construction [sur le lot B1] ", laquelle est visée par l'arrêté de permis de construire litigieux, qui ne porte pas sur une maison individuelle. Par ailleurs, en ce qui concerne l'attestation mentionnée au b) de l'article R. 431-22-1 du code de l'urbanisme, il ne ressort pas des pièces du dossier que la société pétitionnaire entendrait procéder à une subdivision du lot B1. Dans ces conditions, eu égard à l'attestation du lotisseur du 22 juillet 2020, le moyen tiré de la composition irrégulière du dossier de demande de permis de construire contesté au regard des articles R. 431-22-1 et R. 442-18 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 442-11 du code de l'urbanisme :

17. Si la société requérante soutient que " les dispositions de l'article R. 442-11 du code de l'urbanisme ont été méconnues ", elle n'assortit pas son moyen de précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme :

18. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : / a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code. ".

19. Il ressort des pièces du dossier que les pièces PC 39, soit le dossier " Sécurité ", et PC 40, soit le dossier " Accessibilité aux personnes handicapées ", étaient au nombre de celles constituant le dossier de demande de permis de construire présenté par la société Gonzales Potier et soumis au service de l'urbanisme de la commune d'Aizenay. D'ailleurs, il ressort des visas de l'arrêté en litige que tant la sous-commission départementale pour l'accessibilité aux personnes handicapées que la sous-commission départementale de sécurité contre les risques d'incendie et de paniques dans les établissements recevant du public (ERP) ont émis le 25 août 2020 des avis favorables au projet porté par la société défenderesse. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire sur ces deux points ne peut être accueilli.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement de la zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay :

20. Aux termes de l'article 4 du règlement de la zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay relatif à la gestion des déchets : " Pour tout nouveau projet, un espace destiné au stockage des déchets en attente de collecte, de caractéristiques techniques et dimensions suffisantes au regard de l'importance et de la nature du projet, doit être aménagé sur le terrain d'assiette. / Les locaux poubelles doivent être conçus et placés en vue de faciliter la sortie et le rangement des containers, ainsi que le tri sélectif. ".

21. La seule circonstance que le projet prévoit un espace dénommé " local technique " ne suffit pas à établir que ce local ne pourrait pas être regardé comme un espace destiné au stockage des déchets en attente de collecte au sens des dispositions de l'article 4 UE du règlement du plan local d'urbanisme d'Aizenay. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 du règlement de la zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay :

22. Aux termes de l'article 13 du règlement de la zone UE du plan local d'urbanisme d'Aizenay relatif aux plantations : " Les projets de constructions sont étudiés autant que possible dans le sens d'une conservation des plantations existantes ou du remplacement de celles supprimées. / Les arbres de haute tige doivent être maintenus ou remplacés par des plantations équivalentes. / Le classement des terrains en espaces boisés classés (EBC) au titre de l'article L. 130-1 du code de l'urbanisme interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. () ".

23. D'abord, ainsi qu'il a déjà été exposé au point 10 du présent jugement, il n'est pas établi que le terrain d'assiette du projet comportait des plantations à la date de l'arrêté en litige. Ensuite, si la société requérante soutient que la construction empiéterait sur un espace boisé classé, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet empiètement, à le supposer établi, entraînerait, en raison de sa faible ampleur, un changement d'affectation ou d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements de l'espace boisé classé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.13 du règlement du lotissement de L'Orgerière 2 :

24. Aux termes de l'article 2.13 du règlement du lotissement de L'Orgerière 2 relatif aux espaces libres et plantations : " () / Les arbres existants situés hors emprise des bâtiments projetés seront dans la mesure du possible conservés. Dans le cas de suppression, leur remplacement en nombre et en valeur sera demandé. / () ".

25. Ainsi qu'il a déjà été exposé au point 10 du présent jugement, il n'est pas établi que le terrain d'assiette du projet comportait des plantations à la date de l'arrêté en litige. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2.9 du règlement du lotissement de L'Orgerière 2 :

26. Aux termes de l'article 2.9 du règlement du lotissement de L'Orgerière 2 relatif aux règles d'emprise au sol : " Les constructions devront respecter les zones non constructibles définies aux documents graphiques. ".

27. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du dossier de demande de permis, que le projet de construction déborderait de la parcelle sur laquelle il doit s'implanter, laquelle est classée en zone UE, et empiéterait ainsi sur une zone non constructible. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société requérante doivent, en tout état de cause, être rejetées.

Sur les conclusions présentées en application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aizenay qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

30. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune d'Aizenay au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

31. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par la société requérante au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de société civile immobilière Huit en Famille est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune d'Aizenay tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Huit en famille, à la commune d'Aizenay et à la société Gonzales Potier.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président,

Mme Beyls, conseillère,

M. Huet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

F. HUET

Le président,

T. GIRAUD

La greffière,

C. GENTILS

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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